L'exposition retracera l'évolution su symbolisme, dont les origines remontent à la
peinture romantique de la fin du XIXe siècle. Par thème, elle suivra ses développements
dans des registres les plus divers - le portrait, le paysage, l'histoire aux confins de la
réalité et du rêve, du doute, de l'instant fugace, de la religion, etc.
Le lien étroit entre la
poésie et les arts visuels ainsi que la prédilection pour l'oeuvre d'art total -
Gesamtkunstwerk - prédominera dans le concept de l'exposition, qui ne sera pas
uniquement axée sur des artistes réputés comme Fernand Khnopff, Félicien Rops ou
Jean Delville, mais aussi sur d'autres moins connus qui ont largement contribué à cet
esprit "fin de siècle" dont Bruxelles fut une des capitales.
Avec plus de 200 oeuvres, cette exposition s’appuie sur les recherches originales, que son commissaire, Michel Draguet, a publiées en 2005 dans son essai intitulé" Le Symbolisme en Belgique". Elle développe les différentes tendances du dernier grand courant artistique du XIXe siècle qui, en Belgique, a largement anticipé l’émergence du mouvement surréaliste.
De Rops à Spilliaert, en passant par Khnopff, Delville ou Minne, l’exposition dresse un riche panorama de la création de la fin de siècle en même temps qu’elle trace le portrait d’une société en crise. Elle examine aussi la portée d’influences étrangères comme le wagnérisme à l’opéra ou l’art des préraphaélites et intègre également le développement non négligeable des arts décoratifs et de l’Art nouveau dont Bruxelles deviendra la capitale. Un accent particulier est mis sur les relations primordiales qui lient symbolisme et littérature.
Le mouvement symboliste constitue-t-il la dernière manifestation de "l'humanisme" à la veille de la catastrophe que représentera le Première Guerre mondiale ou pose-t-il par son ensemble d’expressions artistiques typiques de la fin de siècle, les bases de l’art du XXe siècle ? Est-il l’ultime floraison d’une tradition à l’agonie ou le premier ferment d’une modernité à venir ?