|
|
Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, ParisExposition du 7 mars 2012 au 15 juillet 2012

Exposition Kabuki - Costumes du théâtre japonais
La Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent consacre une exposition au costume du théâtre japonais Kabuki. A voir à Paris à partir du 7 mars 2012.
Les costumes issus de la collection Shôchiku seront accompagnés d'accessoires, estampes, photographies et films documentaires, et présenteront cet art théâtral né au Japon au XVIIème siècle. Il s'agit de la première exposition entièrement dédiée au Kabuki qui aura lieu à Paris.
L'exposition proposera au public de découvrir, accompagnés de nombreux
accessoires, des costumes portés lors de représentations de kabuki, une forme
théâtrale très populaire au Japon. Les pièces présentées sont prêtées pour
l'occasion par la société japonaise Shôchiku Costume, fondée en 1895 par les frères
Otani dans le but de produire des spectacles de kabuki.
Ces costumes étant encore régulièrement portés par des acteurs, le choix
des éléments présentés s'est en partie effectué en fonction des pièces qui
seraient jouées simultanément à la période d'exposition. Le fait que les pièces
exposées soient contemporaines permet de montrer, à travers les costumes et
leurs accessoires, le kabuki tel qu'il est pratiqué aujourd'hui, ainsi que l'héritage
traditionnel dont il est fortement empreint.
Le kabuki est une forme de théâtre traditionnel japonais qui a vu le jour
au début de l'époque d'Edo (1603-1868). Le mot ka-bu-ki est composé de trois
idéogrammes venant d'ateji (caractères utilisés pour leur seule valeur phonétique)
signifiant respectivement chant (ka), danse (bu) et habileté technique ou jeu
de scène (ki). Il semblerait qu'il s'agisse d'une variation du verbe kabuku (se
contorsionner ou se conduire de manière extravertie), en référence à une forme
de théâtre considérée à l'époque comme d'avant-garde, et à la gestuelle très
expressionniste des comédiens.

Kimono (kitsuke) à décor de fleurs et de motifs
d’armoiries (mon) du personnage de Murasaki-no-Ue (une des femmes de Genji), dans la pièce Genji
monogatari (Le Dit du Genji).
Japon, années 1990.
Taffetas de soie broché - 175x160 cm
© Shôchiku Costume Co, Ltd, Tokyo
Il se présente comme un divertissement scénique où la dimension du spectaculaire
et l'art de l'acteur priment. Comme toute forme théâtrale, le kabuki recèle des
caractéristiques propres, comme le keshô (maquillage spécifique plus ou moins
extravagant), les étonnants costumes, la gestuelle, les poses spécifiques comme le
mie, la musique, la danse, un répertoire et des styles de jeu particuliers, mais aussi
de complexes dispositifs scénographiques, tels les trappes, les scènes pivotantes,
ou le hanamichi, une passerelle qui s'avance au milieu du public.
Le répertoire des pièces, recouvrant un large éventail de thèmes, se partage entre
celles écrites spécifiquement pour le kabuki et celles adaptées du théâtre nô, de
récits traditionnels, et surtout du bunraku. Il est divisé en trois catégories : les pièces
historiques (Jidai mono), les pièces du quotidien (Sewa mono) et les
morceaux de danse (Shosagoto).
Ces pièces de théâtre, principalement centrées sur des thèmes historiques et
sur les conflits moraux liés aux relations affectives, sont exclusivement jouées
par des hommes. Depuis un décret de 1629, interdisant, pour des questions de
bonnes moeurs, la scène aux femmes, les acteurs masculins jouent également les
rôles féminins, et cela de la manière la plus réaliste possible. Ils sont appelés les
onnagata. En 1652, l'autorité décide que seuls des hommes d'âge mûr pourront
endosser ces rôles de femmes. Ce sont ces interdictions répétées qui ont finalement
conféré au kabuki ses traits caractéristiques et guidé son évolution vers une forme
d'art à part entière, pour finalement devenir un type théâtral "classique".
Une grande maîtrise technique et un entraînement rigoureux étant nécessaires, les
acteurs se spécialisent dans un style particulier de jeu (kata en japonais). Celui-ci
comprend en particulier une technique vocale et des déplacements corporels
propres, mais peut s'étendre jusqu'à inclure le maquillage, le costume, la musique et
les effets scéniques.
Une des singularités du jeu du kabuki est la pratique du mie, arrêt du
mouvement de l'acteur, qui prend une pose appuyée, destinée à souligner un
moment-clef de la pièce.
Les personnages du kabuki présentent la particularité d'être manichéens et jamais
ambigus. Leur position dans la pièce est très nette et facilement reconnaissable par
l'intermédiaire de certains codes identifiables dès leur entrée en scène.
Autrefois, il était fréquent qu'une pièce se joue sur toute une journée. Le public
assistait au spectacle, mangeait et bavardait. Le rythme de vie actuel ne permettant
pas un Toshi Kyôgen (signifiant : jouer une pièce dans son intégralité), les
pièces sont aujourd'hui très rarement présentées en entier et sont généralement
composées d'un ou deux actes issus d'un texte beaucoup plus long. On appelle
cela des midori (terme issu de Yoridori midori : vous pouvez choisir ce que vous
voulez).
Aujourd'hui l'une des formes majeures du spectacle vivant japonais, le kabuki a été
inscrit par l'UNESCO à la Liste du Patrimoine oral et immatériel de l'humanité en
2005.
Participant à l’aspect spectaculaire du kabuki, les costumes sont généralement
extravagants, somptueux et très colorés.
Pour leur création, il était interdit d’imiter le style
des vêtements de la noblesse, ni d’employer des
processus de confection similaires. Des alternatives
ont donc été mises en place pour figurer
l’importance ou le statut d’un personnage, ce qui
explique par exemple certaines disproportions et
exagérations.
Néanmoins, outre leur aspect visuel et leur
grande beauté, les costumes cachent divers
indices révélateurs de la personnalité du rôle
joué. Répondant à une codification très précise,
ils tiennent une place importante dans la
compréhension de la pièce par le spectateur.
A chaque type de rôle, correspond une forme,
des motifs et des couleurs, un maquillage, des
accessoires particuliers, qui permettent au
spectateur d’identifier immédiatement le caractère
du personnage, son statut social, la situation dans
laquelle il se trouve, ou son âge. En l’aidant à se
personnifier et à rentrer dans son rôle, le costume
tient également une place importante dans la
technique de l’acteur. Par leur décor, leur texture
et leur forme, les costumes de kabuki ont un
impact sur le jeu même de l’acteur, le contraignant
ou l’incitant à une gestuelle particulière, devenue
propre au rôle joué.
L'exposition "Kabuki - Costumes du théâtre japonais" est visible à Paris au sein de la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent du 7 mars 2012 au 15 juillet 2012.
|
|