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BNF, ParisExposition du 10 mars au 6 juin 2010
Riche de près de 2500 documents, le fonds pictural indien du département des
Estampes et de la photographie de la BnF est le reflet des relations entre la France et
l’Inde du XVIIe au début du XIXe siècle. Près de 130 pièces ont été choisies, qui donnent
à voir un panorama de l’Inde dans sa grande diversité.

“Deux dames indiennes sous un arbre”. Golconde, vers 1675. BnF, dép. Estampes et photographies.
«C’est un fonds patrimonial extrêmement riche et peu connu que la Bibliothèque va
dévoiler au public grâce à cette exposition. Un voyage coloré au coeur d’une fascinante
culture.» déclare Bruno Racine, président de la BnF.
C’est sous le règne de Louis XIV que débute l’enrichissement des collections royales
en documents d’origine asiatique. La Compagnie des Indes Orientales voit le jour en 1664 et
avec elle son cortège de marchands, fonctionnaires et soldats qui investissent la péninsule
indienne, assurant jusqu’à la moitié du XVIIIe siècle une présence importante de la France.
Si le déclin de l’influence française s’amorce dans le dernier tiers du XVIIIe, c’est pourtant à
cette période que l’essentiel du fonds pictural indien entre dans les collections royales avec
le départ de la communauté française qui rapporte dans ses bagages objets et peintures.
De la même façon, au XIXe siècle, après la chute de Napoléon, des Français - militaires
et mercenaires avides d’aventure - viennent offrir leurs services aux souverains des États
indiens avant de rentrer en France devant la progression britannique, rapportant nombre de
manuscrits et recueils peints.
Beaucoup des oeuvres entrées dans les collections royales proviennent de
collectionneurs qui se passionnèrent pour ce pays et sa civilisation. Le fonds pictural indien
de la BnF reflète les deux faces d’une même culture, islamique et hindoue, deux mondes
esthétiques qui ont cohabité harmonieusement. Trois ensembles de natures diverses sont
représentés dans l’exposition.
Il s’agit, d’une part, de précieuses miniatures des écoles mogholes ou d’écoles
provinciales. Elles constituent une formidable source iconographique sur les cours impériales
et princières. Effigies des princes, de dignitaires mais aussi d’autorités religieuses, scheiks et
soufis sont au coeur des représentations. La miniature moghole tardive privilégie également
les sujets romanesques issus de la littérature. A la bravoure du seigneur de guerre succède
ainsi le héros amoureux et malheureux.
D’autre part, un fonds quasiment inédit provient de l’Inde méridionale. Il s’agit de recueils
de peintures illustrant les grands textes brahmaniques ou épiques, ainsi que de suites de gouaches
représentant des divinités hindoues, chacune étant identifiable par ses attributs, sa posture, ses
couleurs. Véritables exercices de style, ces séries de terribles dieux avec leurs paires de bras sans
nombre, aux couleurs audacieuses et au dessin synthétique, n’ont rien à envier au fauvisme.
A ces deux domaines viennent s’ajouter des peintures, dites Company Paintings, exécutées à la
demande de résidents européens, curieux des moeurs, métiers, castes, religions et usages des Indiens.
Ces pièces populaires de facture naïve sont l’oeuvre d’artisans locaux. Enfin, la collection comporte de
grands dessins d’architecture réalisés eux aussi pour des voyageurs européens souhaitant garder le
souvenir des monuments visités.
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