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Musée des arts décoratifs, ParisExposition du 18 février 2010 à novembre 2011
Sauvage ou domestiqué, l’animal constitue, depuis les origines, une source
d’inspiration pour l’homme. Des parois des grottes préhistoriques aux créations
contemporaines les plus déconcertantes, sa représentation est omniprésente.
Craint, respecté, exploité, anéanti, chéri, divinisé, l’animal hante l’homme, incarnant
toutes les nuances du bien et du mal.

Manteau de chien, Karl Lagerfeld, 1987 © DR
Les animaux sont bien sûr avant tout un motif iconographique, dont le plus
connu dans l’art décoratif est celui des singeries. Mais les matières animales,
laine soie, fourrures et peaux, plumes, nacre, os, galuchat... sont également
utilisées, transformées, pour concourir à l’embellissement des objets. Parfois
c’est la forme de l’animal qui s’adapte à celle de l’objet, ou même l’engendre :
les poignées ou les becs verseurs ; la terrine destinée à recevoir un pâté de
volaille se pare des atouts de la perdrix ou du dindon ; sans oublier le boa, qui
donne son nom à un accessoire de mode.
L’animal est par ailleurs chargé d’une force symbolique à laquelle ont bien sûr
recours les affichistes et les publicitaires, comme la marque Peugeot qui associe ses
voitures à la puissance du lion. Mais aussi la fidélité du chien, l’érotisme et la duplicité
du serpent, la souveraineté de l’aigle...
Du sphinx aux sirènes, en passant par les griffons, chimères, dragons, hydres et
licornes, les animaux imaginaires, eux aussi, n’ont cessé d’inspirer les créateurs, donnant
naissance aux objets les plus étonnants.

Lithographie couleur, Maggi, M.Sepo, Idéa Créations, 1931 © Jean Tholance
L’animal matière
Laine, soie, fourrures et peaux, plumes, nacre, os, cire ou galuchat… L’homme
a toujours cherché à assujettir l’animal allant jusqu’à utiliser sa substance
même. De cette exploitation, sont nés des métiers et savoir-faire en voie de
disparition tels le tabletier, le plumassier ou le sellier. Chaque matériau apporte
à des degrés divers, embellissement,
préciosité, voire originalité, quand l’artiste
l’emploie là où on ne l’attend pas.
L’animal parure
Si la fourrure constitua pour les premiers hommes une matière qui les protégea du
froid, elle symbolisa très vite richesse et pouvoir. Lorsqu’une femme porte un
manteau de panthère ou une fourrure
d’ours blanc, elle se glisse littéralement
dans la peau de la bête affichant
inconsciemment ou non une forme
d’animalité.
L’animal forme
Le corps de l’animal se révèle une source inépuisable d’adaptations aux objets de
notre quotidien. Le mobilier, les arts de la table en
exploitent les nombreuses possibilités. Certains artistes empruntent à l’animal
son corps entier, comme le serpent dont la sinuosité s’adapte parfaitement
aux anses, poignées ou becs verseurs.
D’autres utilisent leurs pattes comme
pieds de meubles ou pour des
chaussures.
L’animal décor ou des corps ?
Du réalisme le plus poussé à la stylisation la plus épurée, l’animal se
décline au gré des courants artistiques et sur les supports les plus variés. On
discerne ainsi le goût pour les statuettes animalières en porcelaine au XVI e
siècle ou le naturalisme du XIX e siècle incarnés par les bronzes du sculpteur
Barye. Ces corps devenus décors réaffirment la suprématie de l’homme sur le vivant.
L’animal miroir de l’Homme
L’homme a cherché à humaniser l’animal lui prêtant ses propres traits
de caractère : bêtise, fierté, arrogance, ruse, fidélité... Parmi tous les symboles
et allégories, l’animal est une image forte à laquelle l’homme fait référence.
La publicité offre dans ce domaine de beaux exemples où l’animal « singe »
l’homme. Quelques spots publicitaires révèlent également l’animalité qui
réside au coeur de l’homme renvoyant
aux forces du désir, aux passions et aux
intérêts.
L’animal chimère et mutant
L’animal peuple aussi nos rêves. Fantastiques, nés des relations complexes
entre l’homme et l’animal, ces êtres imaginai res, f rui ts de sent iment s
aussi divers que la haine, la crainte, l’admiration ou la passion associent le
plus souvent certaines caractéristiques comportementales dans le but de susciter
peur ou respect. Du légendaire sphinx à
l’animal protéiforme en passant par les
griffons, dragons, licornes, il alimente la
créativité des artistes.
L’animal mon héros
Tour à tour héros du monde de l’enfance et des adultes, qu’ils soient familiers
ou exotiques, inoffensifs ou féroces, les animaux sont devenus les personnages
principaux des dessins animés, bandes dessinées ou spots publicitaires, élevés
au rang de stars. Félix le chat, Babar, Donald ou la vache qui rit sont ainsi
révélateurs de la place de choix faite à l’animal dans notre société de l’image
allant jusqu’au monde virtuel des jeux vidéos et autres Tamagotchis où la
relation homme-animal reste la question essentielle.
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