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Maison Européenne de la Photographie, ParisExposition du 18 janvier 2012 au 25 mars 2012

Micha, Prague, 1994 © photo William Ropp
William Ropp présente, à la Maison Européenne de la Photographie, une sélection
d'une vingtaine de photographies ponctuant vingt années de travail. A voir à Paris à partir du 18 janvier 2012.
De l'obscurité révélatrice du studio aux vastes étendues africaines, en passant par les villages du Mexique, ici, ailleurs, partout, William Ropp détaille
les fils d'une obsession pour l'homme dépouillé de ses artifices, pour la chair sombre et difforme du désir, pour l'enfance inquiète, immobile dans
l'embrasure de la porte.
La scénographie particulière des images de William Ropp, provient, à l'origine,
du théâtre où il a fait ses premières armes avant de co-fonder la
compagnie "Théâtre X". Cette expérience de direction d'acteurs acquise,
le sujet, dans son univers, est alors guidé de l'obscurité vers lui-même,
un autre lui, un possible. La photographie intervient comme une machine à
capter les rêves, à prendre en compte une autre réalité.
A partir de 1988, William Ropp opte pour le noir et blanc et photographie des
corps dans des miroirs déformants afin de prolonger un certain malentendu
sur la posture. Ces photographies, parfois paradoxales et surréalistes,
connaissent rapidement le succès et ont fait l'objet de la publication de
dix livres, à ce jour.
En 1993, William Ropp s'intéresse aux attitudes non maîtrisées des êtres humains,
les plongeant dans le noir du studio pour mieux les révéler, les peignant
doucement, d'un faisceau de lumière léchant leurs contours. Grâce à ce
procédé de dévoilement, l'intrusion de la lumière provoque l'accident de
la forme. William Ropp fait alors peser son regard sur les défauts de la
peau, les creux, les pleins, les aspérités de la matière. Il modifie les
structures du corps et des visages, comme pour aller au bout d'un projet
de la nature sans cesse contrarié par la volonté de paraître. Ses photographies
cherchent ce moment rare du relâchement de l'individu dans sa lutte
contre lui- même et le monde.

Sans titre, 1993 © photo William Ropp
Sur un coup de tête, en 2007, William Ropp rompt momentanément avec le studio qu'il
déporte dans la nature africaine, pour saisir le rêve, l'incarnation animiste
d'enfants de la nature. Seul, en tête à tête avec ces enfants d'ailleurs,
William Ropp crée une série empreinte d'un onirisme puissant, sans
autre définition que le rêve et l'instant propre à chacun de ses enfants.
William Ropp passe alors à l'enseignement qu'il affectionne particulièrement
et dirige une longue série de workshops, notamment en Norvège.
Aujourd'hui, son travail s'oriente vers la couleur, "seulement depuis
qu'elle devenue totalement maîtrisable" dit-il. Cette nouvelle étape,
initiée en 2010, se focalise sur les mêmes thèmes, mais revisités par une
pause inspirée de la peinture classique. William Ropp cherche à confronter
l'hyperréalisme de la photographie aux ombres sculpturales de la peinture.
De ces images, dont on ne peut plus lire l'apport dominant, il ressort
des personnages déifiés, magnifiés, d'autres embaumés. Cette petite
fille aux yeux glauques interrogatifs, par exemple, posant fat dans une
robe du 19ème, photographiée en couleur dans un cadre classique. Est-ce un
regard ironique de la part du photographe ? Certainement pas, il y a trop
d'affection dans le regard de William Ropp.
Puisant son inspiration dans les autres arts et leurs techniques, William
Ropp convoque une histoire millénaire du portrait qu'il s'approprie dans
une expression entre tradition et vision singulière.
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