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Erró[ Vos commentaires ] |
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L’univers plastique d’Erró mêle des personnages de bandes dessinées à des figures de despote. Donald le canard et sa Daisy, Tic et Tac et autres personnages de Walt Disney, font une fréquente apparition dans son œuvre, côte à côte avec des dieux grecs et des madones. Contrastant avec ces derniers, nous voyons surgir le dictateur allemand Adolf Hitler en compagnie de son homologue irakien Saddam Hussein et du leader chinois Mao Tsé-Toung, représentés dans des proportions monumentales.
Fasciné par le monde des images issues des cultures les plus diverses, Erró collectionne tout ce qu’il peut glaner ici et là au travers de la bande dessinée, des comics, de la presse alternative, de la publicité, des dessins d’illustration et autres publications marginales. Il exploite ce réservoir d’images pour réaliser tout un monde de petites saynètes tour à tour drolatiques, ironiques ou militantes qu’il transpose sur la toile et où tout se télescope dans une détonante jubilation formelle et chromatique.
En été 2001, un musée consacré à l’oeuvre d’Erró est inauguré à Reykjavik.
"J'avais douze ans, quand j'ai commencé à peindre et j'étais tout seul à la campagne."
"Le collage, c'est la partie la plus excitante de mon travail, la plus libre; c'est presque une écriture automatique. C'est là que je trouve des solutions formelles pour saturer l'espace, mon côté "all-over", comme on dit pour les artistes abstraits américains. Le collage c'est à la fois l'original et le modèle."
"J'utilise la technique rapide de la fresque que j'ai apprise en Italie. Il faut terminer l'image avant que la peinture ne sèche."
"Il n'est pas question de copier tout simplement le collage préparatoire, le projet se transforme au fur et à mesure que je le transpose sur la toile. C'est la main qui contrôle tout."
"Mon premier nom d'artiste était Ferro. Je l'avais trouvé à la suite d'un voyage en Espagne, en 1952. J'avais alors vécu une semaine dans un village, Castel del Ferro. J'avais trouvé ce nom très beau, d'autant plus qu'en islandais, "fer ro" signifie "la tranquillité qui part". Je ne savais cependant pas qu'à Montmartre il y avait un artiste brésilien, Gabriel Ferro. Or il y a une loi en France, de la période de Vichy, qui stipule que les étrangers ne peuvent pas prendre le nom d'un artiste déjà existant. J'ai donc eu un procès, que j'ai perdu deux fois. Avec Jean-Jacques Lebel, on a alors pensé écrire ce nom avec trois "r", mais cela n'a pas été accepté. Finalement, au tribunal, on a décidé d'enlever le "F". Cela m'a plu. Et en islandais "er ro" veut dire "maintenant c'est calme".
"Je suis toujours à l'affût d'images, de documentation, de revues, de catalogues et dictionnaires illustrés. J'ai besoin de matériel efficace et, au cours de mes voyages, je fouille partout chez les soldeurs de livres, dans les kiosques. J'accumule une quantité énorme de matériel, et lorsque j'ai réuni beaucoup d'images se rapportant à un thème, c'est signe de commencer une série. Le processus consiste ensuite à sélectionner les images, à les "marier" ensemble pour en faire des collages, puis des tableaux. Avec un bon stock d'images, je peux avoir de quoi travailler pendant un ou deux ans."
"J'ai commencé à peindre à partir de collages préalables vers 1959, avec la série des Meca-make-up. Il s'agissait d'images chocs comme des insultes... A cette époque tout était violent. C'était la guerre d'Algérie, puis la guerre du Viêt-Nam. Même la musique rock était violente. Et les happenings que nous avions faits à Paris et à Londres étaient violents. Notre réaction à la violence de la société était violente, sauvage même."
"En Islande, quand j'étais gosse, des bateaux faisaient naufrage à chaque tempête. On sauvait les marins et ensuite on s'occupait de la cargaison à récupérer. Il y avait des tonnes de marchandises éparpillées sur des kilomètres de plage de sable noir volcanique. J'avais douze ans. Avant l'arrivée des autorités, on enterrait les marchandises dans le sable. Plus tard, on ressortait tout, on tirait au sort pour se partager les "trésors" - de la nourriture et de l'alcool surtout - et on faisait du troc."
