Musée d’Aquitaine, BordeauxExposition du 2 juin 2010 au 2 janvier 2011

Fouilles préventives sur la Doline de
Cantalouette (Creysse, Dordogne), photo Jean-
François Deschamps / Inrap
Du Paléolithique à la fin de l’âge du Bronze, cette exposition donne un aperçu de l’avancée des connaissances
archéologiques en Aquitaine durant les 20 dernières années. Elle présente les résultats les plus récents
concernant l’évolution des cultures humaines et de leurs territoires.
Lascaux, Isturitz, Arancou, Brassempouy et d’autres sites entraînent le visiteur dans un parcours passionnant
ponctué de vidéos, de bornes interactives, de reconstitutions et de maquettes.
A travers plus de 2000 objets - pierres taillées, os travaillés, céramiques décorées, objets en métal, oeuvres
gravées ou sculptées – le public se familiarise avec les méthodes de l’archéologie et effectue un véritable
voyage dans le temps, parcourant 300 000 ans d’histoire humaine en Aquitaine.
Une exposition à visiter en famille avec un parcours ludique spécialement conçu pour les enfants. Observant des
pollens au microscope, reproduisant des dessins à la manière de l’homme préhistorique ou bien manipulant des
moulages de crânes… les plus jeunes se glissent dans la peau d’un archéologue.
En introduction, l'exposition ouvre sur une présentation de la genèse de la préhistoire comme discipline scientifique.
Une chronologie retraçant les grandes dates de l’histoire de la préhistoire et un squelette d’ours des cavernes
accueillent le public. Puis, à travers plus de 2000 objets, des cartographies, des vidéos, des reconstitutions et des maquettes, le visiteur
découvre les enjeux de la recherche préhistorique : les méthodes de recherche, les territoires, les transitions et l’organisation sociale des sociétés préhistoriques.
Un parcours jeune public est aménagé tout le long de l’exposition. Les modules pédagogiques qui le constituent
proposent des clefs d’interprétations supplémentaires aux enfants et aux plus grands.
Méthodologies
Dans cette salle, sont présentées la législation encadrant les fouilles archéologiques et les méthodes utilisées
sur le terrain par les archéologues.
Une carte archéologique illustre les méthodes et les résultats d’un programme de prospections mené dans la
Grande-Lande.
Grâce à la reconstitution d’un chantier de fouille programmée et à la présentation du site de l’Abri Pataud le
public peut se familiariser avec les méthodes des archéologues.
A la différence de la prospection et de l’archéologie programmée, l’archéologie préventive permet de mettre
au jour des sites à l’occasion de travaux d’aménagement du territoire. Au moyen d’une borne interactive, le public
pourra visionner l’ensemble des fouilles effectuées par l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques
préventives) sur l’A65. Un espace reconstituant un laboratoire et son matériel illustre le travail de conservation
préventive et de restauration des objets ainsi que celui de l’archéologue.
Les territoires
Le visiteur découvre l’environnement des sociétés préhistoriques, constitué par les paysages, la faune et
la flore. A travers une maquette de tourbière et un documentaire sur les carottages, le public comprend les
variations de la végétation et des paysages au cours du temps.
Deux sites, L’Abri du Pech-de-l’Azé (Carsac-Aillac / Dordogne) et Les Pradelles (Marillac-Le-Franc / Charente) permettent
de comprendre les stratégies d’occupations des sites moustériens. Plus loin, un autre cas d’étude rassemble les
découvertes sur les magdaléniens dans les Pyrénées. L’étude des motifs artistiques, des matières premières, de l’art
pariétal mettent en évidence les relations entre les groupes et leur évolution au cours du temps.
L’apparition de la sédentarité et de l’agriculture modifie le rapport de l’homme à son environnement. Grâce à
l’étude de plusieurs sites, présentés dans l’exposition, le visiteur peut découvrir les sociétés de productions,
qui se développent à partir du Néolithique. Les aires de production de céramiques et d’industries lithiques
contribuent à l’identification les différents groupes culturels. Exemple unique en Aquitaine : le village des Vaures
(Bergerac, Dordogne) est mis exergue avec la présentation d’une maquette de maison et des ustensiles de la
vie quotidienne retrouvés lors des fouilles. Plus loin, des maquettes et des plans illustrent l’organisation d’un
habitat du Néolithique final (Douchapt – Dordogne) et d’une maison de l’âge du Bronze final (Neuvic-sur-l’Isle –
Dordogne).
Qu’il s’agisse de nécropoles tumulaires ou de grottes sépulcrales, les structures funéraires constituent
également des marqueurs de territoires. Les sépultures mégalithiques sont présentées au public par le biais
de maquettes. L’exposition aborde aussi le thème de la colonisation des nouveaux territoires et des plus
anciennes traces du pastoralisme dans les Pyrénées.
Les transitions
C’est à partir des industries lithiques que la connaissance des sociétés préhistoriques s’est construite.
Les cultures du Paléolithique moyen sont présentées par le biais de la technologie lithique. Un audiovisuel
permet de découvrir les gestes du tailleur de silex.
La transition entre le Paléolithique moyen et le Paléolithique supérieur, période charnière, où l’on voit l’homme
de Neandertal remplacé en Europe occidentale par l’homme moderne est analysée grâce vestiges matériels
découverts.
Y a-t-il eu rupture ou continuité dans les peuplements humains ?
Pour définir une culture et comprendre son évolution les chercheurs utilisent les critères tels que la culture
matérielle (industries lithiques ou osseuses), la pensée symbolique et les modes de vie. Mais qu’il s’agisse de
la transition « Moustérien - Châtelperronien - Aurignacien » ou « Badegoulien- Magdalénien », chaque indicateur
est plus ou moins présent, la succession des cultures apparaît plus complexe.
Pensées symboliques et organisation sociale
Les chercheurs peuvent cerner de plus en plus précisément l’organisation sociale des sociétés préhistoriques, à
travers leurs modes de vie, leur univers symbolique, leurs productions matérielles.
Les dernières études sur les fossiles humains ont permit de mieux comprendre le rapport à la mort des hommes
du Paléolithique. Les sites d’Isturitz, de Brassempouy et de l’Abri Pataud apportent de précieuses informations
sur le traitement post-mortem des défunts.
A partir d’exemples archéologiques, l’exposition montre que la parure est un « marqueur » d’appartenance à un
groupe, que celle-ci renseigne sur le statut de l’individu. L’étude de l’art mobilier et de l’exploitation du métal
renseigne sur les transmissions des savoirs et sur leurs rôles de marqueurs au sein d’un groupe social.
Enfin les recherches en cours ont enrichi les savoirs sur l’art pariétal et ses fonctions, posant la question du
statut de l’artiste au sein des sociétés paléolithiques. La découverte de la grotte de Cussac est évoquée à travers
la présentation des prochaines recherches pluridisciplinaires qui se mettent en place après plusieurs années
nécessaires à la protection de ce patrimoine exceptionnel et inestimable.
Le parcours de l’exposition se termine par une évocation du début de l’Age du Fer.
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