Biographies Artistes - Expositions - Galeries & Musées - Lexique

Hokusai

Biographie Hokusai

Le peintre, dessinateur et graveur japonais Katsushika Hokusai naît en 1760 à Edo (Tokyo actuelle). Il y décède en 1849. Mondialement connu, Hokusai domine le monde de l'ukiyo-e en peinture et en arts graphiques, se définissant lui-même comme "le vieil homme fou de peinture". Il signe ses premières œuvres "Shunro", puis "Sori" et prend le nom de Hokusai en 1798. Selon son humeur, ses changements de résidence et les étapes de son travail, il adopte une cinquantaine de noms et de signatures.

Hokusai naît à Edo en 1760. L'actuelle capitale du Japon est alors en pleine croissance, théâtre du développement d'une véritable culture populaire de l'image. Si l'on sait peu de choses sur la jeunesse de l'artiste, on pense qu'il commença à graver des planches pour la fabrication des estampes à l'âge de quinze ans. Entré en 1778 dans l'atelier de Katsukawa Shunsho, célèbre pour ses portraits d'acteurs de kabuki, Hokusai entreprend alors une carrière de dessinateur sous le nom de Katsukawa Shunro. Les quinze ans qu'il passe au sein de l'école Katsukawa sont d'intenses années de formation. Il réalise alors des estampes commerciales à bon marché, portraits d'acteurs, de jolies femmes, de guerriers célèbres, illustrant par ailleurs divers types de livres imprimés. Temps d'apprentissage, la période Shunro n'en reste pas moins riche et contrastée ; Hokusai se révèle sensible à l'influence de dessinateurs de différentes écoles et, changeant déjà de signature à plusieurs reprises, élabore peu à peu un style personnel.

vague Hokusai
La Grande Vague de Kanagawa, Hokusai


C'est en 1794 que s'opère le passage de la signature Shunro à celle de Sori. En adoptant cette nouvelle identité, Hokusai se détache résolument de l'école Katsukawa pour se rapprocher de l'école de Rinpa : la métamorphose stylistique est rapide et radicale. Les estampes produites en séries se raréfient, son activité se concentre alors autour des egoyomi, calendriers illustrés, et des surimono, gravures en une seule feuille destinées à un usage privé. Hokusai bâtit sa réputation sur ces œuvres luxueuses et raffinées, sur son habileté à traiter une grande variété de sujets, mais également sur sa capacité à illustrer le genre à la mode des kyoka ou poèmes-bouffe, traduction picturale de joutes poétiques sous forme d'estampes d'abord, de livres illustrés ensuite. Maniant le pinceau avec une assurance nouvelle, l'artiste produit par ailleurs un nombre de peintures nettement plus important. Très dense, la période Sori n'en est pas moins brève : en 1798, l'artiste change de nouveau d'identité, prenant le nom d'Hokusai, et s'installe comme artiste indépendant.

C'est au cours de la période 1805-1810, durant laquelle il passe du nom de Hokusai le « fou de peinture », à celui de Katsushika Hokusai, que l'artiste apporte une contribution majeure au genre des livres de lecture (yomihon). Ces fictions longues aux intrigues épiques et fantastiques sont alors très populaires à Edo ; elles constituent un défi pour les dessinateurs, qui doivent faire montre de vastes connaissances et d'une forte capacité d'invention, et ce en utilisant uniquement l'encre de Chine noire et les diverses nuances de gris qu'elle autorise. Le talent de Hokusai contribue à la revalorisation de ce type d'illustrations. Si la forte influence de la peinture chinoise sur sa manière est visible dans ces livres, elle se remarque principalement dans les peintures de cette période : la beauté gracieuse de la période Sori a laissé place à l'expression d'une plus grande sensualité. Moins nombreuses, les estampes n'en sont pas moins très diverses, témoignant d'un esprit et d'un humour que l'on ne trouve que rarement au cours des autres périodes.

À compter de 1810, Hokusai se consacre à un genre nouveau, celui des manuels de peinture. Suivi par un nombre croissant d'admirateurs dispersés dans tout le pays, sollicité par des disciples de plus en plus nombreux, l'artiste commence alors à concevoir des manuels à l'usage des jeunes artistes, qui peuvent par ailleurs faire office de recueils de modèles pour les artisans. Les Hokusai manga, qui doivent ce titre synonyme de « dessins variés » à l'artiste lui-même, sont publiés à partir de 1814. Ils constituent une prouesse dans le genre, rassemblant plus de trois mille neuf cents dessins d'une étonnante variété, allant de la description des mœurs urbaines à d'inattendues légendes ou encore au monde des religions : ils apparaissent encore aujourd'hui comme une encyclopédie du vivant et de la vie quotidienne du Japon de l'époque d'Edo. Manuels d'apprentissage, recueils de modèles, les Manga deviennent également un objet de délectation. Maintenue à un rythme irrégulier pendant de longues années, la publication de l'ensemble s'achève en 1878, avec la parution posthume du carnet 15.

Passé l'âge de cinquante ans, Hokusai s'éloigne donc de la production des livres de lecture (yomihon) pour se tourner vers la réalisation de manuels de peinture (etehon), qui témoignent de son ambition à diffuser sa manière dans tout le pays et à faire connaître son art auprès d'un public le plus élargi possible. Alors que paraît en 1814 le premier volume d'Hokusai Manga, le plus célèbre d'entre eux, sa production d'estampes et de peintures diminue. Il n'en produit pas moins des oeuvres importantes dans ces deux domaines sous la signature de Taito. Les vues aériennes de sites célèbres traduisent l'extrême minutie dont l'artiste est capable, également visible dans les peintures de cette période.

Au tout début des années 1830, en quelques années seulement, Hokusai réalise sous le nom de Iitsu ses oeuvres les plus célèbres. Durant cette période, l'activité de l'artiste se concentre en effet autour de la conception de ces estampes du monde flottant (ukiyo-e) qui fascineront les Occidentaux. C'est essentiellement la manière dont Hokusai se dégage des contraintes du genre qui fait la modernité de ses grands ensembles : que ce soit la série des Trente-six vues du mont Fuji ou celle des Voyages au fil des cascades des différentes provinces, pour ne citer que les plus célèbres, force est de constater que, contrairement aux usages, les estampes de paysage conçues par Hokusai ne s'appuient pas sur des sites clairement identifiables, illustrant davantage les métamorphoses du motif choisi. La période Iitsu se caractérise aussi par un regain d'activité dans le genre du surimono, ainsi que par l'originalité et la force de ses peintures : maniant le pinceau et l'encre de Chine avec une grande subtilité, Hokusai s'impose également comme un peintre remarquable.

En 1834, Hokusai publie la première partie du livre illustré intitulé Cent vues du mont Fuji, conclusion au trait de toutes ses représentations de la célèbre montagne. Il utilise alors pour la première fois la signature Gakyò Ròjin Manji — « Manji, le Vieil Homme fou de peinture » — et, dans la postface, déclare vouloir vivre plus de cent dix années afin de parvenir à son plein accomplissement artistique. Réaffirmée dans des ouvrages postérieurs, cette affirmation témoigne de la totale implication de Hokusai dans son travail, ce que traduisent également les œuvres des dernières années de sa vie. Il s'éloigne progressivement du monde de l'estampe pour se consacrer plus largement à la peinture. Les images du monde flottant, illustrations des mœurs de son temps, disparaissent au profit d'autres thèmes tels que le monde animal et végétal ou les sujets religieux. À compter de l'âge de quatre-vingts ans, Hokusai indique en outre sur la plupart de ses peintures la date précise à laquelle elle est réalisée, faisant de chacune d'entre elles une pierre supplémentaire à l'édifice de toute une vie.

Expositions Hokusai (sélection)



Tous droits réservés Ludovic Moreeuw - Contact : contactsite1a@orange.fr - Art contemporain
cookies