|
|
Galerie Lucie Weill & Seligmann - Charles Zalber, Paris Galerie Aittouarès, ParisExposition du 19 mai au 18 juin 2011
"Je souhaite donner un certain climat plus qu’une image précise, créer un sentiment global. Parfois cependant il m’arrive de
vouloir être plus précis, plus narratif peut-être, mais en cours de route cette précision initiale se perd, et au final, c’est différend
de ce que je j’avais pré-senti ou pré-vu.. et c’est souvent mieux. En fait, c’est l’aventure dans chaque toile" Jean-Pierre Ruel - extrait d’un
entretien avec Pierre Souchaud, Artension n°48
Cette année, c’est dans d’amples compositions au souffle épique que Jean-Pierre Ruel convoque ses allégories mystérieuses.
On y retrouve ses grandes figures hiératiques, prophète, chevalier, majestueux guide à la langue bleue aux pieds duquel
se blottit un petit peuple vibrant de couleurs. S’agit-il de métaphores du peintre, de celui qui nous « accroche par l’oeil et
[nous] emmène un peu plus loin dans ce monde » comme il aime à le dire ? Il est aussi question de fragilité là où le héros
tragique, précipité dans sa chute ou englouti par la bête, joue un destin au décor fastueux.
Plus chatoyantes que jamais, les scènes se déroulent dans un clair obscur qui nous rappelle que Jean-Pierre Ruel peint l’Intérieur.
Espaces clos soulignés par une fenêtre, ventre difforme de la bête repue, on ne trouvera jamais de point de fuite ou
de ligne d’horizon dans cette peinture. Ses captifs de l’esprit de l’artiste se pressent
à la surface du tableau où circule l’épaisseur de la matière.
C’est dans cette profondeur que se superposent les voies explorées, les repentirs ou les fulgurances qui mènent à ces compostions
rigoureuses car l’oeuvre de Jean-Pierre Ruel nous parle aussi du bonheur de peindre, de confronter l’intuition au
faire, du vif plaisir de la couleur. Tous ces discrets symboles, souffles, nimbes, empreintes de mains... sont autant d’éléments
picturaux articulant les masses, organisant savamment la composition. Exigeante et sensuelle la peinture de Jean-Pierre
Ruel nous convie à un festin toujours renouvelé. Elle nous sollicite, réveille notre appétit de couleur, d’onctuosité, l’envie de
toucher, de goûter. On ne peut échapper à la sensation de ces compositions que l’on parcourt sans fin, capté par leurs
méandres, sans jamais arriver à satiété.
|
|