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David LaChapelle

La Monnaie de Paris

Exposition du 6 février au 31 mai 2009




david bowie
David Bowie Eyes that cannot see, série Star System, 1995 © David LaChapelle

La Monnaie de Paris, dans le cadre de sa nouvelle politique d’accompagnement et de valorisation de la création contemporaine, accueillera du 6 février au 31 mai 2009 la Rétrospective de David LaChapelle. Cette exposition du célébrissime photographe américain est la plus vaste et la plus complète jamais organisée à ce jour en France. Près de 200 oeuvres seront exposées dans les salons du 1er étage de La Monnaie de Paris.

A travers cette grande rétrospective le public pourra découvrir la complexité du travail de ce grand photographe reconnu en 1996 comme le meilleur photographe de l’année par la revue française Photo ainsi que American Photo magazine.

Les clichés les plus connus de l’artiste seront exposés : les portraits de grandes célébrités, les scènes qui reflètent, exposent et commentent le "culte" de la personnalité, la perversité de la culture populaire, le monde des stars hollywoodiennes, le sensationnalisme de la vanité et de la gloutonnerie réalisées pendant ces 25 dernières années.

De plus, et pour la première fois, seront présentées des séries inédites créées récemment, qui montrent le travail de l’artiste sur des "scènes" et des recréations de la condition humaine plus historiques et visionnaires. Ainsi, deux séries traitent le sujet de la famille humaine dans la catastrophe et la perte, à la recherche du salut et du divin - la série Eveils (Museum, Statue, Cathedral) est inspirée du récit du grand Déluge de la Genèse, - la série Deluge est inspirée du chef d’oeuvre de Michel-Ange réalisé à la Chapelle Sixtine.

Leonardo DiCaprio
Leonardo DiCaprio Nostalgic Styling, série Star System, 1996 © David LaChapelle

Enfin, en exclusivité et pour la première fois en Europe, le public pourra découvrir la toute dernière nouvelle série réalisée en 2008 qui s’intitule Présages d’Innocence (en référence au poème de William Blake, Auguries of Innocence). Cette série fait preuve d’une démarche très innovante de l’artiste qui repousse les frontières de la Photographie pour travailler sur des scènes ou installations grâce à l’utilisation de modes de fabrication à la fois industriels et de haute technologie, pour créer des tableaux où le regard du photographe passe de la 2D à la 3D, faisant ainsi naître une participation et une expérience actives du public grâce au dynamisme créé par la collision de l’image et de la forme, de la forme et du contenu.

Cette superbe exposition est née d’une diligente relecture critique du travail de l’artiste par les deux commissaires : Gianni Mercurio, un des plus importants commissaires d’expositions monographiques réalisées ces dernières années en Italie (Andy Warhol, Keith Haring, Basquiat, etc...) et Fred Torres, agent et commissaire des expositions de David LaChapelle depuis plus de 20 ans.

Cette exposition est organisée et coordonnée à Paris par Lina Lopez, directrice des expositions chez LIN’ART en coproduction avec FRED TORRES COLLABORATIONS et ALPHAOMEGA ART.

Paris Hilton
Paris Hilton - Hi Bitch Bye Bitch, série Excess, 2004 © David LaChapelle





Présentation de l’exposition

La rétrospective de David LaChapelle est montrée par un parcours organisé selon des thématiques connues ou inédites telles que Star System, Le Rêve évoque le Surréalisme, Destruction et Désastre et Après le Pop ou de nouvelles thématiques jamais montrées au public tel que Le Déluge qui inclut des sous-thèmes comme Museum, Cathedral, Statue et Awakened. L’exposition montre également des clips vidéos musicaux réalisés par le photographe ainsi que le making-off de la nouvelle série Déluge.

DELUGE

déluge David LaChapelle
Deluge, série Deluge, 2006 © David LaChapelle

Sont exposés les derniers travaux de David LaChapelle. Deluge est inspiré du déluge universel, peint par Michel-Ange dans la Chapelle Sixtine. L’artiste y dénonce la course à la consommation avec un attachement effréné aux biens matériels ainsi que la chute des valeurs universelles telles que l’alliance entre le peuple et la piété :
- Deluge reprend le déluge universel,
- Museum est un discours sur le système actuel de l’art et le concept de propriété,
- Cathedral dénonce la perte de la spiritualité,
- Awakened (réveil) affirme la possibilité d’une renaissance universelle pouvant se faire à travers le destin individuel.

HEAVEN TO HELL
Cette série prend le nom du dernier livre édité par Taschen, qui clôt la trilogie LaChapelle Land (1996) et Hotel LaChapelle (1999). Elle présente une série de trois photographies qui mettent le spectateur face à la mort, thématique qui est présente dans nos vies quotidiennes que ce soit de près ou de loin.

MEDITATION
La propension de LaChapelle pour les thèmes transcendants tels la présence du divin dans l’espace du quotidien ou l’inévitable moment de la mort sont bien représentés dans cette thématique qui appartient aux séries Jésus is my Home boy et What will you wear when you are dead.

RECOLLECTIONS IN AMERICA
Cette thématique est constituée de clichés acquis par le photographe datant des années 1970. Ils représentent des groupes d’amis chez eux pendant des fêtes familiales. LaChapelle a manipulé ces images en y insérant des objets et des personnages, transformant ainsi le contexte de l’image originale. Il analyse avec ironie la crise de la classe moyenne américaine et ses valeurs.

ACCUMULATION
La poussée vers le bien-être est ici traduite par la culture et le capitalisme avancé (accès facile à la consommation). Ces conditions rassemblées font apparaître une sorte de névrose compulsive dirigée vers l’accumulation : acquérir, collectionner des objets anodins est caractéristique de changements interpersonnels qui montrent les comportements typiques d’une société occidentale dont David LaChapelle fait le portrait impitoyable et ironique.

DESTRUCTION & DISASTER

destruction David LaChapelle
When the World Is Through, série Destruction and Disaster, 2005 © David LaChapelle

Cette thématique rassemble une série de travaux réalisés à différentes dates mettant en scène des visions apocalyptiques et de destructions. Réalité et imagination se mêlent dans la composition de paysages dévastés par des catastrophes naturelles ou technologiques, par la diffusion rapide des épidémies mais aussi par la fureur d’un moment où l’individu se révolte contre des objets ou des personnes.

DREAM EVOQUES SURREALISM
L’inclinaison vers la dimension onirique et l’évasion de la réalité caractérise une grande partie du travail de David LaChapelle. Cette thématique rassemble quelques images plus irréelles où le fantastique se mêle avec une poétique paradoxale.

PLASTIC PEOPLE
La série montre le thème du culte du corps. La passion pour le fitness, le bodybuilding ainsi que toute autre pratique consacrée à obtenir un physique bien modelé : une passion qui, menée à l’excès, dégénère en un syndrome obsessionnel.

EXCESS
Cette thématique présente la réinterprétation du glamour. Vices et obsessions s’entrelacent dans un monde centré sur un personnage célèbre. LaChapelle, qui dans ses travaux n’exprime jamais une position moraliste, met en scène fantaisie et inclinaison sexuelle, exhibitionnisme et attitudes violentes, indiquant ainsi comment les excès sont étroitement liés au désir d’assurance de soi-même.

CONSUMPTION
Si un des moteurs de la vie est le désir, sa satisfaction peut générer les semences de la désillusion où l’on finit progressivement par détruire tant l’objet désiré que la personne qui le désire. La consommation (qui est aussi synonyme en langue anglaise de consomption) est donc le début et la fin d’une dynamique sociale qui pousse l’individu vers l’acquisition des biens matériels et donc à se retrouver sous l’emprise de sa propre obsession de possession.

STAR SYSTEM

Pamela Anderson
Pamela Anderson - Voluptuous Attentions, série Star System, 2001 © David LaChapelle

L’image publique est, pour chaque personnage célèbre, l’identité la plus marquante. LaChapelle, conscient de cela, choisit pour ses photos les aspects de la personnalité qui décrivent un mode exubérant, narcissique et une attitude exhibitionniste de la personne appartenant au star system. L’exposition montrera aussi des vidéos clips musicaux réalisés par LaChapelle pour des rocks star comme Elton John, Robbie Williams, Gwen Stephani, Britney Spears, Jennifer Lopez et Christina Aguilera.

POP AFTER POP

Hamburger David LaChapelle
Death by Hamburger, série After Pop, 2001 © David LaChapelle

Pour LaChapelle, la culture pop trouve une correspondance immédiate avec un langage adressé à un large public. Dans ces travaux, nous retrouvons l’environnement du Pop Art avec une nouvelle adaptation, inspirée directement de l’iconographie de James Rosenquist, Claes Oldenburg, Tom Wesselmann, Allen Jones, Richard Hamilton, Wayne Thiebaud et naturellement Andy Warhol.

AUGURIES OF INNOCENCE
En exclusivité et pour la première fois en Europe sera présentée cette toute dernière nouvelle série réalisée en 2008. Le regard du photographe passe de la 2D à la 3D, faisant ainsi naître une participation et une expérience actives du public.



Editorial de Gianni Mercurio, Commissaire de l’exposition

David LaChapelle est un artiste narratif, intéressé par les obsessions de la société contemporaine. Ses photos crient. Il suffit d’en gratter la surface et de vouloir les regarder. Outre la variété des situations non quotidiennes, mais certainement familières, on y trouve un univers humain teinté des couleurs et des lumières du plastique, lié de façon morbide à la recherche du plaisir et du superflu.

LaChapelle a jusqu’à présent préféré que ses photos soient publiées dans des magazines de mode et des catalogues sans textes. Le but n’a jamais été de s’arrêter à une pure illustration, mais d’atteindre un public aussi nombreux que possible – ce qui explique sa façon d’être un artiste pop – et d’amener la réception de son oeuvre au plan du choc émotif.

Les photos de LaChapelle présentent une mise en scène du monde et adhèrent parfaitement au présent dont elles racontent tout le bien, tout le mal, tout l’utile et tout l’inutile, malgré la patine glamour qui les habille. Des hommes et des femmes hors norme, riches, puissants, sont leurs sujets. Parfois très beaux, d’autres fois grotesques. Tellement beaux ou grotesques qu’en les regardant on a l’impression d’être sur le tournage d’un irreality show, où les personnages changent et se relayent et construisent eux-mêmes tour à tour l’histoire. Des hommes et des femmes excessifs et criards, parfois grossiers et vulgaires. Dans cette atmosphère très bariolée et baroque, où le personnage principal te regarde et te fait un clin d’oeil en te promettant le nirvana, on perçoit qu’une partie de l’humanité risque de se perdre, engloutie par elle-même, prisonnière des choses, séduite par les marchandises au point de se façonner à leur image, un produit griffé qui cherche à fasciner le consommateur en camouflant la vérité dans un décor psychédélique.

Le message est clair : dans une société dominée par la pub et par des comportements voués à la consommation effrénée, la vérité succombe à la simulation, et le désarroi est aux aguets. Dans la précarité psychique qui s’ensuit, tout le monde veut tout, tous occupés à poursuivre les positions des autres, étranglés par la peur de lâcher prise sur la réalité, en lutte permanente afin d’intensifier les rythmes de la décision.

LaChapelle baisse donc le rideau sur une dimension parallèle et onirique qui est le miroir déformant d’une vision du monde dans laquelle on entrevoit la crise et la dissolution de l’homme dans le système des objets et des valeurs qu’il a lui-même créé.

Il y a un écho sartrien dans l’oeuvre de LaChapelle là où un individu – le sujet – peut, aux yeux d’un autre individu, devenir un objet. De là, la Nausée qui naît du fait de se sentir objet parmi les choses, une fois établies l’absurdité et la vacuité du monde. En ce sens, les personnages de ces photos sont les dieux d’un ciel renversé, héros du vide, navigateurs aveugles, pour le dire avec Lévi-Strauss, dans le nouveau territoire du mythe qu’est la publicité, âme noire et ensorcelante d’aujourd’hui qui ne laisse personne indemne et qui, métaphoriquement, tue.

Le style a toujours été le dernier des soucis de LaChapelle. Il considère toute règle prédéterminée comme une limite à la créativité. Ce n’est pas qu’il n’en a pas un – il en a, et comment ! – mais, persuadé que l’application des règles amène à la mort de la spontanéité, il a mis au premier rang ses obsessions. Comme dans une catharsis, il les met sur une page nettoyant ainsi son corps et son esprit. Le but est de donner une image au grand puzzle de la culture populaire : tout comme un savant expérimente le monde en forçant sa propre imagination pour vérifier jusqu’à quel point il est possible de pousser C’est aussi pour cette raison que LaChapelle a horreur de l’idée d’avoir un style.

L’humanité que l’on retrouve dans ces photos est une humanité qui marche, s’arrête, tombe, panse ses plaies, se relève, recommence à marcher. Il la suit pas à pas, la regarde, la caresse. Ses photos montrent qui nous sommes, qui nous avons été et qui nous pourrions être. LaChapelle est un chaman.

Michel-Ange a été son maître. "Je me suis toujours inspiré de lui" affirme-t-il. Il lui doit ce sens de l’émotion qui traverse ses photos. Point de repère bizarre pour quelqu’un qui a choisi Pamela Anderson et Paris Hilton comme icônes. Mais pour un artiste le passé ne peut pas être séparé de son présent. Le passé est une source inépuisable d’enseignements. Surtout sur le plan formel l’art a mille et une suggestions à donner, suggestions servant à rendre visibles les obsessions de notre temps, à les arrêter sur le film dans une sorte d’archive humaine pour nous et pour nos descendants. Dans son dernier travail, Deluge, LaChapelle s’est inspiré de la Chapelle Sixtine. Après avoir séjourné en Italie, il a abordé le sujet du Déluge Universel en s’inspirant du célèbre chef-d’oeuvre de Michel-Ange. Deluge, Cathedral, Museum, Statue et Awakened, sont une réflexion, à l’imposante installation scénographique, sur les thèmes eschatologiques de l’avenir de l’humanité. Ces oeuvres sont l’emblème d’un désir de purification et de renaissance spirituelle, en elles le récit biblique devient un paradigme efficace afin de décrire la dérive du monde actuel, affligé par de grandes tempêtes politico-religieuses.

Deluge est librement inspiré des récits de la Génèse, peints sous forme de fresque par Michel-Ange entre 1508 et 1512 sur les voûtes de la Chapelle Sixtine. En citant la grandiose fresque du XVIe siècle, dont la composition est partagée par groupes de personnes, LaChapelle s’approprie le format horizontal qui accentue la nature narrative de la scène. L’oeuvre interprète l’atmosphère de peur et le sentiment de la punition divine qui imprègne la description de Michel-Ange, en l’agrémentant d’éléments et de traits qui font allusion aux désastres de nos jours, tels l’ouragan Katrina, conséquences directes de la négligence des hommes. Deluge aborde un sujet important dans la sphère individuelle et collective : la peur de se retrouver face à un danger, à une mort imminente, causée par une entité qui nous dépasse et que nous ne pouvons pas contrôler. L’idée d’un déluge qui emporte tout, en engloutissant les choses et les personnes, est terrifiante. Le Déluge de Michel-Ange dans la Chapelle Sixtine montre des gens qui s’entraident et en ce sens propose des valeurs positives que LaChapelle a essayé de proposer à nouveau à sa manière. Comme dans d’autres de ses travaux, ici des éléments antithétiques tels le beau et le laid cohabitent. "Je suis persuadé que Michel-Ange voulait prouver l’existence de Dieu à travers la beauté", dit-il, et il l’expérimentait sur lui-même, apôtre pop sur terre. Ce sont ces sensations qui ont inspiré Deluge.

Museum est une autre photo qui aborde le sujet du déluge. Sur cette image l’eau envahit les espaces d’un musée, le rend impraticable mais préserve les chefs-d’oeuvre qui sont tous abandonnés à eux-mêmes. Le musée est vu ici comme une zone franche où une oeuvre est protégée. Protégée aussi des atrocités de la guerre, de l’horreur de l’individu qui tue un autre individu. "Pourquoi sommes-nous ici ?", se demande LaChapelle, "quel est le sens de la vie ?". Voilà, LaChapelle pense qu’il est du devoir de l’artiste de descendre parmi les gens pour dompter les ténèbres et éclairer les ombres. Pour consoler et embrasser. Pour sécher les larmes. Et allumer une lumière. "L’illumination arrivera", dit-il, c’est un artiste qui nous l’offrira, et non pas la CNN.



Editorial de Fred Torrres, Commissaire de l’exposition

Toujours fidèle à lui-même, David LaChapelle accompagne le spectateur dans un voyage aux possibilités infinies à travers notre monde et cet autre monde connu de lui seul. Ces quinze dernières années, en tant qu’ami et collègue de David, j’ai appris que son secret pour réaliser ce qui est impossible est de partir du présupposé que ça ne l’est pas. David n’a jamais cru au concept d’impossibilité. Il réussi toujours à réaliser ce qu’il a en tête. C’est ainsi qu’il est devenu photographe. Quand il était très jeune, il décida qu’il deviendrait artiste et tout de suite il choisit la photographie comme forme d’art. Il était si déterminé qu’il a pris sa première photo avec un appareil qu’on lui avait prêté. Il voulait donner vie à son imagination et il l’a fait.

Il ne manque jamais d’idées pour ses nouveaux projets, qu’il a développés durant ces dernières années dans toutes les directions possibles. Sans l’art, il serait perdu, parce que son bonheur consiste à pouvoir montrer sa créativité. Il a une façon de penser à laquelle l’on n’est pas préparé. Il observe la réalité avec l’innocence d’un enfant et il la traduit en des images apparemment complexes, mais qui sont en réalité ironiques et faciles à comprendre. Il n’écoute pas la moindre suggestion qui pourrait limiter sa créativité ou son imagination. Et ainsi, en toute autonomie, il réalise des images tellement extraordinaires qu’elles réduisent à néant le royaume de l’impossible. Tout le monde ne peut pas vivre constamment dans le monde de David. Seul lui le peut et cela le rend unique dans ce qu’il crée.

Travailler avec lui est une sorte de dépendance. On s’habitue à la constante et intense créativité de sa vie quotidienne au point de ne plus pouvoir s’en passer. Il n’y aucune limite et donc tout peut être réalisé. Les personnes avec qui il travaille tous les jours sont les plus influentes de notre époque et ainsi les images qu’il crée acquièrent une valeur particulière. Chaque moment passé avec David au studio est fugace, mais unique et si précieux qu’on veut en collectionner toujours plus, parce que tout ceux qui sont impliqués sont conscients qu’il change la perception que les gens ont de la réalité.

La façon dont David réussit à trouver des personnes qui ont la même passion que lui et une même confiance en sa façon de regarder le monde est géniale. David met en avant et combine les qualités extraordinaires de chaque composant du groupe avec lequel il travaille pour réaliser des oeuvres si particulières. Il a travaillé avec des personnes de tous types, des personnes de toutes races, de toutes religions et inclinations sexuelles. Aussi bien ceux qui sont devant l’objectif que ceux qui l’aident en coulisse constituent un point de rencontre d’expériences et d’idées et sont unis par cette expression qui reflète la façon de penser de David : "plus on est, mieux c’est."

David permet réellement aux exclus de briller ; dans son "île pour jouets défectueux" peu importe qui tu es, il faut simplement que tu puisses participer activement au projet. De ses photos émerge une réalité marquée par la tolérance et il est stimulant de penser qu’il existe la possibilité d’intégrer à la perfection toutes nos différences.

La première image à laquelle j’ai travaillé, Diesel Jeans, Victory Day 1945 (1994) me l’a confirmé. La photo montre le baiser de deux marins durant les festivités du "Victory Day" de la Deuxième Guerre mondiale. Pour les jeunes homosexuels voir une telle publicité des jeans Diesel sur les magazines signifie pouvoir se sentir acceptés pour ce qu’ils sont. Avec ses images David non seulement montre un monde alternatif dans lequel cette réalité est acceptée, mais l’étend également à notre monde, faisant en sorte que cette acceptation devienne réelle.

Ainsi, à travers les marginaux, il réussi à apporter son message à des millions de personnes. Ce qui rend sa voix différente des autres est de le fait qu’il donne au monde ce dont le monde a besoin et au moment où il en a besoin, et non ce que le monde veut au moment où il le veut. C’est en particulier pour cela qu’il est imbattable.

Par ses travaux, David crée une nouvelle culture pop, en rendant célèbres mêmes certaines personnes relativement peu connues. Avec une seule photo dans "Vanity Fair" (Paris at Gradma Hilton’s House, 2000) il a réussi a faire connaître Paris Hilton au monde entier. Aujourd’hui elle est une icône internationale. Dans une série de photos destinée aux pages internes d’une édition de "Rolling Stone" David fait le portrait d’une jeune Britney Spears de façon si impeccable qu’on choisit une de ses photos pour la couverture. Cette image à donné lieu à une polémique avec la majorité moraliste américaine non seulement à cause de la façon dont la jeune femme était photographiée, mais également par l’insertion dans l’image d’une petite poupée violette des Teletubbies, assimilée à une présumée "propagande homosexuelle". David a inclus ce petit jouet comme réponse à une revendication ridicule qui affirmait que le jouet était réellement gay. Cette couverture se trouve être une des plus célèbres de la revue.

Toujours pour "Rolling Stone", sur une autre couverture, une autre de ses photos a suscité la polémique et la critique du monde religieux. Cette image assimile Kanye West à Jésus Christ en le représentant avec une couronne d’épines. On a reproché à David d’avoir divinisé le rappeur. La photo, en réalité, exprime uniquement la conviction personnelle de David que Jésus peut venir à nous quelle que soit la couleur de sa peau et il n’avait pas l’intention de faire scandale.

Il y a aura toujours des critiques de la part des extrémistes et des artistes, mais le public veut y voir génie et rébellion et veut en tirer ce courage qui peut le pousser à transcender l’ordinaire. C’est pour cela que les gens aiment contempler les travaux de David et, en ce qui me concerne, c’est l’un des motifs principaux pour lequel j’aime travailler avec David, aujourd’hui comme hier.

Toutes les célébrités qu’il a dirigées dans ses photos sont conscientes d’être entrées dans son monde. Elles sont sur son territoire et l’idée d’être poussées au-delà des limites les intrigue. Ce qui les exalte n’est pas tant la possibilité de quitter leur confortable condition que le fait de se montrer au monde d’une façon que seul David LaChapelle peut concevoir. Et ainsi leurs images sont plus qu’un portrait, une time capsule qui contient l’essence de leur vie.

Les portraits des célébrités n’ont pas pour but de se mettre au service de la star, de même que ses travaux commerciaux ou éditoriaux ne sont pas au service de la marque ou de la mode. David travaille selon ses propres conditions. L’oeuvre présentée aujourd’hui comme artistique est née pour des projets publicitaires ou éditoriaux. David a créé des campagnes publicitaires pour des centaines de marques. De la même façon, au cours de l’histoire, d’autres artistes ont travaillé sur commande de l’Eglise ou de l’aristocratie.

Le monde représenté dans les travaux de David suscite chez le spectateur un fort sentiment d’espoir. Son art s’émancipe d’une réalité pleine d’images de guerres et de terrorisme. Elle se caractérise par des couleurs vives, des compositions et des décors qui capturent le spectateur, en lui donnant la possibilité de rêver.

Deluge (2006), hommage de David au Déluge de Michel-Ange dans la Chapelle Sixtine, est un exemple clair de la force de cet espoir. Face à l’adversité, les hommes tendent les bras pour s’aider les uns les autres et fuir le danger. Dans Cathedral (2007) c’est un grand soulagement de voir que l’union des personnes leur permet de trouveur de la consolation pendant les dernières heures de leur vie. Dans la série Awakened (2007), pour la première fois depuis le milieu des années 1980 est libre de photographier sans aucune restriction publicitaire ou commerciale. Sans ces limites, il a réalisé ses images les plus minimales et spirituelles. L’ambiguïté voulue du choix de représentation du sujet fait en sorte que le spectateur se demande si les personnages se noient ou au contraire montent au Paradis. Laissant de côté les interprétations, ce qui se dégage principalement est un fort sentiment de compréhension et d’amour et, où que se situe la scène, le spectateur nourrit l’espoir de pouvoir lui aussi y être présent. Les sujets de Awakened sont en sécurité. Ils sont arrivés au point où ils pensaient arriver. De même David lui aussi est arrivé à une phase de sa carrière à laquelle il avait toujours aspiré. Les photos des stars et les extraordinaires images qui nous ont accompagnées jusqu’à présent l’ont aidé à être l’artiste qu’il est devenu. Le monde commence seulement à voir la créativité dont il est capable. Je crois que le meilleur reste à venir.

Fred Torres, coorganisateur de cette exposition, travaille avec David LaChapelle depuis quinze ans. Après avoir commencé comme producteur exécutif des photos de LaChapelle, Torres est actuellement l’agent qui gère et promeut l’art de LaChapelle dans le monde.



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