Contact
Email
Partenariat
Annuaire gratuit Référencement
Vente en ligne
Achat tableaux peintures
Découverte
Expositions Médias Bio
Voyager
Série Afrique
Série Paysage
Frémir
Jack the Ripper
Roswell
Rire
Ali Baba
Vache folle
Techniques
Aquarelles
Encres
Mythes
Vénus
Saint georges
Séries
Restaurants
Rats
peinture

Bili Bidjocka, "Fictions #3"

Abbaye de Maubuisson

Exposition du 7 avril au 30 août 2010


Dans le cadre du projet départemental Visa pour l’Afrique, l’abbaye de Maubuisson a le plaisir de présenter une exposition monographique de l’artiste camerounais Bili Bidjocka. Le projet Fictions #3 proposé sous le commissariat de Simon Njami est le troisième volet d’un projet d’expositions dont les deux premières étapes (Fictions #1 et Fictions #2) ont eu lieu au cours de l’été 2009 à la Goodman Gallery, Cape Town (Afrique du Sud), et en octobre-novembre 2009 à la Galerie Olivier Robert, Paris.

Les oeuvres de Bili Bidjocka – tableaux, sculptures, installations – fonctionnent comme autant d’énigmes à déchiffrer, selon les principes d’apparition-disparition et de visibleinvisible propres à son travail. Dans la grange, lumière et obscurité révèlent l’ossature du bâtiment et font apparaître des silhouettes fantomatiques, évocatrices d’une présence féminine. Dans le décor gothique de la salle des religieuses, un rideau de perles géant s’inspire de la rencontre fictive entre Soundiata Keita, empereur du Mali, et Saint Louis, roi de France et fils de Blanche de Castille (fondatrice de l’abbaye de Maubuisson au 13e siècle). L’épopée de cet événement imaginaire donne également lieu dans le parc à la création d’un jeu d’échecs figeant une partie inachevée entre les deux souverains. L’espace de l’antichambre et des anciennes latrines convoque en une installation saisissante les symboles du pouvoir et de la catastrophe. Dans la salle du parloir, l’artiste rejoue la Cène, sous la forme d’une installation vidéo.

Bili Bidjocka

Le temps de l’exposition est considéré par l’artiste comme un élément à part entière du projet. Un certain nombre d’actions et d’activités incluses dans la programmation de l’abbaye durant cette période feront partie intégrante du projet artistique.

Un voyage initiatique

"La nouvelle fiction de Bili Bidjocka est une parabole philosophique et humaine. Elle parle de la rencontre improbable entre deux continents, deux histoires, trois espace-temps. Le premier est constitué par l’abbaye de Maubuisson elle-même. Une parenthèse spatio-temporelle dans un environnement social et urbanistique qui la nimbe d’irréalité. C’est à partir de cette irréalité-là, que l’artiste a commencé à écrire son histoire. Blanche de Castille et Saint-Louis. Et puis soudain, voici qu’apparaît Soundiata Keita, l’un des plus grands empereurs d’Afrique, qui fût contemporain du saint roi. Toute la force de cette rencontre réside dans le double transfert qui est ainsi opéré. Imaginons un instant ces deux-là. Regardonsles s’étreindre et se donner du « frère ». Deviser sur les affaires de leurs royaumes respectifs et sur le dur métier de régner (car ils sont rois, tous les deux). Un thé, quelques biscuits, des boissons fraîches, vont leur être servis à l’ombre d’un grand arbre. Puis ils joueront aux échecs après s’être promenés dans le magnifique parc. Le soir, ils dîneront avec leurs mères et parleront philosophie, poésie et musique, comparant les mérites des instruments à vent à ceux des instruments à cordes. Cela se passe au Moyen âge. Le temps avance à son rythme et les usages sont bien plus civils alors, malgré la barbarie attachée à cet âge, que nos sophistications contemporaines.

La métaphore, à l’aube du troisième millénaire, fonctionne à merveille. Les habitants de Maubuisson sont tous concernés. Les Français de vieille souche comme les populations migrantes dont un grand nombre est issu de cette Afrique qui n’aurait pas dû se trouver-là, au coeur de cette France médiévale. Saint-Louis et Soundiata, c’est la rencontre de deux cultures, de deux mondes à la fois opposés et proches. Après tout, quoi de plus semblable à un roi qu’un autre roi ? Qu’il y a-t-il, en effet de plus proche d’un roi qu’un autre roi, fussentils mongols ou aztèques ? Peu de chose, en réalité. À travers cet événement historique, Bidjocka nous invite à passer de l’autre côté du miroir et à voir le monde tel qu’il aurait pu être. L’exposition, une invitation au voyage, se présente comme un parcours, une promenade méditative dans laquelle le spectateur devient acteur de sa propre fiction. Dès la Grange, le ton sera donné : nous allons jouer avec l’absence et la présence, les illusions d’optique. Puis nous traversons le parc, peuplé de fantômes et d’ombres évanescentes. Et puis...

Le traitement de cette fable, tout en subtiles allusions, en clins d’oeil et en trompe-l’oeil, nous conduit en bons pèlerins, à ne plus douter de la révélation qui nous est faite, au bout d’un parcours qui participe de l’initiation la plus pure. Qu’est l’art contemporain, en effet, si ce n’est cette machine à voyager dans le temps, cette question ouverte, à jamais irrésolue, cette quête d’un absolu dont les contours flous hantent les esprits ? Il ne s’agit pas d’Afrique ni de France. Il ne s’agit pas d’historicité. Il s’agit d’un moment à vivre. Un moment de réconciliation au coeur duquel, toujours, la place la plus large est faite à notre humanité. En décidant de confronter le temps au temps, les valeurs aux valeurs, Bili Bidjocka nous rappelle cette évidence : il n’y a rien d’humain qui soit étranger à l’humain."

Simon Njami



montres molles
peinture aquarelle
Galerie d'art contemporain
Peintures, sculptures et objets d'art