L’Année France-Russie 2010 est l’occasion pour le musée du Louvre de proposer au public français un moment tout à fait exceptionnel : à travers un ensemble de plus de 400 oeuvres jamais réunies en France et provenant essentiellement des musées et bibliothèques russes, l’exposition invite à la découverte de l’histoire de la Russie chrétienne, du IXe au XVIIIe siècle.
Celle-ci débute avec l’apparition des "Russes" dans l’histoire latine, byzantine et arabe, et avec les rivalités et luttes d’influences entre Latins, Vikings et Byzantins.
Les premières conversions dans la Rous’ de Kiev leur succèdent, qui aboutissent au célèbre "baptême" du prince Vladimir en 988. La Rous’ devient alors définitivement chrétienne et reprend le modèle ecclésiastique de Constantinople.
L’art chrétien s’épanouit à Kiev, à Tchernigov, à Novgorod, à
Pskov, à Vladimir, à Souzdal... hésitant alors entre
prépondérance byzantine et tentation de l’Occident latin. Puis,
après la coupure introduite au XIIIème siècle par l’invasion et la
domination mongole, l’art chrétien renaît dans toute sa splendeur
dans les grands centres de la Russie médiévale, accompagné par
un dynamisme monastique sans précédent, tandis que peu à peu
s’impose l’ascendant de Moscou. C’est aussi le temps des
peintres Théophane, Roublev et Dionisi.
Au XVIème siècle, Moscou, qui se proclame "Troisième Rome"
et devient une "Nouvelle Jérusalem", inaugure sous les règnes
de Basile III et Ivan IV le Terrible un nouvel âge d’or de l’art
russe, qui culmine avec le couronnement d’Ivan le Terrible
comme tsar (1547) et avec l’avènement du patriarcat de Moscou
(1589).
Enfin, après le "temps des troubles", les conflits et renouveaux
qui traversent le XVIIème siècle sous les premiers Romanov et la
réforme du patriarche Nikon précèdent les changements
politiques et esthétiques radicaux imposés par Pierre le Grand.
En réalité, indépendamment de la tradition byzantine, et bien
avant les bouleversements du règne de Pierre le Grand (1682-1725), l’art chrétien en Russie avait déjà depuis longtemps
commencé à s’inscrire dans l’histoire politique et religieuse de
l’Europe.