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René Magritte![]() |
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Biographie René MagritteRené François Ghislain Magritte, peintre, dessinateur, graveur, sculpteur, photographe et cinéaste belge, naît à Lessines le 21 novembre 1898, de Léopold Magritte, marchand tailleur et homme d'affaires et de Régina Bertinchamps, modiste jusqu'à son mariage. René Magritte compte parmi les artistes éminents du mouvement surréaliste. Il décède à Bruxelles le 15 août 1967.
![]() René Magritte photographié par Lothar Wolleh La famille de René Magritte s'installe à Gilly en mai 1900. La même année, le premier frère de René, Raymond, voit le jour. Paul, son second frère, naît en 1902. Puis vient l'heure du déménagement pour Châtelet en 1904, dans la maison anciennement occupée par le frère de Régina. En 1910, René Magritte commence à peindre et à dessiner une fois par semaine au sein d'une classe improvisée, située au-dessus d'un magasin de bonbons. Il suit également les cours de l'école moyenne. Le 24 Février 1912, la mère de Magritte se suicide en se jetant dans la Sambre et les enfants du couple sont confiés à des gouvernantes ou à des bonnes. Ce n'est que le 12 mars qu'on retrouve le corps de Régina Magritte, avec la chemise rabattue sur la tête. Certains critiques émettent l'idée que ce souvenir est à l'origine des peintures de visages voilés que réalise ultérieurement René Magritte. En 1913, la famille Magritte part pour Charleroi et René étudie à l'Athénée. Il rencontre Georgette Berger, sa future épouse, lors d'une foire. L'année 1914 voit le retour des Magritte à Châtelet.
En 1915, René Magritte, qui s'est installé à Bruxelles, réalise ses premières oeuvres de facture impressionniste. L'année suivante il expose deux dessins et deux toiles dans une exposition à Châtelet et débute des études à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles où il suit les cours dans l'atelier d'Emile Vandamme-Sylva, de Constant Montald et de Gisbert Combaz. L'écrivain Georges Eekhoud dispense le cours de littérature. En décembre la famille Magritte s'installe à son tour à Bruxelles. Elle rejoint d'abord René dans la maison qu'il occupe avant de déménager quelques temps plus tard. En avril 1917, toute la famille retourne à Châtelet, puis revient à Bruxelles en automne.
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Magritte retrouve Georgette Berger qui travaille avec sa soeur aînée Léontine à la Coopérative Artistique de Bruxelles. Puis il rencontre E.L.T. Mesens qui devient le professeur de piano de Paul Magritte. Ils écrivent ensemble aux futuristes italiens et s'intéressent ensuite au dadaïsme, sous l'influence d'Erik Satie et de Tristan Tzara que Mesens rencontre en 1921. René Magritte peint un des 4 portraits de Georges Eekhoud, qui est présenté à ce dernier le 27 mars au Théâtre Lyrique de Schaerbeek. Magritte réalise des projets de couverture pour le mensuel Voilà que les frères Bourgeois espèrent sortir en juin mais qui ne sera jamais publié. De décembre 1920 à septembre 1921 Magritte accomplit son service militaire au camp de Beverlo près de Bourg-Léopold. Pendant une brève période, il est muté à Bruxelles ce qui lui permet de poursuivre ses études à l'Académie des Beaux-Arts. Plus tard, il est affecté près d'Aix-la-Chapelle en Allemagne. 5 peintures de Magritte sont présentées lors d'une exposition internationale qui se déroule à Genève.
![]() Musée Magritte en travaux - Bruxelles - photo Michel Wal
En 1925, René Magritte collabore avec Mesens à la revue dadaïste "OEsophage". Une chanson intitulée "Norine blues" composée par Paul Magritte avec des textes de René et Georgette Magritte, est interprétée lors d'un défilé de mode présenté par Norine à Ostende. Magritte réalise la couverture de la partition. Sous l'influence de Max Ernst et Giorgio De Chirico, René Magritte peint ses premières toiles surréalistes et travaille à des papiers collés. En 1929, Magritte et Goémans publient une série de cinq feuillets sous le titre "Le Sens propre". Chaque feuillet consiste en une reproduction d'une peinture en regard d'un poème Au printemps, René Magritte rencontre Salvador Dalí., qui est à Paris pour le tournage du film intitulé "Un chien andalou". Magritte passe des vacances à Cadaqués en Espagne. En octobre, la galerie Goemans ouvre ses portes à Paris avec une exposition de groupe: Arp, Dalí, Yves Tanguy et Magritte. Il collabore au dernier numéro de La Révolution surréaliste avec notamment le texte "Les Mots et les images". Sa relation avec André Breton se complique. En 1930, Magritte participe au sein de la galerie Goemans à Paris à l'exposition de groupe organisée par Goemans et Aragon. En avril Goemans ferme sa galerie pour des raisons financières et personnelles, et Magritte se retrouve sans marchand. Il doit vendre une partie de ses livres pour survivre. Heureusement Mesens lui achète onze toiles récentes. Les Magritte quittent Paris et s'installent au 135 rue Esseghem à Jette, Bruxelles. Ils y resteront jusqu'en 1954. A la recherche de ressources financières, l'artiste reprend des activités publicitaires et crée, avec son frère Paul, le Studio Dongo. En 1931, Magritte est représenté dans l'exposition "L'Art vivant en Belgique 1910-1930" à la galerie Georges Giroux à Bruxelles. C'est la première exposition organisée par L'Art Vivant, une société récemment formée pour défendre l'art contemporain. Une exposition personnelle est organisée à la salle Giso dans les locaux d'une firme de décorateurs d'intérieur. Il expose pour la première fois au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. En 1932, Magritte signe le tract "La Poésie transfigurée" écrit par Nougé publié en janvier, qui explicite la position des surréalistes belges face à l'"affaire Aragon" et à l'inculpation du poète suite à la publication de son poème "Front rouge". Il collabore à deux courts métrages avec Nougé. En 1933, André Breton invite Magritte à participer à la revue "Le Surréalisme au service de la révolution". C'est la réconciliation avec les surréalistes français, ce qui l'amènera à présenter ses oeuvres parmi celles du groupe des surréalistes au Salon des Surindépendants. Une exposition personnelle est organisée au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Il rencontre Paul Colinet, écrivain et comédien actif au sein du groupe des surréalistes belges.
En 1934, Magritte participe à l'importante exposition internationale "Le Nu dans l'art vivant".
Il dessine "Le Viol" pour la couverture de "Qu'est-ce que le surréalisme ?" d'André Breton. Il collabore à l'exposition "Minotaure" au Palais
des Beaux-Art.
La première exposition personnelle aux Etats-Unis de Magritte se déroule à la Julien Levy Gallery de New York en 1936. Magritte signe "Le Domestique zélé", tract relatif à l'expulsion d'André Souris du groupe des surréalistes belges. Une exposition personnelle se tient au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Il participe à l'Exposition surréaliste d'objets, organisée entre autres par Breton à la galerie Charles Ratton à Paris. Il présente huit huiles et six oeuvres sur papier à la première exposition surréaliste internationale à Londres. Par ailleurs, Magritte est également présent à l'exposition organisée par Alfred Barr au Museum of Modern Art de New York sous le titre "Fantastic Art, Dada, Surrealism". En 1937, il passe cinq semaines dans la maison d'Edward James à Londres pour peindre, à la demande de celui-ci, trois grandes toiles: "Le Modèle rouge", "La Jeunesse illustrée" et "Au Seuil de la liberté". Lors de ce séjour, il donne une conférence sur son oeuvre à la London Gallery. En juillet, il rencontre Marcel Mariën. Leur amitié durera jusqu'en 1954. En décembre, il participe à l'exposition "Trois peintres surréalistes: René Magritte, Man Ray, Yves Tanguy" au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Le catalogue contient un texte introductif de Scutenaire, la réédition d'un poème d'Eluard ainsi qu'une épigramme sur chaque artiste par Breton. En 1938, se déroule la deuxième exposition personnelle de Magritte à la Julien Gallery à New York. Il participe à l'Exposition internationale du Surréalisme, organisée à la galerie des Beaux-Arts à Paris par Breton et Eluard, en collaboration avec Duchamp comme "père et arbitre". Aril Mesens et Roland Penrose ont repris la London Gallery et consacrent l'exposition d'ouverture à Magritte. Une grande partie du premier numéro du London Bulletin lui est consacrée. Il donne une conférence intitulée "La Ligne de vie" au Koninklijk Museum voor Schone Kunsten à Anvers, où il expose ses recherches devant un public de cinq cents personnes. En 1939, l'exposition personnelle de Magritte au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles comporte une majorité de gouaches. La belle-soeur de Magritte ouvre un magasin de fourniture pour artistes. Georgette y travaille à mi-temps et Magritte s'y approvisionne. Il dessine, pour le Comité de Vigilance des Intellectuels antifascistes, une affiche intitulée "Le Vrai Visage de Rex", qui représente Degrelle et Hitler. En février 1940 paraît le premier numéro de la nouvelle revue surréaliste "L’Invention collective". Magritte est un des principaux collaborateurs de cette revue dont le deuxième numéro paraîtra en avril. En mai, il quitte la Belgique après l'invasion allemande et part pour trois mois à Carcassonne avec Irène et Louis Scutenaire. En automne, il réalise ses premières bouteilles peintes. En 1941, une exposition personnelle lui est consacrée à la galerie Dietrich à Bruxelles. En 1942, Lou Cosyn ouvre une galerie à Bruxelles. Elle est secondée par son futur mari Camille Goemans. Elle sera l'agent de Magritte jusqu'en 1947. Magritte rassemble une importante documentation pour la monographie de Scutenaire qui sera publiée en 1947 sous le titre "René Magritte". Le premier film sur Magritte est réalisé par Robert Cocriamont sur la base d'un scénario de Nougé. Intitulé "Rencontre de René Magritte", c'est un volet du film "Images de Flandres" qui présente quatre peintres (les autres sont Gustave de Smet, Edgard Tytgat et Paul Delvaux). Durant les quatre années qui vont suivre, le style de Magritte change radicalement car il adopte une palette et une technique impressionnistes. Cette période est communément intitulée "période Renoir", mais Magritte réfute cette appellation et s'en explique dans une lettre qu'il adresse à Breton le 24 juin 1946 : "Pour le reproche d'imiter Renoir, il y a un malentendu: j'ai peint des tableaux d'après Renoir, Ingres, Rubens, etc., mais sans utiliser la technique particulière de Renoir, c'est plutôt celle de l'impressionnisme, Renoir, Seurat, et d'autres y compris." Jusqu'en 1947, cette technique coexistera avec le style habituel de Magritte. En 1943, une exposition est organisée à la galerie de Lou Cosyn, dans la semi-clandestinité pour échapper à la censure de l'occupant allemand. En août paraît de la première monographie sur Magritte avec un texte de Marcel Mariën. En janvier 1944, se tient une exposition personnelle de Magritte à la galerie Dietrich à Bruxelles, présentant pour la première fois le travail "impressionniste" de l'artiste. Marc Eemans, artiste lié au surréalisme lors de sa création, mais devenu un allié des nazis face à l' "art dégénéré", critique défavorablement l'exposition dans la presse. Le poète liégeois Jacques Wergifosse rend visite à Magritte. Il restera un ami et un disciple pendant de nombreuses années. En 1945, Magritte réalise des dessins à l'encre et à la plume pour illustrer "Les Chants de Maldoror" de Lautréamont . La même année, il fait des dessins similaires pour un volume de poèmes d'Eluard. L'édition du journal "Le Drapeau rouge" du mois de septembre annonce l'adhésion de Magritte au Parti Communiste. En décembre, une importante exposition surréaliste présente principalement des artistes belges à la galerie des Editions de la Boétie à Bruxelles. La présence massive de l'oeuvre de Magritte et sa contribution à la réalisation de cette exposition reflètent bien sa position de chef de file du surréalisme en Belgique.
Sa première rétrospective d'après-guerre est organisée au casino de Knokke en août 1952. Le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles organise la première rétrospective importante de son oeuvre en mai 1954. Expositions René Magritte (sélection)
René Magritte : analyse critiqueCélèbre pour la subversité de son analyse critique du langage et sa conceptualisation de l'image, René Magritte "est l’homme qui a transformé l'image poétique en poème plastique", selon Michel Draguet, directeur des Musées royaux des Beaux- Arts de Belgique. Magritte n’est pas seulement un grand peintre. Poète de l’image, Magritte n’a cessé de cultiver le paradoxe. Par ses oeuvres, ses textes, ses interviews, ses photographies ou sa correspondance, il a façonné un monde dont l’évidence n’est qu’un leurre puisqu’elle témoigne des conventions sur lesquelles le réel se construit. Au peintre intellectuel dont les idées, hautement subversives, minent le principe de langage dans sa capacité de représenter le réel, répond un homme à l’apparence anodine. Subversive, l’oeuvre de Magritte avance masquée. Elle distille sa part d’inconscient là où l’homme se révèle insignifiant dans son paraître stéréotypé de bourgeois. Magritte n’a cessé de brouiller les pistes pour garantir à l’image sa capacité de surprise, pour transformer l’évidence en mystère, pour révéler avec force l’impossibilité qui constitue désormais le lot d’une conscience arrivée au terme des illusions. A commencer par celle de la modernité que Magritte, en dadaïste, a tôt liquidée. Efficaces, ses images le sont aussi parce qu’elles semblent entièrement se résumer à ce qu’elles donnent à voir. Mais derrière l’effet se dissimule un désir profond de creuser le langage jusqu’à atteindre son noyau. Magritte y sent vibrer le néant dans lequel, dans un même mouvement, toute possibilité de réalité s’annulerait tandis que l’expression, lavée de toute ambition de communiquer, reviendrait à sa seule vérité : le sujet. C’est à partir de celui-ci que Magritte ébauche sa conception de la poésie dont l’image peinte ne sera qu’un développement fondé sur d’autres moyens. Dans un premier temps, l’image – inspirée par l’oeuvre énigmatique de Giorgio de Chirico – s’enracine dans les profondeurs d’un psychisme dont le peintre explore systématiquement les objets révélateurs. Peu à peu, Magritte dégagera ceux-ci de leur dimension expressive. Il en retranche sa part d’ombre pour faire de l’objet une donnée, à première vue, irréfutable. Magritte anticipe largement l’évolution de l’art contemporain : la place qu’il accorde à l’objet – et que le surréalisme reprendra à son compte dans les années 30 – ne peut se résoudre à son évidence. Dès la fin des années 20, Magritte entreprend une oeuvre de déconstruction qui anticipe de près d’un demi-siècle les révolutions de la pensée postmoderne. L’usage qu’un Foucault en fera résonne comme un hommage. Avec ses tableaux-mots, Magritte souligne le statut nouveau de l’objet. Par cette recherche révolutionnaire, Magritte anticipe largement des mouvements artistiques contemporains comme le Pop Art ou le conceptuel. La charge poétique des tableaux-mots reste indissociable de l’aspiration anarchiste – plus dadaïste que surréaliste – d’un homme qui n’a cessé de cultiver l’équivoque en s’emmurant dans son rôle de bourgeois anonyme. Magritte entendait-il révolutionner le présent comme le voulait Duchamp ? Il préféra sans doute opérer son oeuvre de sape sans jamais céder au péril d’un ego qui aurait réduit son oeuvre à une question d’attitude. Et de faire de la banalité une arme dont le Pop art saura exploiter les potentialités. Poète subversif à l’apogée du surréalisme, Magritte est peut-être plus actuel aujourd’hui qu’il ne le fut jamais. Sa défiance envers l’utopie moderniste, sa lucidité à l’égard des limites mêmes du langage, sa confiance dans l’individu non comme principe théorique – philosophique, psychanalytique ou sociologique –, mais comme réalité que définit seule l’existence apparaissent au coeur des questions qui, depuis une vingtaine d’années, hantent l’homme arrivé à l’ère du relativisme absolu. Là, seule la poésie offre une issue : celle d’une irrégularité, d’un interstice, d’une lacune à partir de laquelle rebâtir la conscience comme doute ultime.
source : dossier de presse du Musée Magritte
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