Le Musée des Beaux-Arts organise une exposition rétrospective de
l’oeuvre de Gustave Van de Woestyne (1881-1947), l’une des figures les plus originales de l’histoire
de l’art belge. Le projet s’inscrit dans la politique de collection et d’exposition du musée, qui se
consacre entre autres sur l’art belge du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle. Au cours de
cette période, le symbolisme et l’expressionisme reçoivent une attention particulière.
Gustave Van de Woestyne n’a fait l’objet, qu’une seule fois, d’une exposition commémorative dans sa
ville natale de Gand. Celle-ci s’est déroulée au Musée des Beaux-Arts en 1949, deux ans après la
mort de l’artiste. Plus récemment, le musée a accordé une place importante au travail de Van de
Woestyne dans des expositions telles que Veertig kunstenaars rond Karel Van de Woestijne
(Quarante Artistes autour de Karel Van de Woestijne - 1979), Vlaams expressionisme in Europese
context (L’Expressionnisme flamand dans le contexte européen - 1990), De collectie De Graaff-
Bachiene (La Collection De Graaff-Bachiene - 1992), Een zeldzame weelde (Une rare plénitude -
2001) et Kunst in ballingschap (L’Art en exil - 2002). D’autre part, la collection du musée gantois
renferme un ensemble important et varié de ses oeuvres.
En 1900, Gustave Van de Woestyne s’installe avec son frère aîné – le poète, prosateur et critique
d’art Karel Van de Woestijne – à Laethem-Saint-Martin, un village rural en bord de Lys situé aux
alentours de Gand. Ils y rejoignent les artistes Valerius De Saedeleer, Albijn Van den Abeele et
George Minne. Ensemble, ils forment le « premier groupe de Laethem ». C’est en cette compagnie
que Van de Woestyne se développe intellectuellement et artistiquement. Van de Woestyne partage
avec ses amis artistes un intérêt pour la vie rurale en rupture de la société industrielle, un goût pour la
contemplation et la dévotion, et une admiration pour les primitifs flamands et italiens. Au cours de
cette période à Laethem, il réalise des représentations naïves de la vie paysanne, des scènes
bibliques et des portraits sensibles de personnages du village, de membres de sa famille et de ses
amis. En 1909, Van de Woestyne quitte Laethem-Saint-Martin. Il s’installe ensuite à Louvain,
Etterbeek et Tiegem. Cela ne signifie cependant pas que l’artiste abandonne complètement Laethem.
Le souvenir du village en bord de Lys continue à exercer son influence sur le style et les thèmes
abordés par Van de Woestyne. C’est également pendant cette période qu’il devient un portraitiste très
demandé.
Pendant la Première Guerre mondiale, Van de Woestyne séjourne avec sa famille en différents lieux
de Grande-Bretagne. Il y peint quelques allégories sur la situation de guerre et est particulièrement
actif comme portraitiste. De retour en Belgique, à partir de 1919, l’artiste tente de se joindre au
courant moderniste. Il transforme l’expressionnisme et le cubisme en un compromis personnel dans
lequel reste présent l’intérêt pour le langage figuratif des primitifs. Son travail conserve un caractère
méditatif, empli de symbolique et, par moments, de distanciation. Les oeuvres de Van de Woestyne se
définissent par un goût prononcé pour la synthèse ; les formes se simplifient énormément et la
déformation n’est pas évitée. De ce fait, son oeuvre dans cette période d’après-guerre s’apparente au
néoréalisme et la Neue Sachlichkeit allemande.
Avec cette exposition, le musée ambitionne de mettre Gustave Van de Woestyne en lumière de la
manière la plus large et scientifique possible. L’artiste sera représenté par une sélection
exceptionnelle d’oeuvres représentatives : peintures, dessins et gravures. Son développement
artistique est présenté de manière chronologique, en se concentrant su quelques thèmes : portraits,
scènes religieuses et natures mortes.