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Candida Höfer

Biographie Candida Höfer


La photographe allemande Candida Höfer naît en en 1944 à Eberswalde.

De 1964-1968, Candida Höfer étudie à la Kölner Werkschule. De 1973 à 1982, elle fréquente la Kunstakademie de Düsseldorf, d'abord pour des études de cinéma avec Ole John (1973-1976), puis de photographie avec Bernd Becher (1976-1982).

De nombreuses expositions individuelles et collectives accompagnent depuis 1975 son évolution artistique. En 2002, Candida Höfer présente à la documenta 11 à Kassel, le cycle "Zwölf – Twelve", sur la célèbre sculpture de Rodin, "Les Bourgeois de Calais". En 2003, elle expose à la Biennale de Venise.

Dès ses débuts, dans les années 1970, Candida Höfer s’intéresse aux espaces publics qu’elle vide de toute présence humaine. Ces lieux ne sont pas choisis au hasard puisqu’ils symbolisent la culture universelle encyclopédique tels que les institutions culturelles (musées, bibliothèques, archives) ou les édifices publics (églises, opéras) habituellement emplis de visiteurs. Son attention se porte essentiellement sur la dimension spatiale de ces lieux.

Le travail de Candida Höfer se caractérise à la fois par son objectivité et sa distanciation. Son style largement identifiable dépend d’une technique d’une grande précision, s’inscrivant dans la tradition photographique de l’école de Düsseldorf et obtenue par l’utilisation d’une chambre photographique et de la lumière naturelle du lieu.



Expositions Candida Höfer (sélection)


2006 : Candida Höfer - Musée du Louvre, Paris

Le Louvre accueille Candida Höfer, artiste allemande majeure de la scène artistique et photographique internationale. Neuf grands formats représentant un choix des galeries du musée permettent aux visiteurs de s’immerger dans ses décors luxuriants et silencieux.

Candida Höfer a arpenté les salles du musée du Louvre, un jour de fermeture, afin de choisir un ensemble de galeries de peintures et de sculptures pour les photographier. Elle présente, dans la salle de la Maquette, de grands formats couleur qui offrent au spectateur des compositions quasi picturales avec des points de vue centraux et des perspectives infinies. Confrontant le vide des photographies et la charge émotionnelle et historique du musée du Louvre, ses propositions exaltent la force architecturale du palais et la puissance des oeuvres dans sa plus grande diversité.



Extrait du catalogue de l’exposition

"Les photographies de Candida Höfer, vidées de toute présence humaine, sont à première vue silencieuses. Et pourtant, elles appellent fortement le spectateur et parlent indirectement, par l'intermédiaire d'un langage plastique articulé sur des dominantes de couleur, des schémas formels et une analyse rigoureuse des volumes intérieurs. Elles rendent compte de façon magistrale et quasi magique de la puissance d'une architecture, de la magnificence du décor peint ou sculpté, et restituent, malgré (ou grâce à) l'absence du public, la fonction première d'institutions culturelles, telles que musées, opéras, bibliothèques, qui sont devenues depuis une dizaine d'année son motif de prédilection. Ces lieux publics sont les gardiens d'un savoir encyclopédique, d'une mémoire, d'un passé disparu, et en même temps des lieux de plaisir esthétique, de loisir ou de méditation. Le secret de l’efficacité et de la beauté de ces images tient sans doute à ce paradoxe entre la présence et l'absence, entre le dépouillement, la clarté de l'image et le mystère qui s'en dégage. Candida Höfer parvient, par la maîtrise et la justesse de sa prise de vue, à dresser un portrait fidèle de ses modèles architecturaux.

Elle ne se considère pas comme une photographe-archiviste inventoriant les lieux publics culturels, mais comme une artiste qui tente de restituer l'impression première que lui ont laissée ces espaces désertés. Après avoir déjà photographié de nombreux musées, elle s'est attachée au vaste univers que constitue le Palais-Musée du Louvre. Si elle connaissait bien l'ancien Louvre, elle a redécouvert pendant ce travail de commande les espaces anciens et nouveaux du Grand Louvre. L'ensemble des galeries de peinture et sculpture qu'elles a sélectionnées, sont le résultat de plusieurs visites faites le mardi, jour de fermeture. Cette série d’une quinzaine de photographies (neuf sont présentées dans l’exposition), permet de couvrir un des éléments essentiels de l'histoire du palais et une spécificité de l'architecture muséographique, la galerie. On voyage ainsi dans le temps, de la galerie d'Apollon du XVIIe siècle à la nouvelle salle de la Joconde récemment aménagée par Lorenzo Piqueras, en passant bien sûr par l'axe central du Louvre, la Grande Galerie, puis les galeries Daru, Melpomène, Michel-Ange, la salle des Caryatides, la galerie Marie de Médicis de Rubens, les salles rouges du XIXe siècle… (…) Par le choix du thème de la galerie, la voûte en berceau plus ou moins cintrée devient ainsi le motif récurrent, le signe caractéristique de ces images. Elle creuse en profondeur la vue, comme si le regard pouvait s'engouffrer dans un tunnel à perspective infinie. Généralement, les oeuvres, tableaux accrochés sur les murs ou sculptures sur socle, placées sur les côtés laissent un grand vide central et un espace déambulatoire incitant à la promenade. (….)

La série des galeries du Louvre s’inscrit peu après le travail réalisé sur l’Opéra de Paris et les églises brésiliennes. Tous ces édifices se caractérisent par des décors flamboyants. Mais le travail premier de Candida portait sur les lieux banals et délaissés comme les bureaux, les cantines. Elle aime voir l’envers du décor et la vie quotidienne cachée derrières ces brillantes façades. La série des Bibliothèques dressait l’inventaire des savoirs, rangés, classés, dans des étagères sans fin de livres aux tranches diversement colorées. Lorsqu’elle aborde le musée, Candida se laisse aller à sa première impression. Ici elle photographiera des caisses d’emballage, là des oeuvres laissées au sol, ou en cours d’accrochage, ailleurs uniquement l’espace vide.

Le Louvre grâce à elle retrouve son pouvoir magique de lieu habité par l’histoire et par l’art. Grâce à cette symétrie rigoureuse, le regard du spectateur est conduit au coeur de l’image photographique. Un autre espace imaginaire s’ouvre alors devant lui."

Marie-Laure Bernadac - Conservateur général, chargée de mission pour l’art contemporain au Louvre



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