C’est un périple au coeur de l’Arabie, rythmé par l’évocation
photographique des somptueux paysages de la région, que
propose cette exposition. Elle est conçue comme une succession
d’étapes dans quelques unes des grandes oasis de la péninsule
qui abritèrent, dans l’Antiquité, de puissants états, et le long des
routes du pèlerinage qui, à partir du VIIe siècle, convergent vers
les Lieux Saints de l’Islam. Les 300 oeuvres sélectionnées n’ont
jamais, pour la plupart, quitté leur pays d’origine. Elles
permettent d’esquisser un panorama inédit des différentes
cultures qui se sont succédées sur le territoire du Royaume
d’Arabie saoudite depuis la préhistoire jusqu’à l’orée du monde
moderne.
Ces oeuvres dévoilent le passé méconnu d’un monde arabe
préislamique, brillant et prospère, révélé peu à peu par les
fouilles archéologiques. Émouvantes stèles funéraires
néolithiques, statues colossales des rois de Lihyan (VIe-IVe s.
av. J.-C.), vaisselle d’argent ou bijoux précieux déposés dans les
tombes témoignent du dynamisme de cette civilisation originale.
Malgré des conditions naturelles difficiles, les hommes ont su
tirer parti de la position géographique du pays, lieu de passage
des routes reliant les rives de l’océan Indien ou les pays de la
Corne de l’Afrique à l’Égypte, la Mésopotamie et au monde
méditerranéen. Au début du Ier millénaire av. J.-C., ces échanges
transarabiques s’intensifient et font la prospérité des cités
caravanières, irriguant la culture locale de modes et d’idées
nouvelles venues des grands empires voisins.
Le deuxième volet de l’exposition met en évidence le rôle de
l’Arabie, berceau de l’Islam : sur les routes, les pèlerins se
mêlent désormais aux marchands. Un premier ensemble de
vestiges archéologiques évoque ces voies du pèlerinage et l’une
des principales étapes, Al-Rabadha.
Ensuite, une sélection de stèles funéraires illustrent l’évolution
de l’écriture et du décor entre le Xe et le XVIe siècles. Elles
permettent d’esquisser la société mekkoise de l’époque. Les
souverains musulmans rivalisèrent de largesses envers les lieux
Saints : constructions, embellissements divers, comme en
témoigne la porte monumentale de la Ka‘ba au nom du sultan
ottoman Murad IV (1623-1640).
L’exposition se termine par une évocation de la naissance du
Royaume d’Arabie Saoudite.