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David Hockney |
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En 1964, David Hockney visite Los Angeles pour la première fois. Il immortalise le mode de vie et les paysages sensuels de Los Angeles dans ses toiles. La série des Swimming Pools, illustration de l’univers artificiel californien, représente une évolution dans son oeuvre et fait sa notoriété : entre Pop Art et hyperréalisme, il figure un monde plat, figé, dans lequel la sensation de confort provoque paradoxalement un sentiment d’angoisse.
Dans les années 80, Hockney se passionne de plus en plus pour la technologie moderne de la fabrication d’images. Il commence à faire des expériences avec la photographie Polaroïd, la photocopie, la reproduction en quadrichromie, les images faxées et l’ordinateur. De par leur nombre et leur élaboration, les collages photographiques de David Hockney constituent une part importante de son oeuvre.
Dès le milieu des années 1970, Hockney réalise aussi régulièrement des décors de théâtre. David Hockney devient Companion of Honour en 1997.
"Je suis un artiste qui n’entre dans aucune catégorie ; le monde de l’art ne sait jamais très bien où me placer" David Hockney
"La beauté n'est pas dans les choses, elle est dans le regard". David Hockney
David Hockney a accumulé, au cours des années, environ 30000 photographies - seule une infime partie a été présentée au public. Ces images, véritable journal intime qu'il tient depuis 1961, sont les traces d'une "vie d'artiste" qu'il incarne si bien. David Hockney a su y alterner souvenirs de voyages ou de visites et activité professionnelle débordante, tout en préservant une attention minutieuse à ses amis et aux choses qui l'entourent, sans trahir son sens immédiat de la composition picturale.
David Hockney a souligné à quel point cette pratique photographique a été pour lui impulsive. Un déplacement, un visiteur, un travail en cours dont un détail fixe soudain son regard et il s'empare immédiatement d'un appareil pour ne le lâcher qu'une fois assouvi le besoin impérieux d'enregistrer la chose vue. Le photographe ne s'interdit pas de mettre en scène le monde qui l'entoure et l'idée, bien souvent, précède l'image. Pour cet infatigable dessinateur la réalité est aussi une construction mentale. On peut voir, comment, par d'innombrables photographies de détail prises sur le vif, se pensent lentement les grandes compositions picturales qui l'ont rendu célèbre et comment d'autres donnent naissance a de subtils collages "jointifs".
Mais la meilleure illustration des rapports complexes qu'entretiennent dans l'œuvre de David Hockney, la photographie et la peinture, ce sont sans doute les grands collages photographiques qui la fournissent. Ces œuvres, qualifiées de "drawings with a camera" atteignent une autre dimension, elles font passer la photographie "d'une vision monoculaire du monde à une vision plus subjective". Ce ne sont plus seulement des photos mais "des idées sur la perception" qui nous permettent "de représenter de façon éclatante, sur une surface plane, le merveilleux travail du regard". Ils transcendent la photographie qui n'est pour David Hockney "que le point de vue, durant une fraction de seconde, d'un cyclope paralysé".
C'est cette réflexion sur le regard et la perception qui est au cœur de cette approche picturale de la photographie, de cette volonté de repousser les limites du médium. Cette manière de pousser jusqu'à ses extrêmes limites les possibilités d'une technique, on la retrouve dans la manière dont David Hockney a utilisé photocopieur, fax et dernières techniques de tirage numérisé. Composant à distance de vastes fresques de collages (1988), figeant tous les visiteurs de son atelier (la série des "visiteurs" 1990-1991) ou créant de mouvantes scénographies abstraites ("snails spaces" 1995-1996), la photographie n'est plus là qu'une technique parmi d'autres au service du talent qui révolutionne notre manière de voir.
