Musée du quai Branly, ParisExposition du 05/04/11 – 24/07/11

Affiche de l'exposition "Dogon" - Musée du quai Branly, Paris
L’exposition Dogon présente l’histoire de l’art et de la culture dogon, depuis le 10e siècle jusqu’à nos jours, à travers plus de 330
oeuvres exceptionnelles issues de collections du monde entier et rassemblées pour la première fois en France.
L’art du pays dogon du Mali est l’un des plus connus parmi les
oeuvres issues des cultures d’Afrique.
Outre les chefs-d’oeuvre qui ont fait la renommée de l’art dogon,
l’exposition présente des pièces cultuelles, ou même d’usage
quotidien, qui évoquent les préoccupations métaphysiques et
esthétiques des populations les ayant produites. Les typologies de ces
objets, aux techniques virtuoses et variées, ont été rarement
dévoilées en regard des grandes pièces de la statuaire.
Plus de dix siècles d’histoire des peuplements, des influences
artistiques et culturelles sont ainsi parcourus à travers un
rassemblement unique de chefs-d’oeuvre incontournables et de
pièces du quotidien inédites qui témoignent du peuplement
progressif du pays dogon et de la richesse de sa diversité stylistique.
Sur les 2000 m2 de la Galerie Jardin, l’exposition DOGON se compose de trois grandes parties
thématiques qui illustrent l’histoire de l’art et de la culture du peuple dogon au travers de productions
artistiques variées.
Introduction : Histoire et origines des migrations des Dogon
Les récentes recherches historiques sur l’Afrique de l’Ouest ont démontré que les populations établies
dans les diverses zones de la région n’étaient pas isolées. Les vagues de migrations, les pistes
caravanières, les échanges commerciaux sur de longues distances ainsi que les relations avec les autres
peuples résidant dans la région de Bandiagara ont permis de former un réseau développé de contacts,
bien avant l’arrivée des Européens. La population dogon s’est donc enrichie de ces acquis que lui ont
apportés les civilisations alentours.
Première partie : Styles de statuaire en pays dogon
Au-delà de l’unité apparente d’une identité commune forgée au fil des siècles, les statues présentées dans
cette partie dévoilent la remarquable créativité des peuples du pays dogon et la grande diversité de ses
productions artistiques. Elle explore la complexité sous-jacente au pays dogon, perçu à tort comme un
continuum culturel.
Réparties selon différents styles correspondants à des peuples différents ou
à des zones géographiques spécifiques, 133 sculptures exceptionnelles
témoignent de cette richesse : Djennenke, N’Duleri, Tombo, Niongom, et
Tellem, Gogon-Mande, Tintam, Bombou Toro, Kambari, Komakan, styles de
la falaise et de la plaine du Séno.
A leur arrivée sur le plateau de Bandiagara, les Dogon se retrouvent face à
des peuples occupant déjà la région et possédant une culture matérielle
élaborée.
Sculptures et textiles des Tellem retrouvés dans les sanctuaires coexistent
sur la falaise avec les oeuvres Niongom et Dogon mandé, tandis qu’au nord
les sculptures Djennenké et, au centre du plateau, les pièces Tombo
témoignent des vagues migratoires différentes.
Deuxième partie : La fascination des anthropologues : peintures et masques
L’intérêt qui se développe en Occident pour l’art dogon, de la conquête de Bandiagara en 1893 jusqu’à
aujourd’hui, est d’abord une ambition scientifique, qui trouve sa pleine expression dans la mission
Dakar-Djibouti (1931-1933). Cette partie explore l’approche institutionnelle des premières collectes, point
de départ de la diffusion de la connaissance de l’art dogon en Occident.
L’évocation de deux figures de l’imaginaire anthropologique, Louis Desplagnes et Marcel Griaule, permet
de comprendre comment l’art dogon s’impose à la curiosité et au goût européen.
* Peintures rupestres
C’est en 1907 que Louis Desplagnes, dans son livre Le plateau central nigérien, amorce les premières
études des arts et cultures du pays dogon, suite à une expédition dans la région de Bandiagara.
Il met au jour un art rupestre remarquable par la vivacité et le dynamisme de son expression, et ses
collectes alimentent le musée d’ethnographie du Trocadéro.
Une vingtaine de peintures rupestres sont présentées dans cette sous-section.
* Masques
Marcel Griaule propose dans Masques dogons (1938) une typologie d’une
grande précision ethnographique.
Objet de recherche privilégié, le masque dogon participe à la construction de
cette discipline ethnologique. 35 masques dogon exposés évoquent la
classification définie dans cet ouvrage.
Troisième partie : objets porteurs de sacré, objets de collection
Parallèlement à la quête scientifique et au développement des
missions d’enquêtes sur le terrain, la fascination pour les objets et
sculptures dogon s’intensifie. Les collectionneurs s’entourent non
seulement de pièces de statutaires dogon mais aussi d’objets singuliers.
Un montage de 35 minutes d’extraits du film de Jean Rouch le Dama
d’Ambarra (1974) vient enrichir le début de cette séquence.
Les 140 objets exposés dans cette dernière section témoignent de
l’inclination des sculpteurs dogons à évoquer le mythe d’origine dans
les objets du quotidien et d’éléments d’architecture tels que bijoux,
objets en bronze et en fer, poulies, portes, serrures, sièges, appuie-têtes,
sculptures d’animaux, autels, arches, coupes et plats.
Ces objets déclinent les mêmes thèmes « magico-religieux » que les
sculptures présentées dans la première partie.
A la fin du parcours des piliers de Toguna, la « case à palabres » -
construction ouverte érigée au centre des villages dogon - mènent à la
grande statue djennenké du musée du quai Branly, chef d’oeuvre
incontournable de l’art du pays dogon.
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