Les oeuvres réunies dans l’exposition mettent en scène des microrécits articulés autour d’expériences, d’anecdotes ou de témoignages individuels et qui, situés à la périphérie de l’histoire et de l’actualité
médiatique, apportent un autre éclairage sur la réalité historique, en offrent une autre
lecture – complémentaire, singulière, marginale, inventive. Un tel projet fait écho à
l’apparition, au cours des dernières décennies, de voies d’accès à l’information
alternatives – les plateformes numériques, les blogs, les nouveaux réseaux de
communication.
Documentaires ou fictions, chroniques, contes ou demi-vérités, les 24 vidéos réalisées par les
artistes internationaux formant cette sélection de "Faux Amis" ne cherchent ni à livrer une
description classique ou conventionnelle de la réalité, ni à la médiatiser ou à la simplifier pour la
rendre plus appréhensible, mais tendent plutôt à en présenter une vision fragmentée et nuancée à
travers les histoires de personnages secondaires. Tour à tour empreintes d’humour, de nostalgie et de
tension, ces oeuvres mettent en exergue des dissonances et des défauts de synchronisation en
regard du grand récit de l’Histoire, contribuant à ébranler convictions et idées préconçues. Traductions
défaillantes des événements, où subsistent encore des échos de réalité, ces "faux amis" conservent
cependant une réelle authenticité.
Mixte, ouvert et dynamique, le présent projet propose, d’une part, le visionnage libre des vidéos sur
écrans individuels (première salle), et, d’autre part, la découverte de ces travaux au fil de quatre
cycles de projections thématiques (seconde salle). Une série de rencontres, autour des oeuvres
présentées, est également programmée parallèlement à l’exposition.
L’exposition propose quatre parcours :
le premier, "Relecture de l’Histoire", réunit des films qui proposent une relecture claire de l’histoire
officielle, de ce qu’elle a été et de ce qu’elle aurait pu être ;
le deuxième parcours, "Méandres de la mémoire" s’intéresse au kaléidoscope de la mémoire ;
le troisième, "Tensions et identités" cherche à mettre en lumière les tensions sociales et la
complexité des identités ;
enfin, dans le quatrième, "Méditation sur l’absence et la perte", les oeuvres sont porteuses d’une
réflexion personnelle sur le thème de l’absence et de la contingence.