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Chaim Soutine

Biographie Chaim Soutine




Soutine
Chaïm Soutine, "Portrait of a Boy" - Worcester Art Museum

Chaïm Soutine, peintre français, naît en 1893 dans une famille juive orthodoxe d'origine lituanienne de Smilovitch, un shtetl de 400 habitants près de Minsk, en Biélorussie. Il décède le 9 août 1943 à Paris.

Les conditions de vie étant pénibles pour les Juifs sous l'empire russe, il y passe une enfance pauvre, dans les traditions et les principes religieux du Talmud. Son père gagne sa vie comme raccommodeur chez un tailleur.

Chaïm est le dixième de onze enfants. Timide, il se livre peu. Le jeune garçon préfère dessiner au détriment de ses études, souvent des portraits de personnes croisées ou côtoyées. La tradition rabbinique étant très hostile à la représentation de l'homme, le jeune homme est souvent puni. Il suit néanmoins des cours de dessin avec son ami, Michel Kikoine, qui partage la même passion en 1907, à Minsk, où il a été envoyé en 1902 comme apprenti tailleur chez son beau-frère.

Soutine est un jour violemment battu par le fils d'un homme dont il réalisait le portrait. La mère de Chaïm porte plainte et obtient de l'accusé un dédommagement d'une vingtaine de roubles. Cet argent permet à Soutine de quitter le village pour Vilna avec Kikoine, en 1909 où leurs besoins sont assurés par un certain docteur Rafelkes. Les deux amis trouvent un emploi de retoucheurs chez un photographe. Il y fait la connaissance de Deborah Melnik, une aspirante cantatrice, avec laquelle il poursuivra, plus tard, sa relation amoureuse à Paris.

En 1910, ils passent leur examen d'entrée à l'école des Beaux-Arts. Là, un trio se forme avec la rencontre de Pinchus Krémègne. Les conversations tournent autour de la capitale de la France où dit-on, de nombreux artistes, venus de tous horizons, créent un art totalement nouveau. Voyant là l'occasion de s'émanciper, Krémègne part le premier à Paris suivi bientôt de Kikoïne en 1912. Le docteur Rafelkes lui offre le financement de son voyage. Ainsi, en partant pour la France, Chaïm rompt avec son entourage et son passé. Il ne reste rien de ses oeuvres réalisées durant la période précédant son départ pour Paris.

Son cheminement le conduit en 1913 à Paris, alors fief et creuset de l'avant-garde européenne. Il y est accueilli par Krémègne le 13 juillet 1913 qui l'emmène à la « La Ruche », une cité d'artistes du quartier du Montparnasse. Il y a là de nombreux peintres étrangers — que l'on désignera bientôt comme l'École de Paris ou l'École juive. Dès son installation, il court au musée du Louvre découvrir ce qu'il ne connaît que par les gravures vues à l'École des Beaux-Arts de Vilna. Faute de ne pouvoir récupérer l'atelier que Marc Chagall vient de quitter, il partage celui de ses deux compatriotes retrouvés. Quelque temps après, il s'inscrit à l'École nationale des Beaux-Arts où Kikoïne est élève. Pour subsister, il travaille de nuit comme porteur à la gare Montparnasse. C'est à cette époque qu'il ressent les premiers symptômes consécutifs à des années de privations. Soutine garde de son enfance des souvenirs morbides et obsédants de souffrances et de pauvreté. Il se voit traqué par la misère et tente de se pendre. Il est sauvé in extremis par son ami Krémègne. Ces souffrances intérieures provoquent chez lui une tension nerveuse qui lui cause des ulcères gastriques.

Le samedi 2 août 1914, l'ordre de mobilisation générale est donné. Soutine se porte volontaire et creuse des tranchées, en tant que terrassier. Il est cependant rapidement réformé à cause de son fragile état de santé. Recensé comme Juif, il obtient de la Préfecture de police du 15e arrondissement, un permis de séjour au titre de réfugié.

Solitaire, il se tient à l'écart de toutes tendances artistiques et s'installe à la Cité Falguière. C'est là que Jacques Lipchitz lui présente Amedeo Modigliani — également réformé car atteint de tuberculose. Modigliani, son aîné de dix ans, lui voue une réelle affection, devenant son ami et mentor.

Ils ne mangent presque jamais à leur faim, s'adonnent à la boisson, vont voir les prostituées. Il se partage entre les ateliers de ses amis de « La Ruche » et de Falguière, se rend souvent à Livry-Gargan où Kikoïne vit avec sa femme. Là bas, il se perd dans les chemins à la recherche d'un paysage qui l'inspire. Il ne supporte pas d'être observé pendant son travail, retirant la toile du chevalet dès que quelqu'un approche.

Modigliani le présente à son marchand, Léopold Zborowski. En 1918, Modigliani doit partir se soigner à Vence, dans le midi de la France et demande à Soutine de le rejoindre.

Soutine rentre à Paris en octobre 1919. Son ancien voisin d'atelier à la cité Falguière, Pierre Brune, lui écrit de Céret, dans les Pyrénées-Orientales et l'invite à venir s'y installer. Soutine, qui a du mal à se faire à la vie parisienne où les étrangers sont dévisagés avec agressivité, accepte avec enthousiasme. Zborowski lui paye le voyage.

À Céret, il retrouve le peintre Pierre Brune. Kikoïne vient le voir pendant quelques mois. Fin Janvier 1920, il apprend la mort de Modigliani. Ébranlé par la disparition de son ami, il cesse de boire et observe les recommandations des médecins pour s'alimenter. Il est cependant trop tard pour son ulcère. Ombrageux, colérique et sauvage, il vit à l'écart de la communauté artistique. Pendant près de 2 ans, il peint énormément. En été 1920, Zborowski vient chercher près de 200 toiles. Ensuite, Soutine fait de fréquents déplacements entre Céret et Cagnes jusqu'en 1922.

À cette époque, l'arrivée d'un riche collectionneur américain, le docteur Albert Coombs Barnes, met le Paris artistique en émoi. Celui-ci désire réunir une collection d'oeuvres contemporaines pour sa fondation à Philadelphie. Zborowski réussi à lui vendre soixante toiles peintes à Céret et assure ainsi la renommée de Soutine. Paul Guillaume, l'un des grands marchands d'art parisiens écrit : « Un jour que j'étais allé voir chez un peintre un tableau de Modigliani, je remarquais, dans un coin de l'atelier, une oeuvre qui, sur-le-champ, m'enthousiasma. C'était un Soutine et cela représentait un pâtissier. Un pâtissier inouï, fascinant, réel, truculent, affligé d'une oreille immense et superbe, inattendue et juste, un chef-d'oeuvre. Je l'achetai. Le docteur Barnes le vit chez moi[…] Le plaisir spontané qu'il éprouva devant cette toile devait décider de la brusque fortune de Soutine, faire de ce dernier, du jour au lendemain, un peintre connu, recherché des amateurs, celui dont on ne sourit plus...».

Soutine part pour Cagnes où il peint une série de paysages aux couleurs lumineuses. Pourtant, la région ne lui plait pas et en avise son marchand pour revenir à Paris. Hanté par des questions de formes et de couleurs, souvent insatisfait de son travail, Soutine renie et brule un grand nombre de toiles peintes à Céret au cours d'accès de désespoir.

Désormais il vit confortablement, soigne sa mise, se perfectionne dans la langue française en lisant beaucoup et se passionne pour la musique de Bach. Il habite prés du parc Montsouris et loue un atelier spacieux. Ses voisins, horrifiés par les carcasses d'animaux qu'il conserve, se plaignent des odeurs putrides qui émanent de son atelier. Ces animaux écorchés ou éventrés qu'il prend comme modèle, sont les visions de son enfance qui caractériseront une bonne part de sa peinture ; comme la série des carcasses de boeufs et celle de volailles.

Quant à Zborowski, le marchand a désormais pignon sur rue, grâce à la notoriété des oeuvres de Soutine et Modigliani. Souvent, il récupère les toiles lacérées que le peintre a jugé mauvaises pour les faire restaurer — ce qui met Soutine hors de lui lorsqu'il s'en aperçoit.

En juin 1927, le peintre ne se montre pas au vernissage de la première exposition de ses oeuvres. Hostile à ce genre de manifestation, il y en aura très peu de son vivant. Il séjourne souvent dans la maison louée par Zborowski au Blanc, dans l'Indre et dans la propriété de Marcellin et Madeleine Castaing à Lèves, près de Chartres. Il s'est lié d'amitié avec le couple, grands amateurs d'art, lors d'une cure à Chatelguyon, en 1928. les Castaing ont de nombreuses relations comme Blaise Cendrars, Erik Satie, Henry Miller. Les tableaux du peintre sont maintenant présents dans de prestigieuses collections.

En 1929, il peint la série des arbres à Vence lorsque survient la crise économique aux États-unis. Les acheteurs américains se font rares. La crise gagne l'Europe. En 1932, Zborowski est ruiné. En mars, à 43 ans, il meurt d'une crise cardiaque. Soutine réserve alors sa production aux Castaing. En 1935, à Chicago, 20 de ses tableaux sont exposés pour la 1er fois aux États-Unis. En 1937, Paris organise une exposition au Petit Palais. Cette année là, il rencontre Gerda Groth, réfugiée juive allemande qui a fuit le régime nazi. Quand la guerre éclate, ils partent ensemble dans l'Yonne à Civry-sur Serein, en été 1939.

Le 15 mai 1940, Gerda est arrêtée en tant que ressortissante allemande et envoyée au Vélodrome d'hiver, puis au camp de Gurs dans les Pyrénées-Atlantiques. Elle y est libérée sur intervention et restera cachée à Carcassonne jusqu'à la fin de la guerre. Elle ne reverra jamais plus Soutine.

Sous Vichy, les Juifs ont l'obligation de se faire recenser. Soutine, traqué, mène une vie clandestine, retournant souvent à Paris pour se faire soigner. Bien que conscient du danger pour les Juifs, Soutine ne semble pas avoir fait les démarches nécessaires pour fuir la France. Suite à une délation, il se réfugie à Champigny-sur-Veude, près de Tours en Indre-et-Loire, avec sa nouvelle compagne, Marie-Berthe Aurenche, ancienne compagne de Max Ernst. Il peint un certain nombre de paysages malgré ses crampes d'estomac. Son ulcère s'aggrave et il cesse de peindre fin juillet 1943. Le 31 juillet au matin, il est fiévreux et doit être hospitalisé. Avant d'être transporté, il se rend à son atelier et brûle ses toiles. À l'hôpital de Chinon, son état est jugé critique : un ulcère avec hémorragie interne est diagnostiqué. Il faut l'opérer. On le dirige vers une clinique parisienne du 16e arrondissement. Les contrôles de la France occupée doivent être évités et le voyage se révèle plus long que prévu. Opéré dès son arrivée, le 7 août, il meurt deux jours après. Son enterrement a lieu le 11 août à Paris, au cimetière du Montparnasse, dans une concession appartenant à la famille Aurenche. Rien ne fut gravé sur la tombe avant la fin de la guerre. 17 ans après, en 1960, Marie-Berthe Aurenche se suicide et est enterrée à ses côtés.

Alors que les mouvements du cubisme, du futurisme, du dadaïsme et du surréalisme, nés à Paris pour une partie d'entre eux, exercent leur bouleversante influence dans toute l'Europe, Soutine se montre comparativement fort peu impressionné par ces formes d'expression des temps modernes, et développe une peinture autonome et dense, révélant un degré jusque-là inconnu d'intensification émotionnelle. Soutine, paradoxalement, est aussi visionnaire que traditionaliste: il n'exploite aucunement la liberté du sujet, pourtant l'un des acquis essentiels de l'époque moderne, mais se limite rigoureusement, sa vie entière, à la trilogie nature morte, paysage et portrait. Pas un thème de tableau de Soutine dont on ne soit en mesure de citer un exemple issu du 17e siècle. Il semble que les disciplines confirmées par l'histoire de l'art lui aient apporté la sécurité dont il avait besoin pour propulser sa peinture en territoires inexplorés.



Expositions Chaim Soutine (sélection)




  • 2012 : Chaim Soutine - Musée de l'Orangerie, Paris

  • 2012 : La Collection Jonas Netter - Modigliani, Soutine et l'Aventure de Montparnasse - Pinacothèque de Paris

  • 2008 : "Soutine et le modernisme" - Kunstmuseum Basel

    En comparaison avec l'oeuvre beaucoup plus connue de ses amis et compagnons de route Amedeo Modigliani ou Marc Chagall, l'oeuvre de Chaïm Soutine se perçoit aujourd'hui encore sous l'angle de la découverte. Le Kunstmuseum de Bâle présente une exposition de l'ensemble de l'oeuvre de cet artiste, dans laquelle sa position picturale est appréhendée de manière nouvelle, sur le fond d'un vingtième siècle artistique considéré globalement.

    L'exposition présente une soixantaine d'œuvres de Soutine. Les toiles de la collection Im Obersteg, conservées au Kunstmuseum de Bâle à titre de dépôt, en constituent le point de départ. La confrontation, riche d'enseignements, avec des tableaux des amis de Soutine – Modigliani, Chagall, Utrillo – et d'artistes tels que Picasso, Braque ou Munch, révèle simultanément de manière exemplaire le contexte artistique dans lequel évoluait Soutine. Même s'il est parvenu à des solutions picturales hautement autonomes, qui ne sauraient être classées dans aucun mouvement, Soutine travaillait, ainsi peut-on en faire le constat, sur la toile de fond des mêmes questionnements artistiques que ses contemporains. L'exposition ébauche une nouvelle approche de Soutine, révélatrice du rôle de figure centrale qu'il a incarné, à la croisée de différentes tendances des arts de son temps.



  • biographie
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    Galerie d'art contemporain
    Peintures, sculptures et objets d'art