"Une Beyrouth nocturne, sans putes, sans néons rutilants, sans fête, même pas fausse, même pas jouée, habitée par des
hommes et des femmes seuls. Le noir débordant devient plutôt un silence".
Ferdinando Scianna, photographe (Magnum)
Depuis de nombreuses années, il est difficile de raconter Beyrouth sans tomber dans les lieux communs. Giulio Rimondi, un jeune photographe italien qui vit et travaille à Beyrouth, a gagné ce pari. Ses images, accompagnées des vers du vieux poète Christian Ghazi, évoquent des atmosphères intimes, des moments de solitude et le souvenir douloureux de la guerre.
On n’y voit presque pas trace de la Beyrouth célèbre, celle du plaisir, de l’argent et du sexe. Rimondi photographie une ville nocturne et silencieuse où surgissent, un instant éclairées, des personnes et des scènes marginales.
Giulio Rimondi naît en 1984 à Bologne.
Il étudie les lettres classiques et obtient une maîtrise.
Après l’obtention de son diplôme, il entreprend de nombreux voyages et s’exerce à la photographie. Il commence alors un
parcours artistique et photographie les côtes de la Méditerranée pour son projet «Mediterraneum».
Après de nombreux voyages en Afrique et en Amérique du Sud, sa vision de la photographie tend entre documentaire
et une approche plus personnelle. Reporter pour "New York Times", "Le Monde" et "Repubblica" autour de sujets
sociaux il se garde d’esthétiser les "scoops".
Il participe par la suite à de nombreuses expositions (solo et collectives) en Italie, France et Argentine (Galeries, Musées,
Foires d’Art). En 2009 il remporte le Prix Iceberg pour la photographie documentaire et le Prix Spécial pour la Photographie
d’Art. Ses photographies font partie de la collection de la Fondation C.R.M.O. (Italie).
À l’occasion de l’exposition à Photo4, en mars 2011, Giulio Rimondi présentera son travail et son ouvrage BeirutNocturn
publié par Charta., projet sous la direction de Renato Miracco critique renommé, avec une présentation de Ferdinando
Scianna, photographe pour Magnum. Il sera ensuite exposé à New York chez Leica Gallery et en Italie en automne 2011.
Le livre, réalisé entre l’automne 2009 et le printemps 2010, nait de l’amitié et de la collaboration entre le jeune artiste-reporter
et le poète libanais Christian Ghazi; l’intention est celle de construire une liaison unique entre image et texte, pour
créer une nouvelle forme de "didascalie poétique" dans laquelle les vers se mélangeraient avec le grain dense des photos
(rigoureusement en noir et blanc), tout en rythmant les thèmes et les sections du livre.