Livre d'or |
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Domaine Pommery![]() |
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Louise Pommery rompt avec la tradition des champagnes à haute teneur en sucre et demande à son chef de cave Victor Lambert de lui créer ce qu'elle définit comme "un vin aussi sec que possible mais sans raideur qui soit moelleux, velouté et bien fondu...". Son voeu est exhaussé au-delà de ses espérances puisque le Brut est né. C'est une révolution en Champagne. Accueilli d'abord avec incrédulité et sarcasmes, le Brut est aujourd'hui LE champagne par excellence.
Pour illuminer ses crayères, Louise Pommery commande au sculpteur Henri Navlet quatre bas-reliefs monumentaux. Destinés à orner les caves aménagées dans les crayères, ils sont de styles éclectiques : en bas du grand escalier "Les Maraudeurs" réalisé en 1882, il est le premier et le plus petit des bas-reliefs, vient en1883 “Le Grand Silène” père adoptif de Bacchus, puis en 1884 "Un Souper sous la Régence" et en 1885 le dernier des bas-reliefs de Navlet "Le Triomphe de Bacchus", série de nymphes et de déesses. La découverte de leur étrange présence enfouie magnifie la visite des caves.
Publiciste avant la lettre, Louise Pommery monte un "coup médiatique". Pour mettre un terme aux rumeurs courant sur l'état financier de sa maison de champagne, elle emporte aux enchères, mais de manière anonyme, la toile de Jean-François Millet "Les Glaneuses" convoitée par les Etats-Unis. Pendant trois jours, elle maintient le suspens sur le nom de l’acquéreur puis le révèle au public. Dans le même temps elle fait don de l'oeuvre à l'Etat ! La toile est à présent visible au Musée d'Orsay.
Emile Gallé, le maître ébéniste et verrier nancéen réalise pour la maison Pommery son Grand Foudre, un tonneau d'une contenance de 100 000 bouteilles, décoré d'une sculpture dans le style Art Nouveau. Celle-ci représente la France sous les traits d’une femme offrant un verre à un sphinx à tête d’Indien : l’Amérique. Plus haut, un génie pensif féminin, flanqué de la Statue de la Liberté éclairant le monde, leur assure sa protection.
Notre-Dame des Crayères, protectrice de ce monde enfoui. Après la Première Guerre mondiale, un soldat américain achète à Reims une Vierge du XIVe siècle et la ramène chez lui aux Etats-Unis. 15 ans plus tard, pris de remords d'avoir arraché à sa terre natale cette vierge, l’Américain prend contact avec Pommery et demande à Madame de Polignac, petite-fille de Louise Pommery de retrouver l’Eglise de la Vierge. Le Louvre est sollicité, l'Eglise a été détruite pendant la grande guerre, la Vierge est orpheline. Madame de Polignac décide alors de consacrer les crayères, la Vierge est rebaptisée : elle devient Notre-Dame des Crayères, protectrice de ce monde souterrain dans la crayère, dite de Notre-Dame.
Un siècle après la réalisation du dernier bas-relief d’Henry Navlet, le sculpteur Jean Barat réalise à l’occasion du lancement de la cuvée Louise un bas-relief : "Louise", la crayère devient alors : la Crayère Louise, la tradition perdure.
