Le Château d’Eau présente le travail de Laura Henno sur la relation entre adolescents isolés dans leurs rêveries et environnement.
Cette relation s’articule autour d’une tension sur laquelle repose la construction de ses photographies.
Le paysage, dans sa relation à l'individu, est au coeur de la recherche de Laura
Henno. Elle cherche à établir un équilibre fragile qui peut faire basculer l'image vers
quelque chose d'ambigu, d'intrigant, à la fois poétique et énigmatique. Pour chaque
mise en scène, elle tente de créer une atmosphère singulière et captivante. Les
jeunes qu'elle photographie ne sont pas des comédiens. Laura Henno ne leur demande aucun
jeu de rôle, aucune interprétation. Ils apparaissent juste comme des personnages
sortis d’une narration dont leur histoire, leurs pensées et parfois même leurs visages
restent inconnus.
Ces photographies ne sont pas des portraits, Laura Henno ne se préoccupe pas de
psychologie. Elle cherche uniquement à établir un contexte qui amènera ces
adolescents à bâtir dans l'image même leur relation à l'environnement. Lors de la
prise de vue, Laura Henno joue sur leur hypersensibilité, sur cette prise de contact
a vec un lieu qui leur est inconnu. Elle s’appuie à la fois sur une forme de prox imité
et une mise à distance qui prolonge leur doute et les projette dans cet entre-deux sur
lequel repose l’image. C’est cet instant fugace qu’elle cherche à capter chez les personnes
qu’elle photographie et qui rend possible ce basculement vers la fiction.
La lumière naturelle enveloppe les modèles joue du clair obscur et du contre
jour, effleure le vêtement, puisant parfois dans le champ pictural. Dans des espaces
naturels, à l'aube ou au crépuscule, les lieux qu’elle choisis, les décors qu’elle
constitue sont sobres, intemporels et minimalistes et permettent de focaliser l’attention
sur le sujet.
Les photographies de Laura Henno rappellent la peinture ou le cinéma tant les jeux de cadrage
ou de clairs-obscurs sont pensés avec minutie.