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Eija-Liisa Ahtila |
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L'oeuvre de l'artiste s’inscrit clairement dans le domaine du récit. La narration se fait aussi bien par le texte que par l’image.
Eija-Liisa Ahtila utilise un cinéma très professionnel. Les personnages de ses films sont joués par des acteurs professionnels. Chez Ahtila rien n’est laissé au hasard.
Les thèmes abordés par l'artiste (amour, sexualité, colère, deuil, identité, désirs, etc.) traduisent des états intérieurs, des états psychologiques et des émotions.
A l'instar de beaucoup d'artistes contemporains, la place du spectateur tient un rôle central chez Eija-Liisa Ahtila.
Dans cette série d’un humour grinçant, un modèle féminin, nu, mime les comportements d’un chien. Ni autoportrait, ni stigmatisation d’un problème de société, ce projet reste très énigmatique.
The Hour of Prayer est un petit conte sur l’attachement et la mort qui s’inspire de la vie d'Eija-Liisa Ahtila. Derrière les événements liés à la mort d’un chien se cache le thème sous-jacent de l’intrusion de la mort et du deuil dans un foyer. L’installation est faite d’images réalisées au moment des événements, et de reconstitutions. L’action se déroule du mois de janvier à New York au mois de décembre au Bénin.
The House raconte l’histoire d’une femme qui entend des voix, lesquelles bouleversent sa notion du temps et de l’espace. Conçu à partir d’entretiens réalisés avec des femmes psychotiques, le film donne une vision approfondie du basculement dans l’irrationnel à travers un récit qui repose sur la perte des repères temporels et spatiaux.
La scène se passe en Afrique occidentale. Des pêcheurs prennent le large, malgré un vent violent et des vagues énormes. Leur embarcation finit par chavirer et l’équipement de pêche se répand dans l’eau.
Encadrées deux à deux, ces photographies forment des diptyques qui reposent, à trois exceptions près, sur le principe du montage entre deux opposés, comme le proche et le lointain, l’intérieur et l’extérieur, ou un portrait et un paysage. Elles fonctionnent comme des notes de travail.
Consolation Service a pour thèmes la mort, la rupture, le temps qui passe. Le film raconte la vie d’un jeune couple en plein divorce. Dès le début, la narratrice nous livre ses réflexions sur la situation que l’on voit à l’écran, déroulant ainsi tout au long du récit un second niveau de lecture. Le style du film mélange réalisme documentaire et cinéma fantastique.
L’œuvre est conçue pour deux écrans : l’image de droite concerne l’histoire, décrit le cours des événements, tandis que celle de gauche s’attarde davantage sur le paysage, des émotions et de petits détails qui dévoilent les sous-entendus du récit.
Me/We a pour sujet le contrôle et l’équilibre de notre identité individuelle. Le film est centré sur un épisode familial absurde, raconté à travers la voix du père pendant qu’avec sa femme et ses deux enfants, ils étendent le linge dans le jardin. Il s’adresse directement au spectateur, mais sa voix sort ensuite parfois de la bouche des autres personnages.
Dans Okay, un seul personnage-narrateur apparaît à l’écran mais plusieurs voix, féminines ou masculines, interprètent ses humeurs, désirs et inhibitions pendant une relation sexuelle.
Gray traite du moment où la réalité bascule à la suite d’une catastrophe, et des frontières pas toujours bien définies entre le Moi et l’Autre.
Where is Where? est un film qui aborde le thème du colonialisme. Le point de départ renvoie à un fait réel ayant eu lieu à la fin des années 1950, en Algérie, où en réaction aux atrocités commises par les Français, deux jeunes Algériens ont tué leur camarade français. Les événements sont traités comme une fiction et reconstitués dans un décor, comme au théâtre.
Nourrie de textes de Frantz Fanon, psychiatre et militant anticolonialiste d’origine antillaise, cette œuvre adopte une forme très poétique et aborde ce meurtre, au travers des questions du temps et de la mort, à la lumière de la situation mondiale actuelle.
Dans ces quatre sculptures et dans l’installation The House, l’idée de maison est traitée d'une manière très différente, mais aux yeux de Eija-Liisa Ahtila, "dans les deux cas, la maison est une sorte de métaphore de l’esprit humain".
