Ouvertes à tous les champs de la création et en particulier aux grandes civilisations, les
Galeries nationales, en co-production avec le musée des arts asiatiques Guimet, consacrent
pour la première fois en Europe une grande manifestation au taoïsme.
L’exposition La voie du Tao, un autre chemin de l’être familiarise le public occidental avec
un mode de pensée et une conception de l’homme dans l’univers qui lui sont fondamentalement
étrangers. Bien sûr, beaucoup ont déjà entendu parler du taoïsme, du yin et du yang, avec son
élégant symbole graphique ou encore du qigong, cette gymnastique du souffle que l’on pratique
en plein air… Mais tout ceci, en dépit de son charme, reste très mal connu. Les différents
thèmes abordés et illustrés dans cette exposition, permettront au visiteur des Galeries
nationales de comprendre les démarches philosophiques, poétiques, religieuses et scientifiques
qui font du taoïsme « une autre façon de vivre », dont le souci ultime s’apparente à la
recherche d’un accord harmonieux et pérenne entre l’homme et l’univers.
Avec près de 250 oeuvres très diverses, de la peinture à la sculpture, de la céramique à l’art
du bronze ou du textile, l’exposition permet de «voir» comment le taoïsme s’est exprimé au
fil des siècles à travers quelques grands thèmes fondateurs, et dévoile de façon transversale
et inédite les plus beaux objets des collections du musée Guimet, d’Europe, des Etats-Unis et
de Taiwan. Souvent méconnues ou bien détournées de leur véritable contexte, ces oeuvres
retrouveront ici leur sens plein et entier.
Le taoïsme n’est pas une religion au sens où nous l’entendons généralement, à savoir, inféodée
à un dieu unique et créateur, mais plus simplement un mode de vie, un état d’esprit autorisant
une pluralité d’attitudes et, par conséquent, d’écoles.
Le taoïsme est un mode de pensée qui exalte la vie et fait le pari du bonheur des êtres sur
terre et au-delà. Il offre à l’appui de ses théories, l’image de la joie rayonnante qui
illumine le saint de l’intérieur et se propage à l’extérieur, accessible à tous sans
exception.
Les fondements philosophiques du taoïsme étaient déjà présents dans la société chinoise
longtemps avant que ne fut établi un «taoïsme religieux» à la fin du IIe siècle de notre
ère, structuré comme une véritable religion, avec un panthéon, des textes sacrés, une
prêtrise, une organisation en paroisse, des temples et des adeptes se réclamant de cette
école.
C’est le développement ultérieur du confucianisme, puis l’intrusion du bouddhisme, qui liés à
d’autres aléas historiques – ont largement occulté aux yeux de l’Occident l’omniprésence
religieuse et culturelle du taoïsme en Chine. La réédition et la diffusion des textes sacrés
du canon taoïste en 1926, alors menacés de disparaître, a permis que s’engage un effort de
traduction, d’analyse et d’interprétation qui permet d’inscrire à nouveau le taoïsme dans le
concert des religions du monde.