Photographe et musicien né en 1974, Fabien de Chavanes vit et travaille à Paris. Il est également
le fondateur du collectif rhizome. Son travail artistique privilégie la recherche d’identité
suivant deux grands axes : l’identité collective
abordée par l’exploration des espaces publics
et l’identité individuelle déclinée dans les séries
d’autoportraits. La série Puits carrés, autoportrait
quantique, s’inscrit dans cette quête identitaire individuelle,
déjà explorée dans les séries Genèse
ou Eros, Thanatos et potatoes.
Au commencement, "Puits carrés" met en scène
un dispositif dépouillé, un cube blanc, et un parcours,
celui de l’artiste. Faisant d’abord face au
spectateur, il engage ensuite un circuit en longeant
les parois dans le sens des aiguilles d’une
montre. Son mouvement, aussi régulier qu’un
balancier, introduit une dimension temporelle en
même temps qu’il dévoile le personnage sous
tous ses profils. Au fil des cycles, l’artiste vêtu de
blanc, reprend sa course habillé de noir et alterne
les deux nuances.L’oeil du spectateur évolue alors
entre le ying et yang.
Un autre mouvement s’installe parallèlement,
celui de l’objectif qui s’éloigne progressivement de
son sujet jusqu’à réduire la perception du corps de
l’artiste à de minuscules marqueurs dans leurs cellules,
tel un séquençage génétique. Ainsi, le spectateur
ne perd jamais de vue la singularité de l’artiste
dont il découvre au contraire, à chaque stade,
selon l’ordonnancement des profils, comme autant
d’aspects de la personnalité.
A travers les mouvements, le jeu de répétitions et
de cycles, les mises en abîme, l’artiste dessine
ainsi toutes les lignes de la même possible identité,
des lignes tantôt courbes ou saccadées, voire
brisées, parfois denses, plus ténues, si ce n’est
transparentes.
Chaque image carrée fait dès lors caisse de résonnance
pour le spectateur. Selon sa personnalité,
il s’attardera sur le profil du doute, de la force
intérieure, de l’imposture, de la légèreté d’être…
une quête de soi qui fait donc sens pour tout un
chacun.