La Maison des arts Georges Pompidou de Cajarc présente une exposition consacrée à franckDavid.
L’oeuvre de franckDavid se développe
comme une énigme sans narration
apparente avec pour mode opératoire
emblématique, le principe du puzzle.
Pour lui en effet, moins qu’un attachement
au détail ou au fragment, c’est davantage
l’exercice de tâtonnement nécessaire qui prévaut
dans l’appréhension du monde. Ainsi chaque
exposition, et DIFFERENT COLORS MADE
OF TEARS également, est l’occasion d’articuler
des pièces déjà existantes et de nouvelles
productions afin de donner le maximum
d’expansion aux images et aux objets souvent
empruntés au quotidien (grains de beauté,
épines de rose, ailes de papillon…). L’artiste
utilise une sorte de sampling iconique qui
traverse en les mixant des états d’images (vidéo,
photographie, objet, performance…), une sorte
d’équivalence absolue de toutes les natures et
sources d’images qui s’annulent quant au sens,
mais prennent valeur d’interrogation éthique.
franckDavid construit par le biais de l’art
une phénoménologie du quotidien qui ne peut
paraître absurde qu’à la première lecture. Il
cherche à redonner place au lien terrestre des
êtres et des choses.
Qu’il s’agisse d’actions mises en scène qui
souvent excèdent la question de l’invisibilité,
de vidéos ou de formes plus sculpturales, il est
toujours question dans le travail de franckDavid
de disparition et donc d’un mouvement, d’une
dynamique qui modifie la stabilité de toute
forme.
Cette thématique récurrente de l’invisibilité
semble toujours présente ou proche, épousant
des manières très diverses et des formes
inattendues. franckDavid a le goût de déployer
ses questions sur d’autres supports que ceux
de l’exposition. Ainsi, au même titre qu’avec le
cinéma ABC à Cahors pour lequel l’artiste crée
un générique diffusé pendant toute la période
de l’exposition, il investit aussi les colonnes du
quotidien régional, La Dépêche du Midi, de façon
discrète et anonyme.
La dimension performative, propre
à chacune des propositions de l’artiste, est
particulièrement présente dans DIFFERENT
COLORS MADE OF TEARS. Elle trouve
un lien direct à la thématique «Une forme pour
toute action» proposée par Éric Mangion pour Le
Printemps de septembre. Deux performances sont
donc programmées à Cajarc, et bonjour madame la
marchande! (volet d’automne), vidéo de l’artiste, est
associée au parcours toulousain de la vingtième
édition du Printemps de Septembre.