"Pour moi, la photographie n’est pas première. Elle est médiatisée. Elle arrive dans un
second temps, après une réflexion, après la mise en place d’un cadre opératoire des
règles." Bruno Serralongue
Le photographe français Bruno Serralongue naît le 25 février 1968 à Chatellerault.
Après des études à la Villa Arson de Nice et à l’école nationale de la photographie d’Arles et une maîtrise
d’histoire de l’art, Bruno Serralongue construit, depuis le milieu des années 90, son oeuvre autour des
diverses problématiques de la photographie, en particulier de son histoire, de son usage et de son statut.
Mettant en doute l’objectivité de ce médium, il pose comme fondamentale la responsabilité du
photographe dans la véracité des images produites.
S’il n’est pas reporter photographe au sens strict du terme — il ne travaille pour
aucun média —, Bruno Serralongue n’en photographie pas moins l’actualité
et les grands événements qui la composent. Il parcourt ainsi le monde (France, Corée, Corse, Mexique, Chine, Brésil, Allemagne...) à l’affût de faits marquants, dont il capture aussi bien les
coulisses que le devant de la scène.
Parmi ses séries les plus remarquables, citons le travail réalisé en 2005
lors du Sommet mondial de l’information (SMSI) à Tunis, ou encore
le reportage "Risk Assessment Strategies" (2002), pour lequel il a suivi
un stage de formation réservé aux journalistes travaillant en zones
dangereuses.
Cet artiste photographe propose une réflexion à plusieurs niveaux. Il s’intéresse au pouvoir informatif de
l’image, à son utilisation et à son impact dans notre quotidien. Il s’interroge
également sur la position du photographe par rapport aux images qu’il produit. À travers un alliage subtil de photographies et de textes, c’est donc une vision sociologique et politique que Bruno Serralongue nous propose.
"Les événements marquants la célébration du premier anniversaire de l’indépendance du
Kosovo, le 17 février 2009, m’ont permis de réaliser une première série de photographies à Pristina en
répétant une procédure mise en place lors de précédentes séries : me rendre sur place par mes propres
moyens, photographier un événement à côté des reporteurs photographes, sans accréditation, avec une
chambre photographique.
Mais j’avais envie aussi de retourner au Kosovo en dehors de tout événement médiatique annoncé. Je me
suis donné très arbitrairement cinq ans pendant lesquels je retournerai régulièrement au Kosovo, après
quoi le travail sera considéré comme achevé.
Pour ou contre l’indépendance n’est pas la question à laquelle je souhaite répondre. Je prends acte de
cette réalité : un nouveau pays est né sur le continent européen. La question qui m’intéresse est plutôt
d’envisager ce que cela veut dire à l’heure où les questions identitaires et d’immigrations occupent les unes
des journaux." (Bruno Serralongue)
Expositions Bruno Serralongue (sélection)
2010 : Bruno Serralongue "Feux de camp" - Jeu de Paume, Paris
Du 29 juin au 5 septembre 2010, le Jeu de Paume présente l'exposition "Bruno Serralongue,
Feux de camp" coproduite avec La Virreina Centre de la Imatge de Barcelone.
Afin de s'interroger sur les procédures actuelles de production, de diffusion, et de circulation des images,
Bruno Serralongue est le commanditaire de ses propres reportages. Pour réaliser ses photographies, sa
méthode consiste à glaner les informations publiées ou diffusées dans les médias — journaux, Internet,
mais aussi télévision et radio —, un peu à la manière des agences de presse du type AFP, qui
réceptionnent et diffusent au quotidien les dépêches à l’attention des rédactions.
À partir de ces informations triées par les rédactions, Bruno Serralongue effectue une sélection et parcourt
le monde au gré de son intérêt pour les événements qu'il a repérés.
Cependant, il ne s’intéresse pas au fait en tant que tel, mais à ce qui se passe à sa périphérie, dans ses
coulisses. Au-delà de l’événement, ses textes et ses images se concentrent sur les interstices de
l'information.
Au Jeu de Paume, l'exposition regroupe une centaine de tirages. Elle rend compte des dernières années
du travail de l’artiste, à partir d’une organisation des images par sujet, lieu ou reportage, mais aussi par
thèmes récurrents qui, selon Bruno Serralongue, traversent les problématiques de la représentation de
l’information.