Autre pareil est une exposition imaginée, conçue et réalisée par l’artiste Philippe Richard sur une invitation de Aude
Cordonnier, directrice du musée des Beaux-Arts et du LAAC à Dunkerque.
L'exposition Autre pareil est né d'une idée commune. Il y a l'envie d'une rencontre, d'un échange, d'un
partage. L'idée de Aude Cordonnier était très simple : il s'agissait de demander à Philippe
Richard de poser un regard singulier sur les collections des deux musées et d'en faire une
exposition, l'artiste installant ou créant des oeuvres en contrepoint ou en écho aux oeuvres
choisies.
Philippe Richard a fait le choix de s'engager dans une réflexion sur la question de l'altérité. Pour lui,
une oeuvre intéressante est toujours un objet qui résiste, non identifié, étrange, éventuellement
menaçant.
L'exposition occupe tout l'espace du musée des Beaux-Arts de Dunkerque, les salles
d'exposition mais aussi l'étage utilisé pour les réserves visitables.
Derrière chaque oeuvre, chaque objet, il y a des personnes, des gens qui les ont créés,
imaginés, construits, des gens qui les ont utilisés, des gens qui ont été représentés.
Regarder une oeuvre, c'est engager une rencontre. Philippe Richard a cherché du côté du
voyage, de l'Odyssée, d'Ulysse. Il a entrevu une déambulation particulière, une dérive,
transformant l'espace du musée en un long parcours autant physique que mental, imaginant
Stephen Dedalus, personnage principal d'Ulysse de James Joyce zigzaguant, tentant de rentrer
chez lui.
La construction de ce projet est basée sur des intuitions et sur des questions concrètes qui
constituent autant de fils et de lectures possibles. Une salle est un chapitre d'une histoire non
encore écrite. Les oeuvres exposées se répondent les unes les autres, autant dans l'espace des
salles que dans la mémoire du visiteur, une oeuvre d'une salle se trouvant liée avec une autre,
vue ou aperçue auparavant lors de la visite d'une autre partie de l'exposition. La lecture se veut
multiple, adaptée aux intérêts de chacun.
Il y a par exemple la présence récurrente des animaux. On les retrouve partout, représentés
dans des peintures, sculptés dans des matériaux les plus divers, empaillés (ces derniers
proviennent de la collection d'histoire naturelle). Leur présence nous surprend d'autant plus
qu'ils ont parfois l'air de déambuler eux aussi dans le musée. Certains se sont bien installés,
occupent le terrain.
Outre celle de l'altérité, la question principale consiste à chercher une forme. Une forme qui,
telle une énigme, en appelle une autre et une autre encore.
Aussi, Philippe Richard a entrepris la construction de neuf objets se trouvant dans les neuf
salles d'exposition. Ces oeuvres de tailles modestes (des structures cubiques de 60 cm de côté)
se retrouvent exposées avec les objets de la collection. Elles fonctionnent comme la solution de
l'énigme, du rébus, de la question. Elles sont à la fois l'introduction et la conclusion d'un
chapitre. Ces neuf structures peintes se retrouvent agrandies sur les façades du musée et des
bâtiments alentour. Elles sont les signes annonciateurs du projet et la solution des questions
posées à l'intérieur.
Ce projet propose plusieurs formes d'intervention. Il y a le regard de l'artiste sur les collections
des musées de Dunkerque, puis la relation de celles-ci avec son propre travail, enfin Autre
pareil accueillera les oeuvres d'artistes invités. Au sein de l'exposition, une salle sera consacrée
à des interventions plus éphémères. À la fois cabinet de curiosités et d'arts graphiques, cet
espace, nommé Pélagiques permettra de lier l'exposition à l'événement Dessiner, tracer présent
dans de nombreuses institutions de la région Nord - Pas de Calais. Il permettra par ailleurs de
rendre ce projet plus vivant. Pendant le temps de l'exposition, cinq propositions seront faites au
public, chacune ayant son propre rythme et son propre vernissage.
Derrière chaque visiteur, il y a un Ulysse potentiel. Chacun fera son propre voyage. Ce sera
peut-être une nouvelle manière de comprendre le territoire, de s'approcher de l'autre, de le
rencontrer.
Afin de mettre en place les bases de ce projet, Philippe Richard a travaillé en étroite
collaboration avec les membres de l'équipe du musée.