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Musée des arts décoratifs, ParisExposition du 10 décembre 2009 au 9 mai 2010
"Les personnages sont pensés de manière à offrir des possibilités d’histoires infinies. Leurs traits et expressions sont volontairement neutres pour permettre aux enfants de choisir et d’imaginer le caractère et l’humeur de chaque personnage" Hans Beck.

De gauche à droite : Chevaliers, 1977 ; Garde du roi, 2000 ; Chevalier d’or, 2004
© geobra Brandstätter, Photo Hans Georg Merkel, en collaboration avec le Musée Historique
Pfalz à Speyer, Allemagne
Il était une fois Playmobil retrace à travers quatre grands univers l’aventure de la célèbre figurine devenue en quelques décennies l’un des jouets les plus répandus en France. Depuis sa création, ce petit personnage a évolué en s’adaptant à la vie contemporaine tout en respectant les mondes dans lesquels se projettent les enfants. La galerie des jouets du musée des Arts décoratifs propose ainsi de faire côtoyer cavaliers d’hier et d’aujourd’hui, pirates et vikings, de réunir la faune sauvage et domestique, de restituer l’univers du cirque et de raconter la vie de la maison. Des milliers de personnages seront mis en scène dans des décors spécialement réalisés par Playmobil.
Le premier personnage de la marque naît en 1974 et révolutionne le jouet. Avant cette date, les figurines étaient le plus souvent en plomb, en papier, en aluminium peint et en plastique. Elles
étaient surtout figées dans une attitude ou un mouvement, les pieds moulés dans
un socle pour leur permettre de tenir debout. Soldats, cow-boys et Indiens,
joueurs de foot, de rugby ou cyclistes incarnaient des univers essentiellement
guerriers ou sportifs. Les enfants d’alors organisaient leurs armées ou leurs
équipes, imaginaient leurs combats ou leurs matchs et restituaient ainsi un
moment de l’histoire.
En proposant une nouvelle figurine, Hans Beck invente aussi une nouvelle
manière de jouer. Designer pour l’entreprise allemande Geobra Brandstätter qui conçoit des jouets et des produits de loisirs en plastique, il doit imaginer des articles moins volumineux et moins coûteux
afin de faire face à la crise pétrolière. C’est alors qu’il met au point une
idée de jeu complètement inédite : un petit personnage de 7,5 cm de
haut, parfaitement adapté à la main de l’enfant, aux bras et aux jambes
articulés et accompagné d’accessoires. La simplicité de son visage et son regard
rond s’animent d’un très léger sourire. Le succès est immédiat auprès des
enfants. En effet, pour la première fois, la figurine permet un système de jeu de
rôle. Dans la main de l’enfant, ils s’animent et
deviennent interchangeables à volonté. C’est le fantastique pouvoir d’imagination et
la diversité des accessoires qui permettent à l’enfant de recréer un éventail infini de
situations.

Circus Oliver, coll. Oliver Schaffer, vue de l’exposition, Photo Luc Boegly
Les premiers univers imaginés recouvrent trois grands thèmes : les ouvriers de
chantier, les indiens et les chevaliers. Rouges, jaunes, verts, bleus ou blancs,
ils sont reconnaissables à leurs attributs : casque, échelle, pioche, balai et râteau pour
l’ouvrier par exemple. Le cheval, la coiffe à plume, la lance et les bracelets permettent
d’identifier l’indien. Le chevalier se distingue par son épée, sa cape et sa couronne.
Au fil du temps, ces personnages sont de plus en plus accessoirisés. Chaque
univers Playmobil est conçu avec beaucoup d’attention. Le travail de recherche est
inspiré par les enfants qui envoient chaque jour des dessins à l’entreprise et qui, par
leur vision du monde, aident Playmobil à concevoir de nouveaux accessoires et de
nouveaux thèmes. De nombreux métiers (pompier, fleuriste, marchande de quatre
saisons, garagiste, cycliste...), les activités de loisirs et les vacances (à la montagne
comme à la mer), les transports en commun, le monde de l’hôpital, celui du cinéma,
les princesses, les civilisations anciennes comme l’Égypte antique ont vu le jour de
cette manière et donné naissance à quelque 650 types de personnages différents.
Avec plus de 2,2 milliards de personnages produits, Playmobil est aujourd’hui l’un des
plus grands fabricants de jouets en Europe. La figurine est devenue un «mythe» qui
se transmet désormais d’une génération à l’autre.
L’exposition invite parents et enfants à remonter le fil du temps et à partager les
souvenirs de jeux. Accueillis par des grands personnages Playmobil, ils retrouveront
les mondes les plus emblématiques de la marque : les conquérants qui réuniront
dans la première vitrine les chevaliers, les pirates et les Vikings ; le monde du
cirque occupera à lui seul la seconde vitrine ; le vaste univers des animaux
qui mêle le zoo, la ferme, l’arche de Noé et le safari dans la troisième. La
dernière vitrine sera consacrée à la vie domestique avec les premières maisons
et leurs intérieurs.

Les pirates, 1990-2000, vue de l’exposition, Photo Luc Boegly
Toutes les générations Playmobil s’y mélangeront. Du premier chevalier
au cavalier vêtu de son armure dorée, ornée de plumes et d’armoiries ; de la
première dame en tunique courte à la femme d’aujourd’hui à la silhouette
galbée portant collier et débardeur.
Aux côtés de ces grandes reconstitutions, d’autres univers insisteront sur l’attention
de la marque pour les détails qui ont conduit les personnages à toujours
s’adapter aux attentes des enfants. Ils seront présentés de manière à suivre et
à comparer leur évolution chronologique. Le policier qui apparaît en 1976 en est
un parfait exemple. A l’origine vert comme le policier allemand, il changera
de couleur afin de correspondre à celle de chacun des pays et deviendra bleu
avec tous les codes de l’uniforme pour le marché français ; ses accessoires se
modernisent, sa veste et son képi aussi.
La salle multimédia de la galerie des jouets sera l’occasion pour le visiteur
de s’arrêter sur l’histoire de la société Geobra qui deviendra Playmobil. Des
films publicitaires, les catalogues de vente depuis 1979, les films sur la
fabrication des Playmobil dans les usines seront autant de documents qui racontent
l’histoire de cette maison de jouets.
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