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MONUMENTA 2010
Christian Boltanski - "Personnes"

Grand Palais, Paris

Exposition du 13/01 au 21/02/2010




"Ce qui m’intéresse principalement aujourd’hui c’est que le spectateur ne soit plus placé devant une oeuvre, mais qu’il pénètre à l’intérieur de l’oeuvre. Contrairement à une exposition classique dans un musée, où l’art défile sous notre regard, le Grand Palais est un lieu propice à une expérience qui immerge le spectateur, puisque tout l’espace fait partie de l’oeuvre. Le son, le climat, la manière de déambuler, y compris la gêne suscitée à certains endroits de passage, les matériaux utilisés, tous ces éléments sont constitutifs d’un projet artistique qui est une oeuvre globale." Christian Boltanski

Peintre et architecte de l’espace et du temps, Christian Boltanski est un artiste minimaliste dont les installations et les oeuvres explorent le souvenir : portraits de l’enfance ou des êtres disparus, oscillant de la mythologie individuelle à la grande histoire. Au travers d’un art pourvu d’un fort pouvoir émotionnel, Boltanski est narrateur et chroniqueur de la mémoire personnelle des hommes.

A travers leurs petites traces, les installations de Christian Boltanski racontent des scènes qui s’enfuient, les battements de coeur de multiples vies enregistrées dans une éternité provisoire, les existences qui se font et se défont, le destin qui les tient. Telles des fresques animées, elles sont conduites par cette idée - dont Boltanski a été le précurseur - que l’exposition même est une oeuvre, une expérience totale mobilisant le climat, le volume, le déplacement du public. Chacune de ses créations est un épisode d’art vivant, auquel lui-même ne reconnaît que deux raisons : "donner des émotions et poser des questions".

L’espace monumental du Grand Palais est l’occasion d’une installation spectaculaire évoquant l’effondrement et la disqualification de l’existence individuelle dans le monde moderne. "Personnes" est le théâtre des vies individuelles plongées dans l’anonymat, la mise en scène des valeurs humaines et de l’existence unique et singulière de chaque personne confinée dans la foule. Du gigantesque volume de la nef, Boltanski fait un lieu de commémoration visuel et sonore, dans lequel l’art est le dernier recours de l’émotion, le seul espace sacré dédié à l’humanité de chaque homme, à sa mémoire personnelle. Expérience sensible d’une densité exceptionnelle, l’oeuvre que Christian Boltanski présente pour MONUMENTA 2010 est aussi une métaphore critique du jugement dernier, qui refuserait de laisser le dernier mot au destin et à la mort. Un appel à la vie suspendu à une réflexion sociale, religieuse et humaine.

Par vocation, l’oeuvre de Boltanski déborde largement la sphère de l’art. Pour l’exposition MONUMENTA 2010, son travail s’exerce sur l’état du monde d’aujourd’hui. Il montre la disparition de l’individu dans la société contemporaine afin de ressusciter la personne humaine au milieu de la foule et défaire l’étau anonyme du collectif. En offrant au grand public la possibilité d’ouvrir un questionnement sur le sens de la vie, sur le souvenir et la remémoration, Christian Boltanski veut préserver la mémoire de chaque individu de l’engourdissement dans l’histoire globale et la mémoire des masses. Rappeler à chaque homme son histoire personnelle, c’est dire à tous combien chacun est unique, combien chaque vie compte.

Tant par le choix de l’artiste que par sa politique de médiation MONUMENTA 2010 place la création artistique au coeur des engagements de la société moderne. Parce que le travail de ce grand créateur est un "passage du plus personnel au plus collectif", parce que l’art y assume une responsabilité sociale, l’exposition de MONUMENTA 2010 donne à son message humaniste une audience sans précédent.

Pour sa prochaine édition, Monumenta 2011 invitera Anish Kapoor.



L'exposition Monumenta 2010 vue par Christian Boltanski

"Pour un artiste, le plus important est de savoir en quel lieu il se trouve, tout espace étant particulier et posant des problèmes bien spécifiques. L’architecture et l’espace du Grand Palais imposent leurs formes et leurs présences à l’artiste qui réalise une sorte de collage. C’est le contraire du white cube, qui se plie à la volonté de l’artiste, et c’est précisément ce genre de lieu qui m’intéresse." Christian Boltanski

"Le fait de se situer au milieu de Paris, dans un espace très baroque imprégné d’une forte présence, de s’adresser à un public extrêmement large, oriente naturellement les choix et les décisions artistiques. Le Grand Palais est pour moi un lieu de spectacle. En tant que tel, il inspire et appelle la fabrication d’une grande mise en scène qui dépasse totalement l’idée d’oeuvre muséale et, plus encore, le fait de créer une oeuvre dans une galerie. Quand je travaille au Grand Palais, j’ai la sensation de réaliser un opéra, avec cette différence que l’architecture remplace la musique. L’oeuvre est une scénographie." Christian Boltanski

"Depuis longtemps déjà, je cherche à réaliser des installations à la frontière entre les arts plastiques, au sens traditionnel du terme, et des oeuvres théâtrales ou musicales. Ce qui manque habituellement aux arts plastiques c’est l’idée de déroulement, de progression depuis un point de départ, une entrée, vers une certaine finalité. J’ai voulu un déroulement du temps différent de celui de l’espace muséal où l’on passe simplement d’un tableau à l’autre, puis d’une salle à une autre. Avec l’oeuvre que j’ai réalisée au Grand Palais, on est à l’intérieur d’un monde. Plutôt qu’objet de contemplation, cette installation forme un espace d’immersion. Cette oeuvre est à l’image des cercles de l’enfer de Dante, elle environne totalement la progression du spectateur et le marque d’un sentiment profond. Même les réactions des spectateurs, ses peurs ou ses colères, sont partie intégrante du déroulement de l’oeuvre." Christian Boltanski

"Je pense que chacun peut ressentir ce genre d’émotions sans qu’il soit nécessaire de connaître quoi que ce soit à l’art contemporain. Je dis toujours pour m’amuser que si, ayant visité l’une de mes expositions, le visiteur déclare «voilà un très bon artiste post-conceptuel», c’est qu’il s’agit forcément d’une exposition ratée. Il faut, au contraire, que le visiteur arrive, qu’il avoue ne rien comprendre à ce qu’il voit et à ce qu’il ressent, et se mette à pleurer ou à rire sous le coup de l’émotion. Le sentiment artistique dépasse la lecture du cartel." Christian Boltanski

"Le fait d’avoir froid, d’être angoissé et bouleversé, de chercher la sortie, de vouloir retrouver la vie à tout prix est une expérience originale, procurée par le coeur vivant de l’oeuvre. Mes installations sont souvent propices à de pareils retournements. Après avoir progressé au travers de lieux de plus en plus sombres, de plus en plus tristes, on retrouve soudain un espace de vie et de mouvements joyeux. C’est un retournement de la tragédie vers la vie. C’est aussi le cas dans mon projet au Grand Palais. Cette installation est conçue pour produire un puissant sentiment d’oppression. Il s’agit d’une expérience dure et je suis convaincu que les gens éprouveront un soulagement en sortant. C’est la beauté de l’architecture et l’immensité de l’espace du Grand Palais, cette étendue vague et abandonnée, qui m’ont permis de proposer cette expérience directe. Dans ce cadre, le jugement sur l’oeuvre, le fait qu’on l’aime ou pas, n’est plus pertinent ; il ne s’agit que d’éprouver et d’être imprégné." Christian Boltanski

"Qu’est-ce que j’aimerais dire à un visiteur peu familier d’art contemporain et qui entre dans le Grand Palais pour découvrir Personnes ? C’est facile, je ne m’adresse pas aux spécialistes de l’art contemporain. Mon art est extrêmement traditionnel et très classique. Les questionnements en art restent toujours profondément les mêmes. Ceux que j’aborde ici sont le hasard, la loi de Dieu, la mort. Le fait aussi qu’à partir d’un certain âge on a le sentiment de traverser en permanence un champ de mines, on voit les autres mourir autour de soi, alors que, sans raison, on reste, jusqu’au moment où on sautera à son tour. Tel est le sujet de Personnes." Christian Boltanski

"Je me rappelle l’histoire de l’exposition que j’avais faite à Saint-Jacques de Compostelle. Le musée ne m’avait pas plu et l’on m’avait alors confié une église, dans laquelle j’avais réalisé une grande rétrospective. La veille de l’ouverture, une vieille dame arrive et me demande ce qui se passe dans cette église. Je lui dis que nous préparons une festivité en l’honneur des morts. Elle a trouvé l’exposition magnifique ! Si je lui avais dit qu’il s’agissait d’une exposition d’art contemporain, elle aurait trouvé cela honteux de réaliser cette exposition dans une église. Tandis qu’ainsi, elle a vraiment compris qu’il s’agissait d’une célébration des morts. Il faut voir la chose telle qu’elle est. Personnellement, je pense qu’il n’y a pas de progrès en art. J’ignore ce que recouvre le vocable d’art moderne. L’art consiste uniquement à poser des questions, à donner des émotions, sans avoir de réponse." Christian Boltanski

Propos recueillis par Catherine Grenier, commissaire de l’exposition (juillet 2009)



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