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Publié dans Vanity Fair, en juin 1922, Man Ray gagne sa vie en réalisant des photographies de mode pour le couturier Paul Poiret ou des portraits d’esthètes argentés et d’aristocrates dans un studio sommaire qu’il installe rue Campagne-Première, dans le quartier d’Eugène Atget.
La même année, Man Ray découvre la rayographie et ses premiers rayogrammes paraissent en décembre dans Champs délicieux, un album de douze rayographies préfacé par Tristan Tzara. Le rayogramme ne propose pas une représentation de l’objet. Il s’attache, par le seul jeu de l’ombre et de la lumière, à en dégager la structure et les lignes de force.
Des assistants de grand talent le secondent, notamment sa compatriote Berenice Abbott de 1923 à 1925, puis le surréaliste Jacques-André Boiffard de 1924 à 1929, l’Anglais Bill Brandt de 1929 à 1930 et enfin Lee Miller, un mannequin qui devient son modèle, son assistante puis sa compagne.

Man Ray réalise son premier film intitulé "Retour à la raison" en 1923. Il expose ses rayographies à l’International Exhibition of Modern Art de 1926, au Brooklyn Museum. En 1929, l'artiste expose à Chicago, Stuttgart et Paris et découvre la solarisation.
Il participe à l‘exposition Minotaure au palais des Beaux Arts de Bruxelles en 1934. L’année suivante, le Museum of Modern Art de New York, lui achète trois rayographies, puis une quatrième en 1936, suite à l’exposition Fantastic Art Dada Surrealism.
En 1937, Man Ray participe à l’Exposition Internationale du Surréalisme à la galerie des Beaux Arts. Afin d’échapper à la seconde guerre mondiale, il fuit la France pour les États-unis en 1940.
En 1946, Man Ray réalise son alphabet rayographique. En 1951, il retourne définitivement à Paris.
Pour souligner son rôle de créateur d’images, Man Ray se dit "fautographe" : il détourne en effet la photographie de ses définitions premières. Il photographie sans appareil et invente les "rayographies", il pratique le tirage en négatif de l’image positive, il donne à ses oeuvres, grâce à des techniques mécaniques, l’apparence de bas-reliefs par la superposition légèrement imprécise d’un négatif et d’un positif, ou de dessins au fusain, par obtention, au moyen de la solarisation, d’un contour noir qui souligne la silhouette.
Pour Man Ray, seuls comptent l’oeil et l’idée, la technique et l’instrument pour atteindre son but n’étant qu’accessoires. Man Ray tient en effet à prouver que son médium est aussi riche que la peinture : c’est ce qui a conduit André Breton à le surnommer "l’homme à tête de lanterne magique".
"Quand j’ai vu que j’étais attaqué de toute part, j’ai su que j’étais sur le bon chemin." Man Ray.
