Cette exposition consacrée au sculpteur anglais Henry Moore (1898–1986) sera la première grande rétrospective organisée à Paris depuis plus de 30 ans.
Pour évoquer l’atmosphère extraordinaire de l’atelier de Moore
à Perry Green, en Angleterre, devenu aujourd’hui la Fondation
Henry Moore, le musée Rodin présentera à l’automne 2010 plus
de 150 sculptures, deux pièces monumentales,
une cinquantaine de dessins et trois albums de croquis, ainsi
que des ossements, coquillages, morceaux de bois et débris
de toutes natures que l’artiste ramassait au cours de ses promenades
et parmi lesquels il travaillait.
Cet ensemble retrace la carrière de l’artiste de 1930 au début des années 1980. Dialogues
entre le sculpteur et l’objet trouvé, les premières oeuvres aux formes abstraites cohabitent
à partir de 1939 avec des figures couchées, références explicites au corps humain que l’on peut
percevoir comme autant de paysages. Les découpes asymétriques de la figure humaine,
les espaces vides creusés dans la masse caractérisent alors ses rondes-bosses. Comme l’écrit
l’historien de l’art Dominique Bozo, "Transformations, détournements, interprétations
anthropomorphiques, confrontations de formes naturelles seront les fondements ultérieurs
de son travail".
Si on retrouve la genèse des premières sculptures d’Henry Moore dans ses dessins et pages
de carnets, les oeuvres d’après-guerre sont d’abord faites en terre cuite ou en plâtre dans
des formats qui tiennent facilement dans la paume de la main. Ces sculptures de petite taille,
présentées dans l’exposition, révèlent déjà l’essence des oeuvres avant qu’elles ne soient
agrandies pour être fondues en bronze. Ce n’est qu’à la fin de sa vie que Moore entreprend
une série de pièces colossales, parmi lesquelles Locking Piece et The Arch, qui seront exposées
dans la cour de l’hôtel Biron. Le sculpteur a également beaucoup dessiné. L’exposition
présentera de nombreuses études préparatoires pour des sculptures, des croquis d’os, de
coquillages, de figures. Les célèbres dessins illustrant la vie des gens dans les abris pendant
la Seconde Guerre mondiale viendront compléter cette sélection.
En présentant toutes ces ébauches et maquettes telles qu’Henry Moore les utilisait dans
son atelier, l’exposition dévoile sous un nouveau jour l’oeuvre en devenir et permet
de s’introduire dans l’imaginaire de l’artiste. Cette rétrospective est l’occasion de renouer
les liens établis dès 1956 entre le sculpteur anglais et le musée Rodin, notamment lors
des expositions internationales organisées dans les jardins de l’hôtel Biron, puis à l’occasion
des deux expositions qui lui ont été consacrées en 1961 et 1971.