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Blog littéraire Annick Moreeuw
Poèmes et poésies

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  • Mes idées prisonnières des toiles d’araignées
  • Nuit noire pleine de désespoir
  • La nuit noire m’emprisonne
  • Tête pleine, tête vide
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  • Je bois ses mots
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  • La femme se sent mal, journée interminable
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  • Mille Lilliputiens s’affolent dans ma tête
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  • Encore une nuit troublée par l’angoisse
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  • 1er mai, joli jour de mai
  • Que c’est « con » la Vie
  • Les yeux à demi-ouverts
  • Quelle chance, demain je vois Nicolas
  • Sur le petit chemin nous nous promenons avec Sweety
  • Lune de miel ou lune d’un soir
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  • Il y a deux ans je quittais la « Maison fleurie »
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  • Mardi six heures du matin après une nuit malmenée
  • Cellulight, light...
  • L’horloge sonne midi, nous sommes encore au lit
  • Mes pensées ne glissent pas sur le papier
  • L’enfant transpercé de 44 coups de couteau
  •  

    Dans la pénombre



    Dans la pénombre

    Fantômes en nombre

    Surgissent du néant

    De ce trou béant.



    Par-dessus l’ordi

    Un spectre surgit

    Il s’adresse à moi

    Et tu sais ! C’est toi.



    Toi, plus toi et toi

    Ils sont deux ou trois

    L’ange blanc s’approche

    A moi il s’accroche.



    Bizarre, il me parle

    Bizarre, je lui parle

    Illuminations...

    Hallucinations...



    Soudain je prends peur

    Je suis en sueur

    Affolée je me traîne

    Je m’affale blême.



    Annick Moreeuw, le 12 juillet 2011




    En Norvège, après l’attentat



    En Norvège, après l’attentat

    Carnage terrible sur l’île d’Utoya

    L’explosion fit une dizaine de morts

    La fusillade fit une centaine de morts.



    Six cents jeunes rassemblés sur l’île paradisiaque

    Ne pensaient pas que ce jour-là un fou maniaque

    Les terroriserait et les abattrait sans hésitation

    Qu’il le ferait en prônant son action à toute la nation.



    Des rescapés se sont noyés en se jetant dans l’eau glacée

    Ou abattus les uns après les autres dans le lac ensanglanté

    Certains blessés bloquaient leur respiration et priaient Dieu

    Quelques-uns s’en sont sortis, pour eux c’était miraculeux.



    Aujourd’hui le pays tout entier pleure ces malheureux

    Des familles déchirées, démantelées au destin tortueux

    Pour ce meurtrier il a osé dire que "c’était cruel mais nécessaire"

    "Le terrorisme est le meilleur moyen d’éveiller les masses populaires".



    Je ne citerai pas son nom car ce serait lui faire trop grand plaisir.



    Annick Moreeuw, le 26 juillet 2011



    Ce n’est hélas ni le premier crime qui a détruit une population en pleine adolescence



    Et je pense qu’avec la vente libre des armes dans certains pays pourtant développés cela se poursuivra et amènera de plus en plus de déchéance. Poursuivre la déchéance.






    Triste, cela ne se comprend pas parfois !



    Triste, cela ne se comprend pas parfois !

    Malheureuse car je me traîne malgré moi

    Fatiguée de l’entretien de la fermette

    Je laisse aller, il faudra bien que je m’y mette.



    Changée la robinetterie de la salle de bain

    Du vieux cuivre par de l’inox, c’est bien !

    Maintenant le portail commence à dépérir

    Mais il nous faut du temps pour le choisir.



    Le matin je me lève tard, très tard ! 

    Sale temps, bonjour le cafard…

    La journée je traîne, ordi et reportages télé

    Même pas envie de faire des mots fléchés.



    Annick Moreeuw, le 20 juillet 2011




    Ma vie n’a plus de sens



    Ma vie n’a plus de sens

    J’erre dans le dédale de la déchéance

    On me fait mal et je subis

    Personne ne ressent ce que je vis.



    Je préférerais être partie, partie

    Là où je ne sais pas s’il fait gris

    Là-bas où l’on ne ressent plus rien

    Même pas la douceur de son petit chien.



    Annick Moreeuw, le 25 juin 2011




    Nuit sans sommeil



    Nuit sans sommeil

    Sur le net je veille

    Clic, clac, c’est vrai

    Je sais où je vais.



    Branchée, toujours branchée

    Ce n’est pas un péché ?

    Secrets, secrets…

    Les miens sont bien cachés.



    Annick Moreeuw, le 2 juillet 2011




    Tel un ogre, ils bouffent ma vie



    Tel un ogre, ils bouffent ma vie

    Telle la forêt vierge, ils m’étouffent petit à petit

    Ce matin je suis triste, si triste

    Lentement l’écrou de ma vie se dévisse.



    Toutes ces choses non dites

    Me grignotent et me poussent vers l’abîme

    Toutes ces choses non dites

    Me détruisent et je tombe en vrille.



    Dieu ! Tu as fait de ces gens-là des chrétiens !

    Moi je pense qu’ils se sont trompés de chemin.



    Annick Moreeuw, le 20 juin 2011




    Couteau tranchant



    Couteau tranchant

    Pleure l’enfant

    Les jambes au cou

    Evitent les coups.



    La lame s’enfonce.

    S’enfonce, s’enfonce…



    Acier trempé

    Arme effilée

    Scintille la flamme

    Qui détruit la femme.



    Annick Moreeuw, le 1er juillet 2011




    Dix jours, bloquée



    Dix jours, bloquée

    Le corps choqué

    A nouveau le rhumato

    Mal, mal au dos…



    La remplaçante interpellée

    Ne peut me manipuler

    De caractère assez froid

    Elle m’ausculte ma foi.



    Elle me rappelle ce que je sais

    Que cela ne va pas s’arranger

    Je rentre, la douleur plus présente

    Désemparée, je déchante.



    Mon corps tout entier, torturé

    Me laissera toute la nuit éveillée

    Je subis ce qu’il y a de plus fort

    Je pleure, encore et encore.



    Annick Moreeuw, le 28 juin 2011




    Ma cervelle vide



    Ma cervelle vide

    De mots d’habitude si avide

    Mon corps plein

    De maux si présents se plaint.



    Un méli-mélo de m…

    Se niche au fond de mon cerveau

    J’ai beau chercher c’est le néant

    De plus mon stylo s’assèche à présent.



    L’Homme parfois ne trouve pas ses mots

    Quand l’ami cher part trop tôt

    L’Homme parfois ne trouve pas ses mots

    Pour réconforter la famille dans le chaos.



    Annick Moreeuw, le 8 mai 2011




    MARRE, MARRE



    J’en ai marre !



    Je me sens mal

    Pas banal !

    Envie de pleurer

    Mal à respirer.



    Si je pouvais

    Je m’en irais.



    Annick Moreeuw, le 6 avril 2011




    Je me lève, hop ça tourne



    Je me lève, hop ça tourne

    Je me couche, je doute

    Je me relève, hop ça tourne

    Je me recouche, tout bouge.



    Allongée les yeux clos

    Je mets mon corps au repos

    Un mal-être s’installe en moi

    Des étoiles, une, deux, trois...



    Lasse je suis, si lasse

    La situation me dépasse

    Sur l’oreiller je me mets à rêver

    A rêver, à rêver, à rêver...



    Puis zut je m’accroche

    Mes pieds au sol je scotche

    Une seconde, deux secondes...

    Enfin je peux rejoindre le monde.



    Annick Moreeuw, le 31 mars 2011




    J’ai besoin de sourire, de maquiller mon avenir



    J’ai besoin de sourire, de maquiller mon avenir

    J’ai besoin de rire, d’effacer le pire

    J’ai besoin d’être ivre, de ne rien m’interdire

    J’ai besoin de vivre, de ne pas souffrir.



    Ce matin la tristesse envahit tout mon être

    Ce matin le stress le bonheur rejette

    Ce matin les larmes m’envoient paître

    Ce matin l’angoisse, l’angoisse m’entête.



    Mon moi arrête, je suis triste à mourir.



    Annick Moreeuw, le 9 avril 2011




    389 coups de couteau



    389 coups de couteau



    5 heures du matin dans une tour

    Des cris, des appels au secours

    A Toulouse la nuit du nouvel an

    Une voisine appelle les agents.



    Au 9ème étage une porte entrebâillée

    S’engouffrent pompiers et policiers

    Recroquevillée une dame gît dans son sang

    Défigurée, rouée de coups avec acharnement.



    La dérive d’un homme



    Samir 33 ans et Fatima se marient à Oran

    Puis ils partent vers la France pour un bel appartement

    Mais sans travail stable le couple se sépare

    Lui déboussolé, dans l’alcool et les médicaments s’égare.



    Fatima et Samir s’apprécient et se soutiennent toujours

    C’est pour cette raison qu’elle lui a ouvert sans détours

    Drôle de nuit pour Fatima, sans défense

    Coup de folie ! Crise de démence !



    Mais Samir était-il vraiment malade ?



    Annick Moreeuw, le 22 mars 2011




    Xyntia - 27 février 2010 - 3 heures du matin

    La Faute-sur-mer. 29 morts



    Elisabeth, un pied appuyé sur la porte, se bat

    Son petit-fils de quatre ans blotti dans ses bras

    Son mari à deux mètres d’elle s’accroche au haut du buffet

    Effrayé, tremblant, paralysé, il commence à étouffer.



    En tenue de nuit ils n’ont que la tête hors de l’eau

    Tous les deux n’ont pas peur, ils savent qu’ils vont partir là-haut

    Elisabeth et Jean pleins d’amour se sont dit au revoir

    Le petit meurt de froid, son mari s’est enfoncé dans l’eau noire.



    Elisabeth n’a plus rien, elle se laisse couler

    Mais, malheur pour elle, les pompiers in extrémis l’ont sauvée

    A l’hôpital de Niort, seule dans sa chambre, elle a ouvert les yeux

    Pourquoi dans cette douleur atroce l’as-tu laissée mon Dieu ?



    Après le sauvetage, épuisée, elle a fait un arrêt cardiaque

    Elle veut s’en aller, les retrouver, elle n’a plus la niaque

    Cela fait trois jours qu’elle ne répond plus au téléphone

    Elle culpabilise d’être vivante et rêve d’être emportée dans son somme.



    Annick Moreeuw, mars 2011




    Un bouquet d’arums sur la poitrine



    Un bouquet d’arums sur la poitrine

    L’homme gît accroché aux racines

    Blanc, blanc, dans la chambre tout est blanc

    Il nous a quittés, il a pris les devants.



    Longtemps après notre Mamy est partie

    En un instant s’est brisée sa vie

    Une énorme douleur a envahi mon cœur

    Ce cœur si lourd que parfois on en meurt.



    Pour Maman voilà les roses rouges

    Un dernier baiser sur sa bouche

    Une caresse sur sa joue si douce

    Mais la mort de toutes ses forces me pousse.



    Maman, Papa, vous me manquez tant.



    Annick Moreeuw, mars 2011




    Dans ma vie le désordre



    Dans ma vie le désordre

    Mon cœur de peine déborde

    Rires et pleurs se mêlent

    Mais les larmes l’emportent.



    Mélancolie je suis avide

    De cette vie pleine de vide

    La colère m’envahit

    De tristes jours je vis.



    Femme malheureuse, râleuse

    Dans son coin se sent seule

    Plongée dans le noir elle sombre

    Et s’enfonce dans la pénombre.



    Annick Moreeuw, mars 2011




    Vendée patrie de mes aïeux



    Vendée patrie de mes aïeux

    Vendée je ne t’ai pas dit adieu

    Ancrée en moi profondément

    Tu me manques, me manques fortement.



    Tante Charlotte au petit chignon

    Me chantait, me chantait des chansons

    « J’ai vu le loup, le renard et la belette »

    Cette belette traîne encore dans ma tête.



    La gavotte nous dansions dans la cour

    Au marché d’la place Viet nous allions faire un tour

    Chez tes amies précieuses tu m’emmenais goûter

    Là-bas chaque jour était plein de gaieté.



    Hélas un jour tout s’est arrêté.



    Annick Moreeuw, le 18 février 2011




    Petits cageots en bois brut



    Petits cageots en bois brut

    Brut cet art tel est mon but

    Petits cageots mis en réserve

    Réservent-ils une prouesse !



    Jolie rousse au teint porcelaine

    Les yeux ronds couleur verveine

    La bouche couleur mandarine

    Voici la femme que je dessine.



    Petit cageots en bois gris

    Gris souris, Minnie la p’tite souris

    Petits cageots en bois tendre

    Se fendent, sur le mur se suspendent.



    Annick Moreeuw, le 16 février 2011




    Aphone



    Aphone

    Mes poèmes s’enlisent dans le silence

    Aveugle

    Ma peinture oublie la toile blanche

    Ménage

    Peu à peu je reviens vers toi

    Peu à peu tu m’enfonces malgré moi

    Tu me voles mes heures de repos

    Où ma pensée vagabonde du côté d’ailleurs

    Où je rêve, je rêve les yeux clos

    Tu me rends folle, j’ai peur.



    Annick Moreeuw, le 12 février 2011




    Aujourd’hui 60.......ans



    Aujourd’hui 60.......ans

    Verseau, pure, nature

    Verseau, dure, obscure.



    J’me balance.



    Bleus de mon âme

    Soan

    Rouges de mes veines

    Mylène



    J’me balance.



    Déjà 60.......ans

    Etres chers

    Qui s’aimèrent

    Me créèrent

    M’adorèrent.



    J’me balance.



    Annick Moreeuw, le 8 février 2011




    Le pinceau que je trempe



    Le pinceau que je trempe

    Dessine le sens de ma vie

    Le stylo qui s’épanche

    Décrit le cours de ma vie.



    Les couleurs s’échappent de l’arc-en-ciel

    Et se posent sur ma toile immaculée

    Les mots pesés, jamais superficiels,

    Sur ma page blanche vont se pencher.



    L’art se décline sous toutes ses formes

    Liberté, Liberté, au diable les normes.



    Annick Moreeuw, le 5 janvier 2011




    Lentement je glisse vers l’autre vie



    Lentement je glisse vers l’autre vie

    Mon corps me lâche, par terre je gis

    Les hommes en blanc m’appellent, je les entends

    «  Madame, madame, ouvrez les yeux » tout est blanc.

    J’essaie, mais impossible, je me sens partir

    Ils insistent, je résiste, mais plus fort l’avenir

    Revient vers moi, je lui ouvre les bras

    Epuisée, je me laisse guider par le son de leurs voix.



    Annick Moreeuw, le 3 janvier 2011




    Mardi, mal de tête



    Mardi, mal de tête

    Mercredi, mal de tête

    Jeudi, mal de tête

    Vendredi, mal de tête...



    Samedi, Dimanche,

    Week-end paisible, c’est magique!

    Tout va bien, au diable les analgésiques.



    Lundi, aïe, aïe, aïe, le mal me foudroie

    Mes lombaires brodent des points de croix

    Mon corps petit à petit je déplie

    Je souffre, je souffre, je crie

    Peu à peu je m’allonge, j’hurle.



    De cette vie tortueuse je sature.



    Annick Moreeuw, le 10 janvier 2011




    Toujours ces rêves épuisants



    Toujours ces rêves épuisants

    Où je m’évade en courant

    J’évite ces gens que je connais

    A qui je n’ai pas envie de parler.



    Je traverse la nuit de mes souvenirs

    Mes parents, mes amis, des soupirs

    Des mots dits tout haut me réveillent

    Bien avant que sonne le réveil.



    Maux insidieux, petites misères

    En moi enfoncent leurs serres

    Encore, encore une journée difficile

    Mélancolie, mon amie, je suis si fragile.



    Annick Moreeuw, le 21 décembre 2010




    Un dimanche



    Un dimanche

    Sans robe blanche

    Une demoiselle

    Sans robe de dentelle.



    Un short sur un collant opaque

    La tenue des stars elle calque

    Derrière ses fringues noires

    Un cœur fragile abrite ses déboires.



    Trop long à raconter

    Des années, des années fanées

    Trop long à raconter

    Mais beau ce qui est caché.



    Annick Moreeuw, le 9 janvier 2011




    Trop angoissée



    Trop angoissée

    Je laisse tout tomber

    Je me sens mal

    Ce n’est pas banal !



    Ma respiration est lourde

    Autour de moi tout tourne

    Dans ma tête n’importe quoi

    Une biche qui crie aux abois.



    Les mots sont lents à se coucher

    Sur mes feuilles, mes feuilles de papier

    J’essaie de maîtriser la situation

    Les yeux clos, une drôle de sensation.



    Annick Moreeuw, le 10 décembre 2010




    Peu à peu ces kilos qui se réinstallent



    Peu à peu ces kilos qui se réinstallent

    M’obsèdent jour après jour et m’assaillent

    Sans arrêt je surveille mon poids

    Ce poids qui, petit à petit, cause mon effroi.



    Toutes la semaine je compte les calories

    Le week-end venu je me rue sur les sucreries

    Les chocolats de Noël planqués dans mon placard

    La nuit, en douce, je « boulotte » les miens, trop tard !



    Le péché avoué chacun se moque

    Je m’en amuse, rien ne me choque

    Un ballotin de truffes remplace les pralines

    Vite ! vite Noël ! je me lèche les babines.



    Annick Moreeuw, le 18 décembre 2010




    Mardi après-midi cours d’informatique



    Mardi après-midi cours d’informatique

    Chantal près de moi clique, clique

    Sans cesse elle se trompe, on se marre

    Mais vite il faut finir et on y va dare-dare.



    Pendant ces instants beaucoup de blabla

    Céline, heureuse, en décembre ne partira pas

    Son contrat est reporté de quelques semaines

    Pour tous c’est une véritable aubaine.



    Annick Moreeuw, le 17 décembre 2010




    Dans la nuit une alarme, j’ai peur



    Dans la nuit une alarme, j’ai peur

    Mon rythme cardiaque s’affole, l’horreur

    Je me dis elle est partie mais un souffle j’entends

    Rassurée je regagne ma couche, le mal de tête latent.



    La mort installée dans le lit près de moi

    S’est sauvée ce matin et a laissé sa proie

    Une petite vieille, décharnée aux cheveux blancs

    Qui ne bouge pas et respire très lentement.



    La dame noire est repartie sans rien.



    Annick Moreeuw, le 10 novembre 2010




    Je me suis endormie sur ma douleur



    Je me suis endormie sur ma douleur

    Noyée dans un flot de pilules de toutes couleurs

    J’ai fait des rêves insensés, où je volais

    Dans un nuage de ouate bleue, enneigée.



    Je plonge, je replonge dans l’atmosphère de la nuit

    Je vacille, le vide m’attire, je m’accroche à lui

    Comme à la jupe de Maman qui me dit « je dois partir »

    Partir au pays des anges et ne plus revenir.



    Portée par les larmes de la vie, je m’évade

    Soan, assis sur la lucarne, bavarde

    Il me fredonne la vie, la vie et sa déraison

    Ses Amours heureuses, malheureuses, déclamées dans ses chansons

    Puis il disparaît au bruissement d’une vague

    Une vague de « gens biens » qui n’ont rien compris

    Rien compris de lui et de sa poésie

    De sa voix qui tantôt se brise en mille morceaux

    Rien compris

    Rien compris...

    Il est parti !



    Annick Moreeuw, le 1er novembre 2010




    Tôt ce matin



    Tôt ce matin

    Réveillée par l’angoisse

    Tôt ce matin

    Quelle poisse.



    Etouffée

    Oppressée



    Tôt ce matin

    Avalé mes cachets

    Tôt ce matin

    Avalé mon café.



    Pensive

    Dérive



    Tôt ce matin

    Mon stylo Stabilo

    Tôt ce matin

    Mon stylo crache ces mots.



    Négative

    Dépressive



    Annick Moreeuw, le 29 octobre 2010




    Triste je suis



    Triste je suis

    Pourtant hier était une belle journée

    Triste je suis

    L’atelier de Francis était plein à craquer.



    Des inconnus, des amis revenus

    Dans le brouhaha

    La joie fuse ici-bas

    Des inconnus, des amis non venus.



    Cette année, pas l’homme indifférent

    Qui ne fait qu’entrer pour entrer

    Cette année des gens différents

    Qui laissent échapper le mot « adorer ».



    Attiré par toutes ces couleurs

    Le regard soulève le voile

    Les yeux s’incrustent dans la toile

    Pour y découvrir toutes les valeurs.



    Annick Moreeuw, le 19 octobre 2010




    Que vous dire ?



    Que vous dire ?

    Que mon être blessé

    Me fait souffrir.



    Que vous dire ?

    Que mon corps torturé

    En a marre de frémir.



    Que vous dire ?

    Qu’une larme écoulée

    Mon visage fit rougir.



    Annick Moreeuw, le 18 octobre 2010




    La Femme, à Ennevelin



    La Femme, à Ennevelin

    Peintres et écrivains

    La représentent sous tous ses traits

    Classique ou sophistiquée.



    Mes poèmes très appréciés

    Je suis, je suis très touchée

    Nombreuses elles sont venues

    Me féliciter, j’étais très émue.



    Au cours d’informatique

    On m’interpelle, fantastique !

    Comment j’en suis arrivée là ?

    Une rencontre avec un certain Nicolas.



    Annick Moreeuw, le 10 octobre 2010




    Chaque jour mal de tête



    Chaque jour mal de tête

    Chaque jour c’est ma fête.



    Ce soir je souffre

    Plongée dans ce gouffre

    Qui m’avale et m’étouffe

    Pas le temps de dire ouf.



    La tête, le cou, le dos

    Do, ré, mi, fa, sol, la, si, do.



    Mes pilules avalées

    Dans la douleur affalée

    Dans mon moi tout emmêlée

    Au diable la télé.



    Puis la nuit, le cauchemar

    Tout est noir, j’en ai marre

    Mon sang, ma chair, assassinés

    De cette vie je veux me débiner.



    Annick Moreeuw, le 20 octobre 2010




    Ça bouge dans ma tête



    Ça bouge dans ma tête

    Mais celle-ci pas bête

    Me fait le coup

    Le coup du mal au cou.



    Mes vertèbres malmenées

    Me font des pieds de nez

    Dans l’espoir de moins souffrir

    Je m’étire... je m’étire...



    Le mal, malin, m’attaque

    Féroce tout le corps matraque

    Je clos les yeux pour trouver le repos

    Hélas ! il est ailleurs, pas de pot.



    Quelques tours d’horloge

    Enfin la douleur je déloge

    Ponctuelle demain elle sera là

    Pour me chanter son tra la la.



    Annick Moreeuw, le 14 octobre 2010




    Maman



    Maman

    A quoi bon dormir

    Pour s’éveiller dans la douleur

    Maman

    A quoi bon dormir

    Pour s’éveiller où l’on meurt.



    Je veux crier si fort

    Pour faire fuir mes démons

    Je veux crier si fort

    Pour te demander pardon.



    Maman

    Je vais crier si fort

    Pour m’extérioriser

    Maman

    Je vais crier si fort

    Pour ne pas succomber.



    Je veux chanter et rire

    Mais ma gorge reste muette

    Je veux danser et vivre

    Mais mon corps s’émiette.



    Annick Moreeuw, le 24 septembre 2010




    Informatique clic-clic



    Informatique clic-clic

    Sur le clavier je m’applique

    Informatique clic-clic

    En moi s’ouvre le déclic.



    Céline, brunette fine

    Me guide et j’imagine

    Créer mes propres dossiers

    Sur ce clavier si familier.



    Mais internet me guette

    Charivari dans ma tête

    Je me noie, tout se brouille

    Je suis perdue, je bafouille.



    Annick Moreeuw, le 28 septembre 2010




    Des mots qui ne viennent pas



    Des mots qui ne viennent pas

    Le pinceau que je ne trempe pas

    Pourtant je cherche, mais le néant

    S’est emparé de moi soudainement.



    Trois semaines, le cerveau en léthargie

    Impassible, ne me donne plus la répartie.



    Les feuilles immaculées

    Mon corps miraculé

    Flottent dans l’air du temps

    Mais lourde je me sens à présent.



    Trois semaines, le cerveau en léthargie

    Impassible, ne me donne plus la répartie.



    Le tic-tac de la pendule m’énerve

    A l’horizon pas de rêve

    Sur le canapé les yeux fermés

    Je laisse planer mon anxiété.



    Annick Moreeuw, le 18 septembre 2010




    Douleur lancinante



    Douleur lancinante

    Pente lente

    Douleur agressante

    Religieuse la mante.



    Chaque jour mes vertèbres me hantent

    Mardi tout va bien, je chante

    Mercredi, petit à petit le mal me ronge

    Jeudi, une belle journée je vois en songe.



    Mais seul Dieu sait

    Sait ce qui va se passer

    S’il suffisait de prier

    Les prières j’hurlerais.



    Je ne me laisserai pas abattre

    Par ces maux qui me rendent acariâtre

    Demain mon jardin je désherberai

    Jusqu’à ce que je ne puisse plus me relever.



    Mon squelette se fout de « ma gueule ».



    Mon squelette déglingué joue des castagnettes

    Pourtant Soan je n’ai pas mangé tes croquettes.



    Annick Moreeuw, le 5 août 2010




    J’ai les mots qui se bousculent



    J’ai les mots qui se bousculent

    Dans mon crâne plein de brume

    Espiègles ils s’amusent à chat perché

    De mon trou noir je ne peux les attraper.



    Mots fléchés, maux de tête, mot à mot.



    Ma vie se joue sur un mot

    Tiens je te croyais partie !

    Ma douce, mon amie, mélancolie.



    J’aime écrire... et vous ?



    Annick Moreeuw, le 7 août 2010




    Réflexions



    En Afrique on n’a pas de montre mais on a du temps.



    *********




    Si tu ne sais pas où tu vas c’est tout droit.



    *********




    Je suis un noir ma peau est blanche

    C’est mon droit, c’est ma différence.



    *********




    Mon corps veut mincir

    Ma tête me dit de manger.



    Annick Moreeuw, le 1er août 2010




    Maman battue par son enfant



    Maman battue par son enfant

    Vit sous pression constamment

    Chaque jour cette douleur au ventre

    Quelques heures avant qu’il ne rentre

    Son calvaire commence par des dérapages

    « T’es moche, t’es nulle » il déploie sa rage

    Puis crescendo s’installe la douleur physique

    Il la pousse, la bat, elle panique

    Elle essaie de se sauver, il enfonce la porte

    Il lui assène des coups, la peur l’emporte

    Elle le repousse, il veut l’étrangler

    Avec un oreiller il tente de l’étouffer

    L’enfant se dit nul, mal dans sa peau

    Pour la mère pas un moment de repos.



    Pour elle le plus difficile est d’appeler les secours

    Il dit qu’il va la tuer, c’est son jour

    Ce bourreau, ce fils qu’elle aime tant

    Aujourd’hui n’a pourtant que 12 ans.



    Annick Moreeuw, le 22 août 2010




    Blessée, encore blessée



    Blessée, encore blessée

    Assez ! Vous me dites assez ?

    Rien ne peut m’arrêter

    Le sort en est jeté

    Tricosteril sous le talon

    Je sais le chemin sera long

    Dans quelques jours je l’arracherai

    Dans quelques jours je recommencerai.



    La douleur est mienne

    Douleur physique

    Douleur psychique

    La douleur est mienne

    Quel est ce diable qui m’enchaîne ?



    Annick Moreeuw, le 12 août 2010




    Soudain une angoisse puissante monte en moi



    Soudain une angoisse puissante monte en moi

    Qu’est devenue cette fée qui excellait de ses dix doigts

    Anéantie par cette maladie qu’on appelle « mélancolie »

    Elle préfère être seule et met de côté tous ses amis.



    Autrefois son intérieur aurait été tenu à la perfection

    Elle nettoyait tout du sol au plafond pour une invitation

    Maintenant elle fait ce qu’elle peut et c’est peu

    Certains pensent que c’est tout simplement un jeu.



    Dans cette situation je m’efface petit à petit

    Gommés les traits magiques qui me rendaient jolie

    Hier les vacances et aujourd’hui je souffre

    Mon moi m’étouffe comme une bouffée de souffre.



    Annick Moreeuw, le 25 juillet 2010




    Six heures du matin un pressentiment m’éveille



    Six heures du matin un pressentiment m’éveille

    Posées sur le tonneau les mésanges veillent

    Les oisillons piaillent et attendent la sortie

    Un, deux, trois, quatre les voilà partis.



    C’est la deuxième année que je les vois s’envoler

    Quitter le nid où ils n’iront plus jamais

    C’est surprenant, c’est une seconde naissance

    A tire-d’aile ils évoluent avec aisance.



    Puis à leur tour ils pondront leur marmaille

    Morceau de paille après morceau de paille

    Ils tisseront ce nid indispensable à la vie

    Si précieux surtout quand le chat les épie.



    Annick Moreeuw, le 8 juillet 2010




    Blesser ce corps



    Blesser ce corps

    Encore et encore

    Blesser ce corps

    Qui a toujours tort.



    Un jour maigre

    Un jour énorme

    Il joue avec mes sautes d’humeur.



    Ma vie blessée

    Egratignée

    Ma vie blessée

    Sacrifiée



    Annick Moreeuw, le 12 juillet 2010




    Au coin de l’oeil une larme



    Alarme

    Au coin de l’oeil une larme

    Désarme.



    Triste le corps

    Dérape

    Triste le corps

    Frappe.



    Au fond de l’oeil une image

    Orage

    Au fond de l’oeil une image

    Otage.



    Annick Moreeuw, le 19 juillet 2010




    L’angoisse m’enferme



    L’angoisse m’enferme

    Prisonnière de ses bras

    L’angoisse m’enferme

    Et de suite « patatras ».



    Le souffle court m’étouffe

    Un mal-être s’impose

    Pas le temps de dire ouf

    Le manque d’air m’indispose.



    Connaissez-vous l’angoisse ?

    Celle qui vous fait pleurer.



    Sensation étrange, familière

    Qu’on conjugue au présent

    Sensation étrange, libertaire

    Qui nous glace le sang.



    Annick Moreeuw, le 18 juin 2010




    Maman est partie



    Maman est partie

    Là où il y a le soleil

    Maman est partie

    Mon Dieu qu’elle était belle.



    Légère ma main frôle sa joue

    Si douce on dirait qu’elle dort

    Je lui parle mais elle fait la moue

    Je lui parle encore et encore.



    Son visage calme et serein

    Laisse échapper un sourire

    Une jolie robe dans son écrin

    Voilà mon ultime souvenir.



    Annick Moreeuw, le 12 juin 2010




    Le funambule



    Le funambule

    Dans sa bulle

    Frôle le bleu : plongée !

    Côtoie le rouge : danger !



    Artiste en herbe

    Le jardin des mots désherbe

    Artiste naissant

    Les crapauds vomissant.



    Le funambule

    Dans sa bulle

    Léger comme un moustique

    Avec passion emmène le public.



    Annick Moreeuw, le 22 juin 2010




    Angoisses qui me froissent



    Angoisses qui me froissent

    En moi, agrippées croissent

    Une étrange sensation m’envahit

    Les yeux fermés c’est le tournis.



    Le tic-tac de la pendule m’agace

    Le bruit s’amplifie, quelle audace !

    Ma respiration orageuse, sourde

    Devient chaotique, lourde.



    Chaque midi l’étau se resserre

    Un mal-être me plonge dans un désert

    Pour mon cœur branle-bas de combat

    Pour mon cœur palpitations et brouhaha.



    Annick Moreeuw, le 30 juin 2010




    Immergée, j’eus la force de crier



    Immergée, j’eus la force de crier

    La belle bleue ne m’a pas avalée

    Mon corps affalé dans le sablier

    En un effort, entier s’est révolté.



    Annick Moreeuw, le 13 juin 2010




    LYRICA



    LYRICA

    Prise de poids

    LYRICA

    Pas pour moi.



    Ma balance s’affole

    Quelques jours ! Un kilo

    Moi je deviens folle

    La courbe vers le haut.



    Effets indésirables

    Maux de tête accentués

    Ma vie misérable

    Couchée sur l’oreiller.



    Petits bonheurs envolés

    Si péniblement gagnés

    Léthargie, corps affalé

    Sous mon crâne « la cognée ».



    Annick Moreeuw, le 8 juin 2010




    Des trous, des trous



    Des trous, des trous

    Perdue dans la circulation

    Des trous, des trous

    A droite, à gauche quelle direction ?



    Affolée je ne sais où aller



    Perdue dans le flou

    En moi ma cervelle

    Perdue dans le flou



    STOP !



    Mais où vont les abeilles ?



    Annick Moreeuw, le 15 juin 2010




    Sur mon petit nuage



    Sur mon petit nuage

    Soan côtoie Mylène

    Immenses sur la scène

    De mon esprit en nage.



    Jeux de textes

    Déprime dans l’âme

    Jeux de textes

    Pluie de larmes.



    Deux géants se battent

    Le cœur mélancolique

    Soan, surprise ! se hâte

    Coiffe Mylène angélique.



    Sur mon petit nuage

    Soan, chaque nuit plus présent

    Immense personnage

    Se joue des dires méprisants.



    Annick Moreeuw, le 21 mai 2010




    La dame en noir dans le miroir



    La dame en noir dans le miroir

    Un soir d’été est venue me voir

    En robe de moire glissant sur le parquet

    En quelques pas de valse voulut m’attraper.



    J’ai vu la mort se marrer

    Par les pieds me tirer

    J’ai vu la mort se marrer

    D’un shoot je l’ai repoussée.



    La dame en noir sous clef dans mon tiroir

    Privée du sang qu’elle ne pouvait plus boire

    Assoiffée, trépignait bon gré, mal gré

    Dans un ultime combat et se désintégrait.



    Annick Moreeuw, le 15 mai 2010




    Réveillée par une impression d’étouffement



    Réveillée par une impression d’étouffement

    Un mal-être profond m’habite cruellement

    Le coeur palpitant, j’étouffe, la poitrine me serre

    Je respire fort, rien n’y fait, je désespère.



    Le stress s’accentue, il me domine

    Je me lève, je n’ai pas bonne mine

    Je ressens encore les frayeurs d’un cauchemar

    La douleur m’écrase, j’en ai marre.



    Cinq heures du matin j’avale mes pilules

    Soan, mes méninges manipule

    Puis Mylène à son tour s’exclame

    Neuf heures du matin enfin je me calme.



    Annick Moreeuw, le 30 mai 2010




    BÉBÉS POUBELLE



    Karachi capitale du Pakistan

    250 cadavres de bébés découverts par an

    Par des gosses qui fouillent les poubelles

    Et essaient de vivre dans ce monde cruel

    9 nourrissons sur 10 sont des petites filles

    Nées de la population déshéritée de la ville

    Retrouvées dans les détritus où les animaux les mangent

    Pourtant ici-bas ce ne sont que des anges

    Pour les démunis les petites filles ne sont qu’ennuis

    Les mères s’en débarrassent et se fondent dans la nuit

    La dot maritale s’élève à cinq années de travail

    C’est trop cher payé pour garder leur marmaille.



    AVANT LA POUBELLE ET LA MORT.



    Maintenant des berceaux placés sur les trottoirs

    Où l’on dépose la petite que l’on ne veut pas avoir.



    DO NOT KILL.



    Adoptées par des couples riches de haut bord

    Issues de familles les plus pauvres leur avenir devient or.



    A JAMAIS ELLES SERONT LEURS PETITES FILLES.



    Annick Moreeuw, le 31 mai 2010




    Plus possible



    Plus possible

    Sans arrêt je me coince le dos

    Plus possible

    Mes vertèbres jouent au couteau.



    JE N’EN PEUX PLUS



    La frousse des mouvements grinçants

    Peur de ces silences fracassants

    Quand je me redresse, Aïe ! Aïe ! Aïe ! je pleure

    A chaque pas j’hésite et me tords de douleur.



    IRRITEE,

    Je n’accepte plus que l’on me parle

    IRRITEE,

    J’envoie tout le monde au large.



    J’ai l’impression que nul ne peut me comprendre

    Qu’on ne peut ressentir ce mal me pourfendre

    Dans ma tête se brouillent les mots

    Encore une fois il me faut du repos.



    Annick Moreeuw, le 30 avril 2010




    SOAN



    SOAN



    Deux heures debout pour te voir chanter

    Deux heures debout tu nous as embarqués

    Si près de moi j’aurais pu te toucher

    Si près de toi nos regards se croisaient.



    Le public tout à toi en extase

    Reprend mot à mot tes phrases

    Ta voix rauque si douce

    Flotte comme un bain de mousse.



    SOAN

    Qui est cet enfant que tu appelles « mon ange » ?

    Ton ange

    Cet enfant frêle aussi frêle que toi

    Cet enfant frêle qui n’est plus dans tes bras.



    Est-ce son absence qui pleure dans tes mains ?



    « ET LA MORT C'EST POURQUOI ? »

    Toi tu dis que tu l’aimes

    « ET LA MORT C'EST POURQUOI ? »

    C’est un lutin qui l’emmène.



    La salle pleine à craquer

    Chante et se laisse aller

    Aller à crier

    Tu joues à nous arroser

    Et ça nous fait marrer.



    Mais dans la nuit tu t’éclipses

    Dans la joie tu nous laisses tristes.



    Annick Moreeuw, le 28 avril 2010




    Nuit de douleur où chaque geste me fait couiner



    Nuit de douleur où chaque geste me fait couiner

    Nuit de douleur où bouger les jambes me fait crier

    « Tu n’aurais pas du préparer les valises »

    Bien sûr vu comme cela c’est facile.



    Autant me mettre dans un fauteuil roulant

    Et me déposer aux objets perdus

    Ma vie lente, lente

    Dévale à toute vitesse la pente vermoulue.



    Quelques jours de repos me remettent sur pieds

    A Kerguéhennec avec eux je vais me promener

    Dans ce parc immense les œuvres d’art côtoient la verdure

    Nous flânons autour du lac mais l’herbe mouillée trempe nos chaussures.



    Flic, Flac, Flic, Flac

    La chanson des petits petons

    Flic, Flac, Flic, Flac

    La chanson des petits Bretons.



    Annick Moreeuw, le 14 avril 2010




    Soudain l’angoisse s’approprie mon cœur



    Soudain l’angoisse s’approprie mon cœur

    Une sensation que je déteste « la peur »

    De petites perles coulent sur mon visage

    Pour aujourd’hui mauvais présage.



    POURQUOI ? POURQUOI ?



    Enfin revient la tiédeur satinée

    Le soleil taquine la baie vitrée

    J’écoute une musique douce

    Comme l’enfant je suce mon pouce.



    L’après-midi promenade sur la plage

    Dans le ciel d’azur aucun nuage

    La mer retirée joue avec les rochers

    Au loin on distingue des pêcheurs à pied.



    Dans l’eau très peu de baigneurs

    Ils s’amusent à s’arroser, farceurs !

    Je crois que demain il fera aussi chaud

    J’espère que mes lendemains seront aussi beaux.



    Annick Moreeuw, le 12 avril 2010




    Les marches d’acier dans le vide



    Les marches d’acier dans le vide

    M’amènent au dernier étage livide

    L’AERONEF enfin nous reçoit

    Encore deux heures à attendre ma foi.



    La jeunesse plutôt féminine

    Collée aux portes, s’agglutine

    Le cul assis sur le bitume

    L’heure coquine confisque les minutes.



    Peu à peu l’espace se remplit

    De tous âges la foule s’amplifie

    Sur chaque visage se lit l’impatience

    Effervescence, patience...



    Annick Moreeuw, le 26 avril 2010




    Notre journée fut longue, longue...



    Notre journée fut longue, longue...

    Moi dans le ménage je me plonge

    Sur le cadran les heures se laissent désirer

    J’ai même l’impression que la pendule est arrêtée.



    14 h, 15h, 16h, 17 heures enfin le moment de partir

    Vite, vite à Seclin il nous faut parvenir

    Dans la salle d’attente, le silence...

    J’espère le moindre bruit, la moindre présence

    Soudain un petit chien crie de douleur

    J’ai reconnu SWEETY

    J’aimerais tant la prendre dans mes bras

    J’ai reconnu SWEETY

    Ne t’en fais pas ma chérie, bientôt nous serons là.



    Dans le cabinet du véto nous restons scotchés

    Pendant l’opération Sweety fit une syncope

    Il eut beaucoup de mal à la réanimer

    Il nous confia sa peur, cette peur qui choque.



    De retour chez nous, nous réalisons l’ampleur de l’opération

    En nous se mêle chagrin et détresse

    Deux nuits blanches nous laissent sur les talons

    Nous épions les mouvements de sa respiration qui colonisent notre stress.



    Trois jours plus tard notre Sweety allait mieux

    Petit à petit la douleur s’est envolée, merci, merci mon Dieu.



    Annick Moreeuw, le 19 mars 2010




    Coup de cafard, tout est noir



    Coup de cafard, tout est noir

    Sous mon crâne le brouillard

    Un café crème vite avalé

    Pour un autre jour le petit déjeuner.



    Des maux de tête me font souffrir

    Des pilules jaunes pour les faire partir

    Ancrés profondément au creux de ma cervelle

    J’ai l’impression que mes méninges jouent à la marelle.



    Le front appuyé sur mes deux mains

    Les yeux clos, peu à peu revient le calme.



    Dehors le soleil brille

    Je vais désherber un peu

    Dehors le soleil brille

    Mal au dos je suis pliée en deux

    Mes vertèbres jouent avec mes nerfs

    La douleur lance des éclairs

    Lentement je redresse mon corps

    Pour aujourd’hui plus d’efforts.



    Annick Moreeuw, le 25 mars 2010




    Pourquoi ces pensées me reviennent ce soir ?



    Pourquoi ces pensées me reviennent ce soir ?

    Je regarde ma vie perdue dans ce miroir.



    La tristesse t’a poussée à t’en aller

    Seule, sans prière tu les as retrouvés

    Je n’ai pas réussi à vaincre tes inquiétudes

    Pourtant, ensemble nous avions nos habitudes

    Dans la nuit qui te faisait si peur

    Tu pris le courage d’arrêter ton cœur

    Ta fuite effrénée, désespérée

    Nous a laissés désemparés

    Ta vie est ailleurs auprès des tiens

    Désormais tu leur prends la main.



    Marie Louise ton combat a pris fin.



    Annick Moreeuw, le 21 mars 2010




    Je me laisse grignoter par les années



    Je me laisse grignoter par les années

    Avalée, puis rejetée par la marée

    Noyée par la mauvaise humeur

    Je me fais bien des peurs.



    Cuisiner ! Moi jamais

    La famille reste interloquée

    Seule, privée de cet entrain

    Cet entrain qui était mien.



    Les travaux ménagers me rebutent

    4, 5, 6 minutes puis la chute

    Accrochée aux ronces

    Je m’enfonce, je m’enfonce.



    Pourtant pour vous faire plaisir

    J’aimerais juste rire.



    Annick Moreeuw, le 2 mars 2010




    Les maux monopolisent mon corps et apprennent le solfège avec mes vertèbres.



    Les maux monopolisent mon corps et apprennent le solfège avec mes vertèbres.

    Est-ce plus important d’être malade et venir vous voir que guérir et ne plus vous voir ?

    Vivre seul ou à deux on ne meurt qu’une fois.

    Insidieux et tortueux les maux se succèdent et me collent à la peau.

    Le plus important c’est de vivre jour après jour.

    Volets verts, volets bleus ils emprisonnent nos secrets.

    A peine le temps de vivre que déjà on s’en va.

    Les mots pesés et dévoilés se battent pour se coucher sur le papier.



    Annick Moreeuw, février 2010




    Une petite fille noire



    Une petite fille noire

    Veut devenir blanche

    Car les blancs sont riches

    Et ont de jolies voitures noires

    Ils ont de beaux habits

    Ils ont de grandes maisons

    En bref, ils sont heureux

    Ou ils devraient l’être, mais !

    Cette petite fille noire

    Ne voit pas les clochards

    Qui dorment sur les trottoirs

    Ou au bord du périphérique

    Certains se cachent dans les bois

    Et essaient de se faire une vie à deux

    Mais sont-ils heureux ?

    Non, pourtant ils ont la peau blanche.



    Annick Moreeuw, le 8 février 2010




    Soan, bleus dans l’âme



    Soan, bleus dans l’âme

    Ton micro jamais tu désarmes

    Soan, bleus dans l’âme

    Tu ferais même pleurer les armes



    Ta voix rauque me réchauffe

    Chauffe le Bataclan

    Ton clan riche de fous

    Fout en l’air tous les préjugés

    Jugé, tu le seras par Dieu

    Oeufs à la neige en février

    Décrié par Dame Lio

    Hauts les coeurs tu as gagné, gagné.



    Soan, bleus dans l’âme

    Ton micro jamais tu désarmes

    Soan, bleus dans l’âme

    Tu ferais même pleurer les armes



    Même qu’elle était si belle

    Celle qui s’appelait Madeleine

    Veine, tu as attrapé le tram

    Le tram d’33, le tram d’33

    3 hirondelles t’ont guidé sur le chemin

    Rien ne te retient, tu as suivi les anges

    Enfant du métro parisien, je viens

    Tiens bon Garçon demain tu seras le roi

    Vois les Français derrière moi, pour toi, juste pour toi.



    Soan, bleus dans l’âme...



    Annick Moreeuw, le 21 février 2010




    Six jours après le séisme qui a frappé Haïti



    Six jours après le séisme qui a frappé Haïti

    L’aide et les secours s’organisent petit à petit

    Comment tenir sans eau, sans nourriture, sans abri

    La terre tremble à nouveau, ils ont tous compris.



    Quelques colis de vivres sont éjectés par avion

    Tandis que d’autres arrivent par camion

    Affamé le peuple se rue sur les cartons

    Mais bien vite dépouillé par ces bandes armées de bâtons.



    Du riz, rien que du riz c’est l’ordinaire des Haïtiens

    Encore s’ils en ont car avec un dollar on a rien

    Les O.N.G. le savent bien mais la sécurité leur fait rebrousser chemin

    Fatiguées par les heures passées dans les ruines, elles se retirent et reviendront demain.



    Chaque jour on sort de sous les gravats des rescapés

    Jeudi une jeune fille de seize ans est retrouvée exténuée

    L’odeur de la mort flotte partout

    Certains mettent le feu aux décombres pour respirer, c’est tout.



    Annick Moreeuw, le 31 janvier 2010




    Très fatiguée, usée



    Très fatiguée, usée

    Je me glisse sur le canapé

    Après mon 3ème café, j’ai la nausée.



    Sweety fait couiner sa carotte

    Coin, coin toujours la même note

    Je vous en prie faites la taire

    Il faut absolument que je prenne l’air.



    Debout j’ai mal au cou

    Mon dos craque de partout

    Chaque jour la même chose

    La douleur jamais sur pause.



    Annick Moreeuw, le 25 janvier 2010




    Fatiguée, épuisée



    Fatiguée, épuisée

    Je ne peux me lever

    Depuis une semaine je me bats

    Contre cette fatigue qui ne me quitte pas.



    Lasse je m’efface

    Un rien me tracasse.



    Dans ma tête ma cervelle

    Pelote de ficelle

    Semble au point mort

    Mon Dieu tout se tord.



    Lasse je m’efface

    Un rien me tracasse.



    Je suis moi qui ne me ressemble pas

    Je suis l’aveugle qui compte ses pas

    Je suis l’handicapée qui fait fuir ses amis

    Je suis l’ « Alzheimertriste » qui a oublié sa vie.



    Annick Moreeuw, le 22 janvier 2010




    Rose mère de famille de 50 ans



    Rose mère de famille de 50 ans

    N’a plus rien pour nourrir ses enfants

    Chaque jour de la semaine elle travaille

    Mais ce n’est pas assez pour élever sa marmaille.



    Parti, son ex lui a laissé les dettes

    Parti, son ex lui a laissé les traites

    Le frigo vide, la lettre de l’huissier

    Rose n’a plus qu’une idée : se suicider.



    Prise à la gorge, elle perd les pédales

    Rose se laisse emporter dans un périlleux dédale

    Une pensée tenaillante la tracasse

    Au petit matin elle fera un casse.



    Le lendemain elle braque sa marchande de journaux

    « Ah ! non. Pas vous » elle appelle la police aussitôt

    Rose hébétée ne se sauvera pas

    Décidée, elle attendra les policiers là.



    Sans rechigner elle se laissera emporter

    Au tribunal elle sera condamnée

    Un an avec sursis, pas de prison

    Plus légère elle regagnera sa maison.



    Annick Moreeuw, le 1er février 2010




    La nuit dans le canapé



    La nuit dans le canapé

    Légers mes rêves, légers

    La nuit dans le canapé

    Mes idées noires envolées.



    Soan m’emmène dans son monde

    Avec Dieu ou Lucifer je plonge

    Son univers chaotique

    Me colle à la peau, mystique.



    Bout à bout les rimes

    Font disparaître ma déprime

    Puis avec lui je me sauve

    Dans son monde sans guimauve.



    Annick Moreeuw, le 26 janvier 2010




    2009 a endossé ses habits de deuil



    2009 a endossé ses habits de deuil

    5, 4, 3, 2, 1, zéro

    2010 sous la neige nous reçoit sur le seuil

    Tandis que 2009, éjecté, quitte ses oripeaux.



    Feux d’artifice, le petit chien a peur

    Les invités poussent des cris de joie

    Les sans abris cherchent un peu de chaleur

    Un litron de rouge leur suffira ma foi.



    Minuit l’heure de s’embrasser sous le gui

    L’heure de passer en revue tous nos voeux

    L’heure de téléphoner aux amis

    Et leur souhaiter ce qu’il y a de mieux.



    Puis les cadeaux on ouvrira

    Mylène si belle dans sa robe de larmes

    Olivia recouverte de chocolat

    Soan de sa voix chaude brise les armes.



    Annick Moreeuw, le 2 janvier 2010




    Le rouge et le noir



    Le rouge et le noir

    Dans le noir je nage

    Dans le rouge je rage

    Le noir couleur du désespoir.



    L’ombre et la lumière

    Jouent de ma détresse

    Plus de jour de liesse

    Devant moi une barrière.



    Pour toujours dans le trou

    Trou, flou éternel

    Pour toujours dans le trou

    Trou, fou artificiel.



    Aujourd’hui lassitude

    Emotion, addiction

    Demain incertitude

    Addition d’émotions.



    Espoirs noyés dans le noir

    Le coeur noyé de pleurs

    Dans le vide ne plus croire

    Douleurs, mauvaise humeur.



    Annick Moreeuw, le 28 décembre 2009




    Petites bêtes de laboratoire



    Petites bêtes de laboratoire

    Mylène veut vous sauver

    Des heures de vie sans gloire

    Mylène va vous extirper.



    Dans vos veines coule le poison

    Qui s’égoutte goutte à goutte

    Corps décharnés envahis de frissons

    Accusée l’humanité voile ses doutes.



    Le miracle est arrivé

    Mylène ouvre leur prison

    Dans le ciel ils vont s’envoler

    Mylène c’est la fin de ta chanson.



    Annick Moreeuw, le 15 décembre 2009




    L’oiseau qui était en moi



    L’oiseau qui était en moi

    M’a quittée pour le ciel

    L’oiseau très loin de moi

    Au soleil s’est brûlé les ailes.



    Avant la vie était belle

    Aujourd’hui seule sans toi

    Ton envol m’a laissé des séquelles

    Et toi, tu n’as plus de toit.



    Ce serait si facile de te remplacer

    Mais sans toi je n’ai plus envie de vivre

    Des oiseaux on en trouve par milliers

    Mais toi l’oiseau tu me laissais libre.



    L’oiseau qui était en moi

    M’a quittée pour le ciel

    L’oiseau très loin de moi

    Au soleil s’est brûlé les ailes



    Le plus difficile c’est de tenir jour après jour

    En pensant que toi tu ne reviendras plus

    Monotone les jours s’effacent tour à tour

    Je sais que je te retrouverai là-haut dans les nues.



    Annick Moreeuw, le 30 décembre 2009




    Au fond de ma cervelle des petits bouts bloqués



    Au fond de ma cervelle des petits bouts bloqués

    Bloc et pinceaux sommeillent dans mon bureau à moi

    A moi je crie à l’aide mais on me dit toquée

    Tocs et tics monopolisent ma petite tête à toi.



    J’aimerais que la vie soit belle

    Blanche comme neige en été

    J’aimerais que la vie soit belle

    Douce comme une tasse de thé.



    J’aimerais que la vie soit belle

    Douce comme neige en été

    J’aimerais que la vie soit belle

    Blanche comme une tasse de thé.



    Emmène-moi.



    Au fond de mes poèmes valsent des morceaux de toi

    Deux toits valent mieux qu’un surtout pour s’abriter

    Abrités mes murs s’écroulent c’est de la faute à moi

    A moi je coule à pic laisse moi t’emporter.



    J’aimerais que la vie soit belle

    Blanche comme neige en été

    J’aimerais que la vie soit belle

    Douce comme une tasse de thé.



    J’aimerais que la vie soit belle

    Douce comme neige en été

    J’aimerais que la vie soit belle

    Blanche comme une tasse de thé.



    Emmène-moi.



    Annick Moreeuw, le 24 décembre 2009




    J’ai failli être femme de rocker



    J’ai failli être femme de rocker

    J’ai failli être femme de bijoutier

    J’ai failli être femme de pharmacien.



    Et bien non !

    Mon choix s’est porté sur un mec moins âgé

    Sans diplôme et fauché

    Cet homme est toujours mon compagnon.



    L’homme que j’ai épousé m’a apporté autre chose

    Après avoir bien trimé dans notre fermette

    Un jour il s’est remis à l’aquarelle

    Puis l’art moderne s’est imposé à lui, un ami en fut la cause.



    Moi qui n’aimais que l’aquarelle

    Peu à peu il m’a fait apprécier cet art qui l’avait conquis

    Des aquarelles dans ma tête il n’en restait que quelques débris

    Bien vite elles sont sorties de ma cervelle.



    La peinture n’a pas besoin d’être belle

    Elle doit nous surprendre, rire ou pleurer

    Elle se doit principalement de nous interloquer

    Si vous avez compris cela … adieu bateaux et hirondelles.



    Annick Moreeuw, le 6 janvier 2010




    L’homme qui dort allongé dans ce lit



    L’homme qui dort allongé dans ce lit

    C’est l’homme que j’aime, c’est mon mari

    Il a subi l’opération d’une hernie ombilicale

    Autour de l’ombilic une cicatrice en éventail.



    Il m’aperçoit et me demande où il est

    « A la clinique lui répondis-je, tu viens d’être opéré »

    Il dit qu’il ne souffre pas, qu’il était au pays des songes

    Puis dans les bras de Morphée il replonge.



    L’après-midi calme, entrecoupé de périodes d’éveil

    Installée dans le fauteuil près de lui je le surveille

    Enfin il émerge et commence à remuer, trop à mon goût

    La plaie se met à saigner, l’infirmier inquiet ? pas du tout.



    Alors je rentre chez nous, je suis Ludo dans la nuit

    Je suis tendue, je n’y vois goutte, la lune luit

    J’appelle Francis, trois fois ils ont refait son pansement

    Sa tension est tombée à 7, sa température à 35, pas évident.



    Plus tard Francis me rassure, sa tension est remontée

    Je vais pouvoir dormir et même peut-être rêver.



    Annick Moreeuw, le 27 novembre 2009




    Vers cette lumière blanche je m’avance



    Vers cette lumière blanche je m’avance

    Le film de ma vie se déroule, l’enfant se balance

    Dans la prairie, je sens une présence

    J’avance pas à pas surtout avec prudence.



    Une voix m’appelle de plus en plus fort

    Décidée, de toutes ses forces elle me vole à la mort

    Je transpire, je respire et reviens à la vie

    J’ouvre les yeux, surprise, je suis dans mon lit.



    L’angoisse m’a quittée et je me sens libérée

    La grande faucheuse ne m’a pas eue et je lui fais un pied de nez.



    Annick Moreeuw, le 5 décembre 2009




    Secrets enfouis



    Secrets enfouis

    Coincés au fond de la vie

    Secrets dévoilés

    S’envolent à tout jamais.



    Si l’homme n’est pas bavard

    Ce n’est pas un hasard

    Stoïque il veut se protéger

    Ainsi que sa famille aimée.



    Je comprends sa discrétion

    Habile dissimulation

    Parfois un léger sourire

    Confirme mes dires.



    Annick Moreeuw, le 3 décembre 2009




    Chaque matin, mal au coeur



    Chaque matin, mal au coeur

    Au bout du chemin un grand bonheur

    Jour après jour rétrécissent mes habits

    Deux mois et demi, déjà mon ventre s’arrondit.



    Francis m’appelle « mon petit tonneau »

    Je grossis, inutile de poser un écriteau

    Dans la rue je marche fière, très fière

    Malgré tous ces kilos je me sens légère.



    Le jour de la Saint Valentin, Ludo montra son bout de nez

    Pour Francis et moi-même c’était le plus beau bébé

    Avec notre fils la vie devint merveilleuse

    Et désormais nous formions une famille heureuse.



    Annick Moreeuw, le 15 novembre 2009




    La grande dame s’offre un brin de toilette



    La grande dame s’offre un brin de toilette

    Sur ses quatre pieds elle s’élance vers le ciel

    Les peintres grimpent vers une autre planète

    Et la recouvriront d’un ton caramel.



    La Tour Eiffel a aujourd’hui 120 ans

    Elle est gracieuse mais approche les 10 000 tonnes

    Elle semble légère mais cependant

    Son maquillage représentera 60 tonnes.



    Les 25 peintres n’ont pas le droit à l’erreur

    Habiles ils se transforment en araignées

    Les touristes stupéfaits cachent parfois leur peur

    Quand de l’ascenseur ils aperçoivent ces hommes s’élancer.



    Pas de rose ni de petits coeurs pour la tour

    Le testament de Monsieur Eiffel doit être respecté

    Elle est chic et le restera pour toujours

    Pour la photo pas de champagne, car digne elle ne doit pas vaciller.



    Annick Moreeuw, le 9 décembre 2009




    Je suis l’absence



    Je suis l’absence

    L’insaisissable

    Je suis l’attente

    L’incontournable.



    Avide du néant

    Je conjugue au présent

    Adepte du maquillage

    Je refuse mon âge.

    Complice de mon corps

    Je joue avec lui sans remords

    Esclave de mes sens

    Je subis ma souffrance.



    Je suis l’absence

    L’insaisissable

    Je suis l’attente

    L’incontournable.



    Annick Moreeuw, le 15 novembre 2009




    La colère gronde en moi



    La colère gronde en moi

    Un mot de travers et j’éclate.



    Un rien m’agace

    Je suis prête à mordre

    La sérénité s’efface

    Dans ma tête le désordre.



    Je me sais en danger

    Mes sentiments se bousculent

    Toujours prête à râler

    J’ai les nerfs en boule.



    Journée où rien ne va

    Envahie par le stress

    Je ne parle pas, ne réponds pas

    Je me pelotonne dans ma détresse.



    Annick Moreeuw, le 15 novembre 2009




    Vivement ce soir que je me couche.



    Annick Moreeuw, le 20 octobre 2009




    Dans la salle d’attente



    Dans la salle d’attente

    Le silence

    Dans la salle d’attente

    La patience.



    Je sonde chaque regard

    Qui se pose sur moi par hasard

    Puis plongée dans mes pensées

    Je me détends les yeux fermés.



    Enfin la voix de Nicolas

    J’espère que vers moi il s’avancera

    Il ne se tourne pas vers moi... zut !

    Encore vingt longues minutes.



    Puis son sourire sur moi se posera

    Sweety me suivrait bien, mais elle ne peut pas

    Dans le bureau s’entame une longue discussion

    Entrecoupée de blancs suivant la situation.



    Annick Moreeuw, le 5 novembre 2009




    Harcelé minute après minute



    Harcelé minute après minute

    Par ces petits chefs toujours en lutte

    L’homme rentre chez lui

    Bien caché derrière son parapluie.



    L’homme de son regard profond

    Scrute hagard l’horizon

    Chaque jour pareil à lui-même

    Se répète, se répète sans cesse.



    Son épouse l’attend avec appréhension

    Elle sait bien qu’il sera sous tension

    Il jettera nonchalamment sa veste sur le fauteuil

    Et illico, dans son lit, ira se coucher seul.



    Annick Moreeuw, le 11 octobre 2009




    Angoisses de la nuit



    Angoisses de la nuit

    Ont dormi dans mon lit

    Mylène blottie sur mes oreilles

    M’a suspendue en éveil.



    Mylène à fond déchaîne la passion

    Puis le sommeil de moi a eu raison

    Ma respiration devient lourde

    Tout le reste me rend sourde.



    Au petit matin prisonnière des draps de soie

    Je ne peux me lever, ma foi

    Bien vite je relève le défi

    La mélancolie a volé ma vie.



    Annick Moreeuw, le 31 octobre 2009




    Nina, Francis et Ludo



    Nina, Francis et Ludo

    Partent pour la Fiac très tôt

    Gentiment je me suis proposée

    De garder Sweety et Youki pour la journée.



    Ouf ! j’ai évité le cauchemar

    La traversée de Paris et ses chauffards

    Ces voitures qui déboitent de partout

    A droite, à gauche, elles nous rendent fous.



    Les petits chiens s’entendent bien

    Nous jouons à la balle dans le jardin

    Aujourd’hui pas de palpitations

    Ce sera une journée télévision.



    Annick Moreeuw, le 25 octobre 2009




    Pour toi Mylène



    Pour toi Mylène

    Pas de bas de laine

    Une robe de mousseline

    En blanc se décline.



    Ton corps de porcelaine

    Coule dans mes veines

    Au creux de moi

    Plane mon émoi.



    Fragile, si fragile

    Je bois tes mots et vacille

    Plongée au fond des draps

    Eclate l’Ave Maria.



    Annick Moreeuw, le 26 octobre 2009




    Vivement dimanche



    Vivement dimanche

    Vole ma robe blanche.



    Vivement le mariage

    Inégalité de l’âge.



    Vivement la naissance

    De notre fils je sens la présence.



    Vivement les vacances

    Les soucis je m’en balance.



    Vivement la retraite

    Champagne on va faire la fête.



    Finalement la vie se consume

    STOP... je sens venir la brume.



    Annick Moreeuw, le 29 octobre 2009




    Sept heures du matin



    Sept heures du matin

    Je m’endors enfin

    Télé et mots fléchés

    M’ont tenue éveillée.



    Lendemain difficile

    Où tout me semble fragile

    Les traits défaits

    Besoin d’être maquillée.



    Puis l’après-midi passe

    En un tour de passe-passe

    Je regagne le lit

    Avec ma petite Sweety.



    Annick Moreeuw, le 1er octobre 2009




    Encore une attaque



    Encore une attaque

    Nous n’irons plus au bal

    Encore une attaque

    Celle-ci te sera fatale.



    Maman te serre les mains

    Comme pour te retenir

    Pour toi plus de lendemain

    Pour toi plus d’avenir.



    Maman ne veut te quitter

    Ton souffle se fait rare

    Pas question de s’en aller

    Dans tes yeux elle lit ton départ.



    Une ultime respiration

    « Odette je meurs. »



    Annick Moreeuw, le 20 septembre 2009




    Dans ma tête



    Dans ma tête

    Tous ces mots

    Dans ma tête

    Tous ces maux.



    Mots fléchés

    Ecorchés

    Mots de passe

    Trépassent.



    Dans ma tête

    Tous ces mots

    Dans ma tête

    Tous ces maux.



    Maux d’estomac

    Bla, bla, bla

    Maux de vivre

    M’enivrent.



    Mots sacrifiés

    Maux étranglés.



    Annick Moreeuw, le 26 septembre 2009




    Dans la verdure du parc de Bondues



    Dans la verdure du parc de Bondues

    Les artistes en nombre sont venus

    L’EAU, LA TERRE, L’AIR, LE FEU

    Les sculpteurs en ont fait un jeu.



    Bidules, énorme tapette à rats

    Se dévoilent à nous pas à pas

    Les enfants très surpris

    S’amusent et rient.



    Soudain le ciel s’embrase

    Rouge, vert, bleu c’est l’extase

    Les feux d’artifice fusent de partout

    Dans quelques minutes ce sera tout.



    Annick Moreeuw, le 4 octobre 2009




    Les vacances se balancent



    Les vacances se balancent

    Au gré du vent

    Sur la plage les enfants sages

    Montent des châteaux de sable.



    Les mamans d’un oeil inquiet

    Surveillent leur progéniture en secret

    D’autres bavardent entre elles

    Mais soudain les nuages les interpellent.



    Bien vite elles rassemblent les petits

    Qui se font prier pour mettre leurs habits

    Les gouttes de pluie se transforment en crachin

    Les rayons de soleil ne reviendront que demain.



    Annick Moreeuw, le 1er septembre 2009




    Les chapelles cachées dans la verdure



    Les chapelles cachées dans la verdure

    Nous offrent encore une belle aventure

    Chaque lieu investi par un artiste

    Se retrouve au milieu d’un jeu de piste.



    Peintures, sculptures animent les vieilles pierres

    Qui sont parfois envahies par le lierre

    Les murs blancs jouent avec l’art contemporain

    Art moderne qui se marie très bien avec l’ancien.



    Grâce à cet événement, les portes s’ouvrent vers l’extérieur

    La curiosité des visiteurs les emmène à l’intérieur

    Quatorze chapelles se font belles chaque année

    Puis en septembre les monuments retrouvent leur sérénité.



    Annick Moreeuw, le 2 septembre 2009




    Dans ce ciel immense



    Dans ce ciel immense

    Je sens la présence

    Des êtres absents.



    Dans ce ciel immense

    Se balancent

    Des enfants.



    Leurs cris m’interpellent

    Me rappellent

    La marelle.



    Leurs cris m’interpellent

    Frêles

    Pêle-mêle.



    Chantez, dansez les petits

    Les oiseaux ont fait leur nid

    Chantez, dansez les petits

    Ils nous emmèneront au paradis



    Annick Moreeuw, le 6 septembre 2009




    Mylène j’ai peur



    Mylène j’ai peur

    Mylène je pleure

    Un trou noir m’étouffe

    Obscurité, bougeoir de mille feux.



    Nos cheveux rouges se mélangent

    Sur ta musique planent les anges

    Ta voix déchire ton absence

    Sans toi rien n’a de sens.



    Mylène j’ai peur

    Mylène je meurs.



    Annick Moreeuw, le 18 juillet 2009




    Par un bel après-midi d’été



    Par un bel après-midi d’été

    Nous prenons la route pour Tournai

    Comme d’habitude nous allons à l’étang

    Dans un site boisé nous côtoyons ses habitants.



    Par-dessus le grillage les enfants jettent du pain

    Canards, pigeons se ruent sur le butin

    Les oies hautaines se détournent

    Car elles préfèrent le maïs bien jaune.



    Après ce petit tour, en ville nous nous rendons

    En passant, bien sûr, par le petit pont

    La grand’ place a sorti ses terrasses

    Pour nous désaltérer nous choisissons les glaces.



    Les petits jouent avec les jets d’eau

    Certains ont amené leurs seaux

    Quant à nous, retour vers Ennevelin

    Où nous nous reposerons jusqu’à demain.



    Annick Moreeuw, le 16 août 2009




    Poussières de lune



    Poussières de lune

    Sable de dune

    Petit prince, roi du désert

    Sans abri, roi de misère.



    Poussières de lune

    Sable de dune

    Dispersés aux quatre vents

    Toile, indispensable paravent.



    Dis, dessine-moi un mouton

    Nous ne ferons plus qu’un.



    Dis, dessine-moi un manteau

    Nous ne ferons plus qu’un.



    Annick Moreeuw, le 13 juillet 2009




    Mal, très mal



    Mal, très mal

    Je me sens si mal

    Compressée par la foule

    Je suis le bateau qui coule.



    Brindille

    Je suis une brindille

    Je m’envole au souffle de l’air

    Mais bien vite me retrouve par terre.



    Mal, très mal

    Je me sens si mal

    Angoissée dans ce monde brutal

    Je titube, la vie cruelle m’avale.



    Annick Moreeuw, le 15 août 2009




    Angoissée



    Angoissée

    Les dents serrées

    Mon être se tord

    Encore et encore.



    Stressée

    Les lèvres collées

    Je creuse mes méninges

    Blanche comme un linge.



    Malmenée

    Le coeur oppressé

    Chahute ma vie

    Sans lui pas de survie.



    Annick Moreeuw, le 30 juillet 2009




    Les années passent



    Les années passent

    Se fracassent

    Un morceau de ma vie

    Dévie.



    Dans mon moi éclate

    Un mille-pattes

    Perdu dans mes songes

    Je plonge.



    L’homme approche

    Je m’accroche

    Rassurée je flotte

    Au gré des notes.



    Annick Moreeuw, le 12 juillet 2009




    Un mouton qui saute la barrière



    Un mouton qui saute la barrière

    Deux moutons qui sautent la barrière

    Trois moutons qui sautent la barrière

    Cent moutons qui sautent la barrière...



    Sautez petits moutons, derrière vous la liberté

    La statue de la liberté ?

    Non !

    Mais la liberté de dire oui ou non.



    Plus ils franchissent l’enclos

    Moins vite je trouve le repos

    Attention au bout de la route, la forêt !

    Là où règne le loup qui va vous dévorer.



    Un mouton qui saute la barrière

    Deux moutons qui sautent la barrière

    Trois moutons.......................



    Annick Moreeuw, le 9 août 2009




    « Maman j’ai peur »



    « Maman j’ai peur »

    « Maman je meurs »

    Les derniers mots d’une mère

    Portant ses quatre-vingts ans, si fière.



    Le silence pesant m’éclabousse

    La beauté maternelle si douce

    Un cri de douleur, le vide dispersa

    « Maman, pourquoi m’as-tu fait ça ? »



    Ton corps de glace j’étreins

    Les mains tremblantes je te retiens

    Là où tu vas règne un roi

    Avec amour, il prendra soin de toi.



    Maman n’aie plus peur.



    Annick Moreeuw, le 23 juillet 2009




    Sur la route qui mène à Faches-Thumesnil



    Sur la route qui mène à Faches-Thumesnil

    Je roule calmement vers la ville

    Soudain c’est le trou noir !

    Où vais-je ? c’est le désespoir.



    Oh oui ! c’est cela. Je vais chez le coiffeur

    Mais où ? en moi couve la peur

    Je me dirige vers V2 ou Faches ?

    Quelques secondes d’affolement... c’est Faches.



    Cette situation me déstabilise

    Je suis l’avion qui cherche ses balises

    Perdu comme le Parkinsonien

    Effrayé, qui ne reconnaît plus les siens.



    Annick Moreeuw, le 10 juillet 2009




    Chaque jour les angoisses



    Chaque jour les angoisses

    M’étouffent et me froissent

    Ma vie chiffonnée

    Me fait un pied de nez.



    Dans mon coin je m’isole

    Comme les enfants à l’école

    La respiration haletante

    Des diables noirs me hantent.



    Entre le gris et le noir

    Navigue mon désespoir

    Pas de bleu à l’horizon

    Je resterai à la maison.



    Annick Moreeuw, le 2 août 2009




    54 apnées par heure



    54 apnées par heure

    Cette situation abîme son coeur

    Depuis trois ans l’homme et sa machine

    Ne font plus qu’un, triste mine.



    Chaque nuit harnaché pour dormir

    La soufflerie l’empêche de la maintenir

    Il peste, rage et finit par l’enlever

    Enfin libre, il s’endormira libéré.



    Annick Moreeuw, le 7 juillet 2009




    Cinq minutes dans la piscine



    Cinq minutes dans la piscine

    Oppressée je me débine

    L’eau à vingt huit degrés

    Me semble pourtant glacée.



    Allongée dans la chaise longue

    Je regarde Francis qui plonge

    Seuls dans cet endroit si calme

    Baignades, coups de soleil au programme.



    Sweety en profite et s’éclipse

    Dans la nature elle se glisse

    Je scrute le paysage inquiète

    Pour aujourd’hui adieu la sieste.



    Annick Moreeuw, le 6 juillet 2009




    Encore ces angoisses



    Encore ces angoisses

    Qui ne me quittent pas

    Mon sourire elles froissent

    J’avance à petits pas.



    Une boule de nerfs se pelotonne

    Au creux de mon estomac

    Au fond de moi l’orage tonne

    Dans mon esprit s’installe le coma.



    J’abandonne stylos et pinceaux

    Toute blanche restera ma page

    Mes idées en mille morceaux

    Bien serrées au fond d’une cage.



    Annick Moreeuw, le 24 juin 2009




    Un, deux, trois



    Un, deux, trois

    L’eau bleue de la piscine

    Un, deux, trois

    M’attire et me fascine.



    Quatre, cinq, six

    Je trempe le bout des pieds

    Quatre, cinq, six

    Assise sur le marchepied.



    Sept, huit, neuf

    Je me glisse en douceur

    Sept, huit, neuf

    Le froid m’envahit, farceur !



    Dix, onze, douze

    L’angoisse me surprend

    Dix, onze, douze

    La clef des champs je prends.



    Annick Moreeuw, le 12 juin 2009




    L’homme est en vie



    L’homme est en vie

    Son ombre le suit

    L’homme est en vie

    Mais sa nuit il poursuit.



    L’homme subit sa dépression

    Il n’a plus d’ambitions

    La peinture devient difficile

    Dans sa tête rien n’est facile.



    L’homme soudain se réveille

    Il reprend la toile abandonnée la veille

    Ses pinceaux s’habillent de mille couleurs

    Bien vite le peintre oublie sa douleur.



    Annick Moreeuw, le 29 mai 2009




    Chaque matin sur la balance



    Chaque matin sur la balance

    Je surveille ce poids qui m’obsède

    Aujourd’hui, jour de chance

    En moins, la barre de la veille cède.



    Quarante quatre kilos

    L’aiguille me rassure

    Quarante trois kilos

    Pas un de moins c’est sûr.



    La détermination de Nicolas

    Freine efficacement ma chute

    Ce matin les pains au chocolat

    Annihileront ma descente en parachute.



    Annick Moreeuw, le 23 mai 2009




    A nouveau l’angoisse m’avale



    A nouveau l’angoisse m’avale

    Je piétine comme un vieux cheval

    Le coeur serré dans un étau

    La tête assaillie de coups de marteau.



    Je suce mon pouce tel un bébé

    Le néant malfaisant m’a absorbée

    Sous mon crâne tout se brouille

    Mes pensées partent en vadrouille.



    Annick Moreeuw, le 3 juin 2009




    La femme de ménage



    La femme de ménage

    A un certain âge

    Toujours en retard

    Elle s’y met dare-dare.



    La femme de ménage

    Au travail s’engage

    Les cuivres elle astique

    Les tomettes encaustique.



    La femme de ménage

    Aime le bavardage

    Et quoi que j’y fasse

    Comme une pie jacasse.



    Annick Moreeuw, le 17 mai 2009




    L’ombre couchée soudain s’efface



    L’ombre couchée soudain s’efface

    Plus de visage dans la glace

    Ton amour n’a pu me retenir

    Je ne suis plus qu’un souvenir.



    Les images blotties dans ta mémoire

    Se refléteront sans cesse dans ton miroir

    Emprisonnée dans mon nuage blanc

    J’appellerai mon prince charmant.



    Puis la pendule s’arrêtera

    Pressée, je t’attraperai par le bras

    Je te ferai découvrir ce paradis sans fin

    Et désormais, nous ne ferons plus qu’un.



    Annick Moreeuw, le 1er juin 2009




    Les fillettes de Kinshasa



    Les fillettes de Kinshasa

    Ne font pas des entrechats

    Pour vivre elles vendent leur corps

    Ceci dans un terrible décor.



    12, 13, 14 ans ce sont déjà des femmes

    Elles traînent la nuit dans des endroits infâmes

    Chaque soir les soldats sans scrupules les violent

    Une mort terrible, à chaque fois les frôle.



    Une sur trois a déjà un bébé

    Un fardeau dans leur vie perturbée

    Couchées à même le sol, domaine des serpents

    C’est du jeu du hasard que leur avenir dépend.



    Annick Moreeuw, le 19 mai 2009




    Je cherche les mots dans ma tête



    Je cherche les mots dans ma tête

    Les maux de tête m’entêtent

    Allongée les yeux clos

    Enfin je trouve le repos.



    Au fond de moi se dessine

    Le poème qui s’anime

    Il réveille mon corps

    Et mon être se tord.



    Mes pensées s’affolent

    Mes idées s’envolent

    Sur le papier elles se couchent

    Vite, vite je dois prendre ma douche.



    Annick Moreeuw, le 7 mai 2009




    Joli mois de mai



    Joli mois de mai

    Tu nous offres ton muguet

    Sa hampe parfaite fait tinter ses clochettes

    Et pour chacun c’est un jour de fête.



    Dans la ville l’homme défile

    Il fait beau, le parapluie est inutile

    Chaque groupe scande sa chanson

    Puis le refrain est repris à l’unisson.



    Au bout de trois heures la foule s’éparpille

    Et beaucoup quitteront la ville

    Mais les casseurs sont bien là

    Et derrière eux laisseront beaucoup de dégâts.



    Annick Moreeuw, le 3 mai 2009




    Peur du lendemain



    Peur du lendemain

    Peur de la mort sans fin

    Pour qu’elle ne m’emmène pas dans les nuages

    Pour elle je cache mon visage.



    Je longe les murs et deviens invisible

    Du moins je le crois et c’est si facile

    Il me reste de bonnes années à vivre

    Je veux les avaler jusqu’à en être ivre.



    La mort joue à colin maillard

    Tombera-t-elle sur le clochard

    Ou sur l’enfant kidnappé

    Dans la cave bien caché.



    Annick Moreeuw, le 4 mai 2009




    J’ai pas décroché la lune



    J’ai pas décroché la lune

    Ma vie avance à petits pas

    J’ai pas décroché la lune

    Et le soleil ne viendra pas.



    Pour toi j’ai employé la plume

    Pour te dire ce qui ne va pas

    Pour toi j’ai employé la plume

    Les mots s’inscrivent pas à pas.



    Toi et moi avons pris l’habitude

    Des silences qui ne s’échappent pas

    Toi et moi avons pris l’habitude

    Ces instants ne s’effaceront pas.



    Annick Moreeuw, le 11 avril 2009




    L’angoisse m’oppresse



    L’angoisse m’oppresse

    Le stress me froisse.



    La tête vide

    Livide s’entête.



    Le coeur serré

    Inséré de rancoeur.



    L’être survit

    Sourit peut-être !



    Annick Moreeuw, le 2 avril 2009




    L’angoisse m’oppresse



    L’angoisse m’oppresse

    Le ciel est gris tristesse

    La vie déchirée en petits bouts

    Se précipite dans un énorme trou.



    Je respire mal

    C’est infernal

    Au fond de moi

    Tout est émoi.



    Mon coeur palpite

    Soudain j’hésite

    Vais-je me lever

    Ou rester couchée ?



    Annick Moreeuw, le 1er mars 2009




    Le ciel bleu annonce le Printemps



    Le ciel bleu annonce le Printemps

    Cette année il était temps

    Les perce-neige toujours premières

    Précèdent les jonquilles droites et fières.



    Les oisillons serrés dans leur nid

    Affamés poussent de petits cris

    La mère leur apporte de petits vers

    Tandis que le père surveille par derrière.



    Dans la pelouse les pâquerettes

    Déploient leurs fleurs, c’est la fête

    Les enfants jouent à colin-maillard

    Puis ils rentreront car il se fait tard.



    Annick Moreeuw, le 16 mars 2009




    Penser qu’à dormir



    Penser qu’à dormir

    Envie d’en finir

    Rester dans son lit

    Jusqu’au bout de la vie.



    Les soucis m’envahissent

    Les cheveux blanchissent

    Au fond de moi résonne

    Ce cœur qui frissonne.



    Mes pinceaux desséchés

    Ne frôlent plus le papier

    A quoi ressemblera demain ?

    Un jour sans lendemain...



    Annick Moreeuw, le 20 février 2009




    Un peu de ménage, une éponge



    Un peu de ménage, une éponge

    Mais une pluie de larmes

    Tout à coup me désarme

    Au fond du lit je plonge.



    Collée sur l’oreiller

    Je ne veux plus penser

    J’ai une fêlure en moi

    Je porte mon chemin de croix.



    Le vide avide

    M’attire sans cesse

    Je vis dans la détresse

    Peu à peu je m’enfonce dans le vide.



    Annick Moreeuw, le 16 février 2009




    Un flot de pleurs



    Un flot de pleurs

    Mon moi m’écoeure

    A petits pas

    La vie s’en va.



    Pot de fleurs

    Sans odeur

    Lé de taffetas

    Sans tralala.



    Nuits de douleurs

    Bercent mon coeur

    Papa ! Papa !

    Es-tu là ?



    Annick Moreeuw, le 2 février 2009




    La moindre pensée



    La moindre pensée

    Déclenche les pleurs

    Mon corps offensé

    Clame sa douleur.



    La mélancolie

    Peu à peu me détruit

    Plus d’espoir

    Un trait noir.



    Mon âme désespérée

    Attise les peurs

    Mes membres recroquevillés

    Se meuvent avec lenteur.



    Annick Moreeuw, le 25 janvier 2009




    Le temps passe



    Le temps passe

    Tout s’efface

    Je m’enfuis

    Loin du bruit.



    Mon image

    Trépasse

    La vie

    Me fuit.



    Dans les nuages

    Je m’évade

    Je prie

    Tout est fini.



    Annick Moreeuw, le 15 janvier 2009




    Mettre à nu mes pensées



    Mettre à nu mes pensées

    Est-ce une bonne idée ?

    Dans mon coeur les démons

    Font pleurer les violons.



    Mes os chantent l’abandon

    Au loin de moi l’horizon

    Défigure ma vie passée

    Et l’efface à tout jamais.



    Annick Moreeuw, le 13 janvier 2009




    Devant mon miroir



    Devant mon miroir

    Un trou noir

    J’ouvre les rideaux,

    Derrière, les barreaux.



    Aurore boréale

    Un ciel pas banal

    La tempête magnétique

    Crée un choc électrique.



    Soudain dans la nuit

    Un diable me poursuit

    Il fait de mon corps

    Un tas de bois mort.



    Annick Moreeuw, le 20 janvier 2009




    La tristesse, le mal-être à nouveau reparus.



    La tristesse, le mal-être à nouveau reparus.

    L’angoisse m’étouffe, coulent les larmes

    Chaque effort effacé, disparu

    Petit à petit le corps a rendu les armes.



    L’âme inerte, brisée en mille morceaux

    La nuit me garde dans ses bras serrés.

    La lune blanche m’éclaire de ses mille faisceaux

    Et laisse ma chair blessée à jamais lacérée.



    Dis-moi Dieu si tu veux m’emporter

    Ou me laisser ici-bas déchirée.

    L’aube livide laisse mon esprit douter

    Mais l’arrivée des miens me secoue, me voici rassurée.



    Annick Moreeuw, le 27 mai 2007




    Nuit sans sommeil - Trois heures au réveil



    Nuit sans sommeil

    Trois heures au réveil

    Nuit sans sommeil

    Chaque jour c’est pareil

    Nuit sans sommeil

    Tout mon corps en éveil

    Nuit sans sommeil

    Mon esprit est en veille

    Nuit sans sommeil

    Le ciel noir me surveille

    Nuit sans sommeil

    Tout à coup le soleil

    Nuit sans sommeil

    Laisse apparaître le ciel.



    Annick Moreeuw, le 4 mai 2007




    Page blanche



    Page blanche

    Blanche est ma page

    L’encre de mon stylo s’épanche

    Quelques mots, une image.



    Dieu que c’est difficile

    D’écrire l’esprit vide

    La vie pas facile

    De tristesse avide.



    Tout s’est envolé

    Reste la page vierge

    Les doigts recroquevillés

    Blanchâtres comme des cierges.



    Annick Moreeuw, le 21 mai 2007




    Je n’ai pas peur de mourir



    Je n’ai pas peur de mourir

    J’ai peur de vivre.



    Annick Moreeuw, le 21 mai 2007




    Encore une journée presque terminée



    Encore une journée presque terminée

    J’écris mes poèmes dos à la cheminée

    Le bois crépite, gare aux tisons ardents

    Qui pourraient tout brûler dehors ou dedans.



    A l’extérieur le soleil brille, mais le vent cinglant

    Refroidit mon corps au rythme si lent

    J’hésite un moment, vais-je me promener ?

    Non, dans mes rêves fous je m’en vais flâner.



    Mon stylo dessine des mots tremblants

    Mais sur ma page apparaît des blancs

    Sur le canapé je vais me glisser

    Dans une banale soirée je vais m’enfoncer.



    Annick Moreeuw, le 5 avril 2007




    Rêve fou où des êtres frivoles



    Rêve fou où des êtres frivoles

    Pas à pas sur la toile s’étiolent

    Les mots eux restent bien collés

    Et le matin je peux les installer.



    Les installer sur ma page blanche

    Et oui aujourd’hui nous ne sommes pas dimanche

    Les mots eux jouent à saute-mouton

    Devant, derrière ou dans le peloton.



    Dans le peloton un mot va s’échapper

    « Amour » petit ou grand il va nous frapper

    Les mots eux s’inscrivent d’une telle façon

    Qu’ils décrivent l’Histoire, c’est une belle leçon.



    Annick Moreeuw, le 5 avril 2007




    Nuit à demi effacée, saccadée



    Nuit à demi effacée, saccadée

    J’avale Mylène à pleine tête

    Mon corps tout entier est en fête

    Tournoie, virevolte, déhanché.



    La mélancolie, mon être a réveillé

    Sa voix frêle, légère, m’entête

    Les yeux clos, la mine défaite

    Ecoute à pleine gorgées ses sonnets.



    Papa Noël est déjà passé

    Dans mon CD il s’embête

    Seul, enfermé chante à tue-tête

    Et se noie parmi ses paquets.



    Annick Moreeuw, le 22 janvier 2007




    Nuit sans sommeil - Le tic-tac me réveille



    Nuit sans sommeil

    Le tic-tac me réveille

    Nuit sans sommeil

    Les lucioles m’émerveillent

    Nuit sans sommeil

    Tous les êtres sont pareils

    Nuit sans sommeil

    La douleur m’éveille

    Nuit sans sommeil

    Je plonge comme l’abeille

    Nuit sans sommeil

    Je ne veux pas devenir vieille.



    Annick Moreeuw, le 26 avril 2007




    L’ombre glisse sur mon corps



    L’ombre glisse sur mon corps

    Sur mon corps glissent les mots

    Les mots glissent sur le papier

    Sur le papier glisse la plume.



    L’ombre envahit le ciel bleu

    Le ciel bleu envahit notre coeur

    Notre coeur envahit le songe

    Le songe envahit les êtres.



    L’ombre avance à petits pas

    A petits pas avance le vieillard

    Le vieillard avance vers la mort

    La mort avance jusqu’à nous.



    Annick Moreeuw, le 3 juillet 2007




    Je taquinerai mes jours et mes nuits



    Je taquinerai mes jours et mes nuits

    De mes angoisses et mes ennemis

    Mes larmes creuseront mes joues

    Brillantes parsemées de bijoux.



    Envie de sourire et vivre

    Mais n’ai envie que de mourir.



    Je traverserai mes nuits et mes jours

    Où les diables me diront « Bonjour ! »

    Je récolterai mes larmes de pluie

    Tombées goutte à goutte de mon parapluie.



    Envie de sourire et vivre

    Mais n’ai envie que de mourir.



    Annick Moreeuw, le 15 août 2007




    abstraction
    Sans titre 10
    Gouache sur papier 60x42
    Gouache peinte en septembre 2008
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    portrait gouache
    Sans titre 11
    Gouache sur papier 60x42
    Gouache peinte en octobre 2008
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    fleurs gouache
    Sans titre 12
    Gouache sur papier 65x50
    Gouache peinte en mars 2008
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