Livre d'or |
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Boris Achour |
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Sa première exposition solo se déroule en 1997 à la galerie Chez Valentin à Paris, mais Boris Achour commence à présenter son travail dès 1989 au Musée Roy Adzak à Paris.
Boris Achour participe aux Rencontres internationales de la photographie d’Arles en 1995. En 1996, il est boursier de l’Ofaj pour une résidence de 3 mois à Berlin, séjourne également à Montréal et réside 3 mois à Los Angeles dans le cadre de la Villa Médicis Hors les murs, en 1999.
Boris Achour développe une réflexion sur le rôle de l’art dans la société en produisant des expositions en forme d’outils de production et des oeuvres qui sont autant de scénarios à utiliser par le regardeur.
L'oeuvre de Boris Achour, de ses performances à ses plus récentes sculptures, vidéos et installations,
s’emploie à dénoncer les habitudes sociales et convenues du spectateur. En jouant sur ses attentes et sur sa
déception, il met en exergue les structures figées d’un imaginaire qu’il pense "formaté". Procédant par inversion d’énoncés, sa démarche se veut être une "guérilla douce" qui, en bouleversant notre perception ordinaire des choses, ouvre
avec humour le monde au champ infini du possible.
Sur une étagère longue de 40 mètres sont présentés côte à côte 200 boîtiers vides de cassettes vidéo. Dans ces boîtiers sont glissées autant de jaquettes de films, tous intitulés Cosmos, tous adaptés du roman éponyme de Witold Gombrowicz et tous réalisés par Boris Achour. L’ensemble de la collection s’appelle également Cosmos. Aucun de ces films n’existe bien évidemment. Ces jaquettes proposent des fictions inexistantes.
Dans les jaquettes Cosmos, comme dans le roman, les histoires sont construites sur des anomalies. Des associations étranges apparaissent entre des objets issus d’univers différents ou inconnus. Acteurs, scénarios, images, couleurs, logos sont réunis sur une même surface de façon apparemment arbitraire. Car enfin, que font Marcel Duchamp et Patrick Dewaere dans un même film qui s’appelle présenté par GRRR Production et Paradoxe Entertainment ? Et pourquoi Alain Poiré, producteur de Carambolages, un film réalisé en 1953 par Marcel Bluwal d’après le roman de Fred Cassak avec Jean-Claude Brialy et Louis de Funès, produit-il aussi, en 2001, Cosmos, un film de Boris Achour, d’après le roman de Gombrowicz, avec à nouveau les deux mêmes têtes d’affiche ?
Comme si, inspiré par les univers paranoïaques de Philip K. Dick, Boris Achour avait rêvé un monde où tous les films s’appelleraient Cosmos.
Extrait de La Revue, Noël Godin.
