C’est avec une attention particulière que le Musée de Elysée suit la
carrière du photographe français Raphaël Dallaporta (1980), révélé
il y a cinq ans dans l’exposition reGeneration. Son talent fut remarqué
en 2004 avec la série "Antipersonnel". Ses images de mines
antipersonnel, qui se définissent par une rigueur méticuleuse, suscitaient
à la fois fascination et répulsion.
En 2006, Raphaël Dallaporta poursuivit son
oeuvre engagée avec la série "Esclavage domestique", qui montre
les façades ordinaires de logements abritant des employés de maison
clandestins. Le photographe a choisi de garder ses distances
avec les victimes dont l’absence des images renvoie à la vie cachée
de ces êtres maltraités qui pourraient être nos voisins. La série "Fragile", qui date de 2010, s’inscrit dans une démarche similaire :
les organes de personnes défuntes sont isolés – tels des indices –
pour déterminer les causes de la mort. A nouveau, l’objet est
documenté de façon frontale et distante. La force du travail de Dallaporta naît de la confrontation
d’images "neutres" et de textes évoquant la souffrance humaine. Les humains sont absents des
photographies de Dallaporta et pourtant ils se trouvent au centre de son travail.
Suivant une politique de soutien à la jeune création, le Musée de l’Elysée a décidé d’acquérir un
ensemble important de photographies de Raphaël Dallaporta et d’organiser sa première exposition
personnelle dans un musée. Une monographie paraît aux éditions Xavier Barral (Paris) à
l’occasion de l’exposition.