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Cité des sciences et de l’industrie, ParisExposition du 7 décembre 2010 au 13 mars 2011
Attaché à la démarche de dialogue et de productions fécondes entre les arts, les sciences
et les technologies, Universcience propose à ses visiteurs, sur le site de la Cité des sciences
et de l’industrie, Vostok une installation conçue et produite par F93.
Vostok est le fruit d’une collaboration entre un
astrophysicien (Jean-Philippe Uzan), un musicien
(Eddie Ladoire) et des plasticiens (Atelier
Van Lieshout). Ce projet emprunte son titre à
"Vostok 1", une capsule qui permit à Youri
Gagarine, en avril 1961, de devenir le premier
homme dans l’espace.
Vostok est une installation plastique et sonore
consacrée à l’univers. Elle veut donner à entendre
certains des objets de recherche qui
passionnent les astrophysiciens : la vie et la
mort d’une étoile, pulsars et supernovae, trous
noirs et systèmes planétaires, etc.
En suivant l’idée qu’il est possible, grâce à la
musique, de ressentir de tels objets, d’en partager
et finalement d’en comprendre la nature,
VOSTOK propose à l’écoute une bande son de
26 minutes dans laquelle l’auditeur se trouve
comme "placé à l’intérieur d’une galaxie".
Un tel principe est ici devenu accessible grâce
à la capacité d’évocation des sons créés par
Eddie Ladoire, à l’usage qu’il fait de spectres
sonores utilisés par les astrophysiciens euxmêmes
pour décrypter les énigmes de l’univers,
ainsi qu’aux possibilités offertes par le
son qui, employé sous certaines fréquences,
agit physiquement sur notre corps.
Pour renforcer davantage encore les pouvoirs
de cette fiction, les plasticiens de l’Atelier Van
Lieshout ont doté Vostok d’une cabine d’écoute
qu’ils ont décidé d’appeler "la résistance".
D’une capacité d’accueil de 4/5 personnes,
cette cabine offre à ses occupants-auditeurs
un confort rudimentaire, les plasticiens ayant
imaginé, sous la forme d’un abri de fortune
réalisé avec des matériaux de récupération,
l’ultime réponse de survivants pris dans une
catastrophe globale.
Présentation
Vostok, pièce sonore, a pour thématique la visite
de notre galaxie, un axe de travail déterminé
par les recherches de Jean-Philippe Uzan,
astrophysicien. Des origines au futur de l’univers,
de la formation de la matière à la formation
des galaxies, Jean-Philippe Uzan a tenté
de donner un aperçu relativement précis de
l’état actuel de la recherche en astrophysique à
Eddie Ladoire, le novice, l’artiste non-sachant.
Dans ce panorama de connaissances scientifiques
élaborées et complexes, certains
thèmes ont retenu l’attention du musicien
et ont plus particulièrement fait écho à ses
références et réflexes de compositeur. Vostok
aborde par exemple le thème du son
dans l’espace et des ondes acoustiques. En
effet, l’univers serait constitué d’un plasma
de proton-photon, lui-même soumis à des
ondes acoustiques (du son !!). Ces ondes sont,
a priori, inaudibles, mais sensibles, comme
certains sons diffusés par des haut-parleurs
dans des pièces électroacoustiques; sons que
nous n’entendons pas mais que nous ressentons,
qui font vibrer notre corps.
Vostok plonge également ses auditeurs dans
les constituants d’une galaxie que sont les
étoiles à neutron, les pulsars, les supernovae,
etc., autant d’éléments qui font aujourd’hui
l’objet d’enregistrements sonores effectués
par les scientifiques eux-mêmes. En somme,
une matière sonore rare et extrêmement riche
dont s’est servi Eddie Ladoire pour constituer
une partie de sa palette sonore : des matières
froides, grises, propres à ce que lui racontait
le scientifique.
Au cours de cette collaboration entre Uzan et
Ladoire, le scientifique a souvent employé un
vocabulaire très musical pour décrire l’univers
: son, bruit, silence, ondes acoustiques,
vibrations, fréquences ou phases aléatoires.
Ce projet entre Uzan et Ladoire n’a pas pour
objectif de retranscrire fidèlement des thématiques
fournies et expliquées par un chercheur,
ni de les transposer littéralement, même si,
d’emblée, des parallèles peuvent se faire entre
les démarches scientifiques et les méthodes de
composition musicale, notamment la recherche
sur le son et ses propriétés.
Avec Vostok, il s’agit plutôt pour Ladoire de
proposer une interprétation des thèmes abordés
avec Uzan, d’en imaginer un développement
nouveau, non plus scientifique mais
artistique, subjectif. Le musicien s’est livré à
un patient travail de lecture et d’exploration
de la matière fournie par le chercheur, pour
créer, à partir de ce qui l’a particulièrement
touché, un moment sonore, sorte de paysage
acoustique de l’univers.
Vostok est une référence directe à « Vostok
1 », une capsule qui permit à Youri Gagarine,
en avril 1961, de devenir le premier
homme dans l’espace.
L’installation Vostok est le moyen de réaliser
un peu du rêve de chacun de voyager dans
l’espace ; elle permet aussi de vivre la perte
de repères spatio-temporels, le confinement,
l’isolement et la promiscuité de la cabine
voyageant dans l’espace.
Toute une expérience que les plasticiens de
l’Atelier Van Lieshout, auteurs de la cabine
permettant d’écouter la pièce d’Eddie Ladoire
ont voulu nourrir et prolonger à leur façon. Ils
ont conçu une habitation nomade temporaire,
transportable, un abri blindé de trois tonnes
fait de vieilles plaques provenant de bateaux
et de machines en démolition.
Ces matériaux, rebuts de notre société, à
l’aspect très dur, dirigent la fondation de la
cabine. De par sa vie antérieure, la matière
est tordue, abîmée, irrégulière. On ne peut
construire d’angle droit à partir de ces ressources
sinistrées.
La cabine ressemble à un dispositif de défense
ou d’attaque improvisé, fabriqué par
un forgeron local afin d’avoir une meilleure
chance de survie en des temps de révolution
et de guerre civile. à l’intérieur, des toilettes
improvisées, un fourneau, deux petites tables
pliantes et des bancs/lits assurent l’existence
de 4/5 personnes.
Pour Van Lieshout, cette cabine révolutionnaire
est tout sauf branchée ou policée. à l’intérieur
de ce lieu, la créativité peut s’épanouir
comme nulle part ailleurs. En entrant dans la
cabine Vostok, le public est submergé par sa
construction et son contenu et, à l’écoute des
sons imaginés par Eddie Ladoire, il doit pouvoir
reprendre contact avec un soi plus authentique.
La lourdeur du matériau choisi est volontairement
opposée à la légèreté de l’expérience
intime proposée dans la cabine. Les matériaux
qui entourent l’auditeur lui parlent de l’état
actuel des choses, telle une commémoration
de la société, et soulignent l’approche minimaliste
de la composition musicale. La pièce
dans son ensemble permet à chacun de saisir
des signes et des sons que nous serions incapables
de saisir autrement.
Vostok est un lieu pour une réelle indépendance,
une entité auto-suffisante.
L’installation Vostok est accompagnée d’un
court film présentant aux visiteurs les ressorts
de ce projet. Des interviews de Jean-
Philippe Uzan, d’Eddie Ladoire et de Joep Van
Lieshout permettent de découvrir le travail de
chacun et les principes de leur collaboration
sur cette initiative.
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