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Jean Michel Alberola

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Biographie de Jean Michel Alberola


Jean-Michel Alberola, peintre français apparenté à la figuration libre, naît en 1953 à Saïda en Algérie.

Jean-Michel Alberola
Jean-Michel Alberola, ANNA MARIA BERGDORF, 1998-2005. Collection Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne Métropole. © Adagp, Paris. Photo : Yves Bresson / Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne Métropole.

En 1962, la famille de Jean-Michel Alberola, originaire d’Espagne, s’installe en France. Jean-Michel Alberola suit les cours de l'école des Beaux-Arts de Marseille.

En 1981, Alberola participe, avec d'autres artistes tels Robert Combas et Jean-Charles Blais, à l'exposition Finir en beauté organisée par le critique d’art Bernard Lamarche-Vadel dans son loft parisien. Alberola devient alors une figure de la figuration libre.

Se définissant comme un peintre avant tout, Jean Michel Alberola crée également des collages, des objets et des sculptures dans lesquels l'écriture tient souvent une place prépondérante. Il n'hésite pas à utiliser photographies, cartes postales, objets trouvés, films et textes.

Jean-Michel Alberola mêle à des références intellectuelles tirées de l’histoire de l’art des éléments proches de la culture populaire et de la bande dessinée. Dans ses peintures s’entremêlent des références issues de domaines hétérogènes tels que l’art conceptuel, la mythologie, l’Afrique, le Christ.

L'oeuvre de Jean Michel Alberola, une réflexion sur le pouvoir de l'image, se nourrit de l'iconographie d’origine biblique (Suzanne et les vieillards) ou mythologique (Le bain de Diane, La Mort d’Actéon). "Diane et Actéon", "Suzanne et les vieillards", sont les personnages emblématiques d’une réflexion que l’artiste mène sur le pouvoir de l’image et la puissance du regard : regard coupable d’Actéon surprenant Diane au bain ou voyeurisme des vieillards épiant Suzanne. Se reconnaissant dans la figure d’Actéon, Alberola signe ses toiles en ces termes : Actéon pixit, Actéon fecit, A. fecit ...

Le rôle du regard est prépondérant, tant dans l'inspiration de l'artiste que dans la perception de son oeuvre.

S'il est toujours question de peinture et de figure dans l'oeuvre de Jean Michel Alberola, celle-ci est liée à des cheminements moins attendus, plus difficilement cernables, des formes et attitudes variées. Pour Alberola, le peintre demeure celui qui tout à la fois regarde le monde et en produit des images offertes au regard des autres. Ce propos humaniste et politique procède pour l'artiste de son incapacité affirmée de pouvoir pratiquer une quelconque activité artistique sans avoir conscience des traumatismes produits par l'holocauste ou l'extermination de populations comme au Rwanda, qu'il choisit d'évoquer en se saisissant de l'oeuvre célèbre de Nicolas Poussin : Le Massacre des Innocents.

L'artiste procède par la méthode des mosaïques et compose une galaxie destinée à illuminer la mémoire individuelle et collective du monde occidental. Il s'interdit tout point de vue, toute vérité assénée, pour désigner des espaces intermédiaires, des lieux d'échanges, de contacts et de dialogue. Chaque objet est à faire soi-même, est un bruit du monde, un jalon depuis lequel se tissent des références à l'histoire de l'art, à l'actualité la plus brûlante, à l'autobiographie comme aux territoires de l'enfance. On le dit peintre car la peinture est au centre de toute sa démarche. Pourtant, si celle-ci est le pivot de son oeuvre, sa pratique n'a cessé d'être l'énoncé d'un trouble qui provient de la conscience aiguë de "venir après". Impossible aujourd'hui de prendre la peinture de face, comme si le cinéma, les deux Marcel (Duchamp et Broodthaers) et surtout Auschwitz n'avaient pas bouleversé notre faculté de dire le monde.

peinture Alberola
Jean-Michel Alberola, ANNA MARIA GRETHER, 2002. Collection Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne Métropole. © Adagp, Paris. Photo : Yves Bresson / Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne Métropole.

En 2008, le Musée d'Art moderne de Saint-Etienne organise une exposition des oeuvres de Jean-Michel Alberola, intitulée La précision des terrains vagues (extension). La présence d'oeuvres aussi différentes que des néons, des dessins, des gouaches, des peintures, manifeste la volonté de Jean-Michel Alberola d'être un artiste imprévisible proche de l'esprit de continuation et de remise en cause propre à l'art de la fin du 20ème siècle.

En 2009, l’oeuvre imprimé de Jean-Michel Alberola fait pour la première fois l’objet d’une exposition à la BnF.



Expositions Jean Michel Alberola (sélection)


  • 1982 : "... de Suzanne", galerie Daniel Templon, Paris

    "La Galerie Daniel Templon expose un ensemble important d’oeuvres récentes de Jean-Michel Alberola à la suite de sa participation remarquée aux Ateliers 81/82 de la section ARC du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris cet hiver.

    Il s’agit d’une série de 11 huiles sur toile de moyen et grand format et de 12 pastels sur papier exécutés en 1981 et 1982.

    Les tableaux s’ordonnent tous autour du célèbre mythe de «Suzanne et les vieillards». Toutefois la référence biblique est moins marquée dans l’oeuvre d’Alberola que celles qui procèdent du florilège d’interprétations de ce mythe dans la tradition plastique, notamment chez le Tintoret. Les multiples aspects de cette «histoire», parmi lesquels la chasteté et la lubricité, s’ordonnent mystérieusement et laissent apparaître des traces propres à exciter la curiosité cryptographique du spectateur.

    Les pastels procèdent du même esprit mais évoquent davantage la version hellénique de ce mythe : Actéon, fils d’Aristée, aperçoit par hasard Artémis en train de se baigner dans un torrent. Il ne s’éloigne pas et la regarde. De crainte qu’il ne se vante par la suite qu’elle s’est montrée nue en sa présence, Artémis le change en cerf et le fait mettre en pièces par sa meute de cinquante chiens.

    En réalité, l’univers d’Alberola, et ce qui le peuple, personnages, animaux, objets, cadres retournés et sur certaines oeuvres la silhouette de l’artiste lui-même constituent un ensemble de symboles qui participent les uns des autres et s’éclairent mutuellement. Comme l’écrit Robert Graves : "Lorsqu’on essaie de comprendre un récit mythique..., il convient d’être très attentif au nom, à l’origine tribale ou au destin des personnages ; il faut ensuite le rétablir dans sa forme primitive de représentation rituelle ; c’est souvent alors que certains détails suggèreront des analogies avec un autre mythe auquel on avait donné un sens anecdotique entièrement différent." Placé dans le faisceau de ces significations, c’est à cette quête que le public est invité à l’occasion de la présentation de cette exposition."

  • 1997 : "Jean-Michel Alberola", Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

  • 2007 : Extension de l'idée fixe, Galerie Catherine Issert, Saint-Paul de Vence

    "C’est une histoire déjà ancienne comme commencent parfois les contes. Histoire d’amitié, d’émulation, bref collective, quelque peu "familiale" même... Cela avait commencé en 1987 avec Erik Dietman et Bertrand Lavier sous la houlette de Bernard Marcadé dans le même écrin... Tel un sérial, cette catégorie de feuilleton qui rythmait le temps fictionnel du siècle de Fantomas, Jean-Michel Albérola réapparaît chez Catherine Issert.

    Si l’amitié et l‘émulation collective sont désormais des souvenirs, la fidélité trouve l’occasion de se dire aujourd’hui. La fidélité est une rémunération du temps comme Mallarmé disait que la parole rémunérait la langue. Fidélité à l’espace d’une galerie, fidélité à la peinture, fidélité à l’histoire de l’art.

    De ce dernier point de vue, toujours herboriste iconographique, Jean-Michel Albérola rassemble, agence, monte. Sans doute le dessin a-t-il privilégié la ligne et émoussé la brusquerie des rapprochements et des effets de collage. Pourtant, la ligne se fait plus souvent contour. Mais, désormais, les compositions privilégient fréquemment la transfusion et la métamorphose, un peu à la manière de ce passage qu’Albérola n’oublie pas, entre des célibataires et une mariée... Il fut un temps, Albérola esquissait et suspendait le sens. Aujourd’hui, il suggère, il diffère. Les contradictions s’affirment aussi, à l’instar du monde réel contemporain et de ses maux qui frappent plus fortement à la porte de l’atelier.

    "Comme au cinéma" dirait-on : çà glisse d’une image à une autre, mais les contrastes colorés n’en disparaissent pas pour autant. Et puis l’écriture s’impose. Elle ne commente pas seulement l’image, elle est devenue image. Ce qui se lit se voit. Et le contraire sans doute... En ce sens la fresque murale est devenue l’acte qui associe lire et voir. Comme les réclames de la fin du siècle de Baudelaire."

    Dominique Païni , avril 07



  • 2008 : "La précision des terrains vagues" (extension), Musée d’ Art Moderne de Saint-Étienne Métropole.

    Source : guide du visiteur, La précision des terrains vagues (extension), Musée d’ Art Moderne de Saint-Étienne Métropole :

    L’exposition présentée au Musée d’Art Moderne, pensée par l’artiste, offre une multitude de slogans, d’images, d’icônes, d’éclairages, d’enseignes, de figures, de décors, d’ambiances. La complexité du monde qui est proposée répond à celle du nôtre. Les simplifications sont en effet dangereuses, et les mots et la figuration sont déjà une trahison de la pensée : tout discours est forcément simplificateur. Par le foisonnement, le fragment, la multiplication des méthodes figuratives et des techniques, Jean-Michel Alberola s’efforce de ne pas enfermer la pensée et l’image. Le refus du dogmatisme est évident. En même temps il énonce la nécessité de dire, d’exprimer, de dévoiler un peu de la réalité, de dénoncer aussi, et enfin de s’amuser. Les oeuvres de Jean-Michel Alberola sont politiques et ludiques, élitistes et populaires. Nourries de l’Histoire, du cinéma, de littérature, de Beaux-Arts, les images témoignent de résurgences, de réactions au monde, de souvenirs ; des liens se créent, une idée en entraîne une autre. Les propositions, l’indécision, les assemblages et les collisions permettent au spectateur déambulant dans l’exposition de pénétrer un monde déstabilisant, dans lequel pourtant rien n’est étranger.

    Les murs peints évoquent les fresques médiévales, ils sont comme les pages d’un récit discontinu du monde : La question du pouvoir est la seule réponse – une impasse qui résume l’absurdité qui mène pourtant le monde, une quête éperdue, vide de sens, dominante et évidente pour un pouvoir qui n’a pour fin que lui-même. D’autres images fonctionnent comme des slogans apparemment absurdes, mais surtout poétiques (La sortie est à l’intérieur, comme si la solution ne pourra venir que d’une introspection).

    Les images de Jean-Michel Alberola sont à la fois incisives et paisibles. Dans la série des Heimatlos, il évoque les exilés forcés, chassés de territoires qui leur sont interdits ; la série des Situations politiques du Roi de Rien ne montre que des pieds nus et l’inscription du titre et de la date, tournant en dérision la solennité traditionnellement liée à la fonction de nos dirigeants. Les onze chapitres d’Un sentiment politique fonctionnent comme une sorte de journal intime dévoilant un système de pensée. Les schémas invitent à une lecture très scientifique du cheminement de la réflexion, mais les idées, les questions, les réminiscences, les déclarations, apparaissent dans une sorte de naïveté, de jubilation de la parole, d’acceptation d’une dérive poétique.

    La série des Paupières inférieures / Paupières supérieures semble la plus nostalgique, dévoilant un univers de l’entre-deux, celui des souvenirs, des visions, des hommages. Les paysages sont à la fois précis et anonymes, les titres venant ancrer ces évocations dans un contexte particulier (La vision de Robert Walser...). L’écrit est essentiel, les titres sont la plupart du temps inscrits dans l’oeuvre elle-même, ils permettent d’identifier, mais aussi de transformer et de déjouer les attentes, lorsqu’ils viennent s’appliquer sur les statuettes africaines Ewe, transformant la statue en étendard d’un slogan.

    Les néons reprennent les traits des peintures murales : contours de visages et énonciations, mais le matériau nous invite à une autre poétique, plus urbaine, plus technologique, plus frappante.

    À propos des oeuvres de l’exposition

    Déjà présent dans les collections par une série de peintures et de dessins, Jean-Michel Alberola propose, pour sa première exposition muséale en France, au Musée d'Art Moderne de Saint Etienne Métropole, un parcours inédit constitué essentiellement de peintures murales produites in-situ. Une suite d’images à regarder et déchiffrer estainsi composée, invoquant à la fois les fresques médiévales, les affiches et les graffiti qui saturent notre champ visuel au quotidien.

    Des dessins de petit format et des objets en néon complètent cet ensemble pour offrir un aperçu de ce monde si particulier mêlant la mémoire et l’ironie, la figure et la parole, le message et le mystère.

  • Les Néons

    Alberola dévoile ici un aspect important de son travail : les sculptures en néon qui dessinent des paroles ambiguës, entre prophétie provocatrice, slogan politique ou jeu de mot duchampien. Dans ses oeuvres, l’artiste interroge la valeur du slogan, du concept, du mot d’ordre à l’origine de l’oeuvre. Le Musée d'Art Moderne de Saint Etienne Métropole expose une sélection d’oeuvres en néon dont «La question du pouvoir est la seule réponse», «1968», «Luxe», «Ce qui nous manque à chacun», «Ni la loi, ni la grâce», «Toi-même», «Un group » et «Stratégie stratécirque». Elles mêlent réflexion politique et artistique, tout en interrogeant le spectateur sur sa relation à l'oeuvre d'art et sa commercialisation. Les principaux thèmes de réflexion présents dans les oeuvres exposées concernent le groupe ou encore la société de consommation.

    Le questionnement de Jean-Michel Alberola transparaissant de ses oeuvres de néon pourrait s'articuler de la manière suivante : comment éclairer le monde ? Comment la pensée parviendra-t-elle à faire du pouvoir son seul enjeu et à faire de la société de consommation sa seule proie ? Jean-Michel Alberola ne répond pas aux questions qu’il pose, mais il a le mérite de formuler un malaise, celui de savoir quelle révolution est encore possible aujourd’hui.

    «Un Groupe» :

    Cette oeuvre représente un groupe à la forme abstraite, continue et biscornue, évoquant peut-être l’idée que le groupe n’est que la revendication de l’Un, de la multitude en un seul. À ce «groupe», on peut opposer une autre oeuvre de J-M. Alberola : «Rien». Ce néon reproduit d’une écriture manuscrite aux lettres enchevêtrées le mot rien, en lettres rouges et lumineuses. Ce mot résonne comme un défi, comme si rien n’était possible pour changer le monde et produire enfin quelque chose ensemble, en «groupe».

    «1968»:

    Dans «1968» (2007), l’artiste cherche à créer un discours, à comprendre une situation nouvelle pour l’art depuis 1968 et ses bouleversements. «1968» apparaît en lettres rouges, aux côtés d’un dessin intitulé de manière énigmatique «La vision de Depardon en 1968 à Paris». L'artiste propose un néon à demi-éclairé demi-opaque, comme un clin d'oeil à l'ombre invisible d'une année aujourd'hui si controversée. En effet, si 1968 est bien une «bouffée de réel à l’état pur», comme le dit Gilles Deleuze, Jean-Michel Alberola formule un discours ambigu, alliant à la fois croyance dans le changement et désillusion.

    «La question du pouvoir est la seule réponse» et «Luxe»:

    À travers ces deux oeuvres, faites de néon de la même couleur (bleu), l'artiste illustre une contradiction, celle de notre société : d'un côté, il induit que le pouvoir reste à prendre, qu'il est encore possible de construire quelque chose ensemble, et de l'autre il nous rappelle que notre société est avant tout dominée par le culte de nouvelles idoles : la consommation, le luxe, conduisant à l'atomisation des individus et à leur incapacité à créer ensemble un monde plus harmonieux.

    «Stratégie stratécirque» :

    La référence au cirque signale tout à la fois un lieu de spectacle vers lequel convergent des groupes d'enfants et d'adultes, la diversité et le caractère éphémère des jeux, des "événements" qui s'y déroulent. N'est ce pas une réplique du monde dans lequel nous vivons ? J-M. Alberola révèle la futilité du "cirque médiatique", nos vanités et l'illusion qui régit la cité et tente de nous extirper de la torpeur dans laquelle nous plonge le monde contemporain.

  • Les Peintures Murales

    Jean Michel Alberola choisi de couvrir les murs du Musée d'Art Moderne de Saint Etienne Métropole d'une immense peinture murale, approche esthétique de l'oeuvre considérant à la fois ses conditions d'apparition et d'inscription dans l'espace et dans le temps du lieu. Cette oeuvre est par nature unique et éphémère. La présence d'autres oeuvres aussi différentes que des néons, des dessins, des gouaches, des peintures, manifeste la volonté de Jean-Michel Alberola d'être un artiste imprévisible proche de l'esprit de continuation et de remise en cause propre à l'art de la fin du XX° siècle. Plutôt que de s'arrêter d'oeuvre en oeuvre, le visiteur est invité à circuler dans un univers stimulant le regard et la pensée de manière globale. Les couleurs, les formes, les citations, les mots, la diversité matérielle des oeuvres et leurs multiples sources iconographiques (historiques, savantes, populaires) en constituent les termes et l'enjeu.

  • Les Dessins

    Le dessin occupe une place très importante parmi les multiples moyens d'expression qu'affectionne Jean-Michel Alberola. Il en développe les potentielles digressions et le considère comme un acte mimétique de la pensée. Ses oeuvres ouvrent un espace de mémoire qui mélange pêle-mêle : Diane et Actéon, l'histoire de la peinture et de la pensée occidentale, des figures emblématiques et populaires, des sentences et des aphorismes récurrents...

    Cinq gouaches exposées appartiennent à la collection du Musée (achat 2008) : Anna Maria Grether (2002), Katarina Joséphine Watcher (2002), Michael Humboletzky (2002), Jeanne, Pierrette, Martin, Gotlieb, Spiess (2002) et Anna Maria Bergdorf (1998-2005). Dans cette série, J.-M. Alberola offre un portrait conceptualisé de personnages devenus nomades, ayant perdu l'identité d'une personne. Mais cette identité n'est pas dépeinte par Jean-Michel Alberola selon une ressemblance de traits physiques, mais en tentant d'évoquer des traits d'une sensibilité qui correspondrait à celle de ces personnes éloignées de chez elles, nostalgiques et solitaires, errantes et fragilisées. Ainsi, Anna Maria Grether, Katarina Joséphine Watcher, Michael Humboletzky, Jeanne, Pierrette, Martin,Gotlieb, Spiess et Anna Maria Bergdorf sont autant d'exilés devenus criminels en Suisse, fichés par la police et dont les clichés ont été utilisés par Jean-Michel Alberola. Leur destin ainsi traduit par l'artiste devient une thématique universelle dépassant les cas personnels, ce qui constitue bien le rôle même de l'art.

    Citations de Jean Michel Alberola


    "J'ai trouvé quelque chose à vous dire et je vais le faire en peignant"

    "Ce qui m’a toujours fasciné est le jeu qui consiste à raconter une histoire à quelqu’un, qui va la répéter à son tour, etc. C’est cette perte relative de la phrase initiale, cette transformation qui fait que l’histoire du début va continuer à vivre en même temps et à mourir."

    "Chaque tableau est toujours pour moi un fragment : je demande à ce que l’on ne considère jamais un tableau seul, ce qui compte, c’est l’ensemble de l’ histoire qui avance. Un tableau est comme un mot et pour faire la phrase, il faut beaucoup de mots ou de tableaux. Je me situe dans un espace de plus en plus fracturé, cassé, déchiré où je n’ ai pas de noyau central. Je propose alors une image de la Ruine, à l’exemple du monde, avec le rêve d’une réconciliation. Ce sont de petits territoires les uns à côtés des autres, qui constituent le monde."



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